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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 17:37

Après Le Cinquième évangile, Le Sphinx rouge et Les Paraboles cyniques, Théolib réédite l'opus magnum éthique de Han Ryner : le double volume de La Sagesse qui rit et Le Rire du sage.

Voici les couverture et présentation de l'éditeur Pierre-Yves Ruff pour chacun des deux ouvrages :


http://www.theolib.com/images/lulu/sagesse.jpgVers une éthique philosophique

Ce livre, étroitement lié à celui que nous publions simultanément, Le Rire du Sage, présente en quelque sorte le regard panoramique de Han Ryner sur ses études des sages de la Grèce ancienne.

Parfois, l'auteur se montre déconcertant, y exposant comme aboutissement de recherches historiques et certitude ce qui, ailleurs, est présenté comme fiction. Mais comment mesurer ce qu'il en est, entre le probable, le pensable, le possible, dans la réalité parfois mouvante de la pensée ?

Là n'est toutefois pas l'essentiel. Fussent les ouvrages de Ryner emplis de pures créations, fussent les personnages de Socrate, de Jésus et tant d'autres entièrement réinventés, la fiction n'en serait pas moins parlante, la représentation - pour reprendre ici un terme de théâtre - n'en donnerait pas moins à penser.

A titre personnel, j'incline à préférer le poète qui écrit ailleurs : "Et, puisque le souvenir de Jésus, fluide et flottant comme un fantôme, a pris les formes successives de poètes qui se croyaient des historiens, Il prendra bien encore la forme d'un rêveur qui n'ignore point son rêve est un rêve." - à l'historien qui affirme ici : "J'ai tenté dans Les Véritables Entretiens de Socrate de retrouver la vraie pensée de Socrate, comme j'ai tenté dans le Cinquième évangile de retrouver la vraie doctrine et la véritable évolution de Jésus.

Mais le "vrai" ne réside peut-être pas tant dans le fait avéré, que dans le regard qui le reconstitue. Ryner, en ce domaine, excelle.

Et cet essai restera un ouvrage majeur dans la quête d'une sagesse pratique, d'une éthique à la fois dégagée de la métaphysique tout en restant profondément humaine.

Han Ryner, La Sagesse qui rit, Théolib, collection Liber***, 2014, 142 p., 18 euros, ISBN 978-2-36500-076-5.


http://www.theolib.com/images/lulu/sage.jpgLe Rire du Sage

« En attendant la paix définitive, qui viendra ou ne viendra pas, en attendant la justice qui viendra ou ne viendra pas, en attendant que l'amour triomphe ou ne triomphe pas, je serai le Témoin des plus nobles désirs humains. Même si l'homme ne doit jamais avancer sur la route de Beauté et de Bonheur, il en faut comme Socrate, Epicure, Jésus et Epictète pour qu'il ne recule pas. Grâce à ces héros, je ne désespère point. Peut-être mon courage protégera contre le désespoir un homme lointain. Grâce à moi, il verra que le bonheur est possible à l'individu isolé ; et, si les individus affranchis devenaient assez nombreux, le bonheur, la paix, l'amour seraient les sublimes créations et les biens profonds de l'homme. Dans le désert d'où l'on sortira ou d'où l'on ne sortira pas, parmi tes ricanements et tes haussements d'épaules, laisse, Panther, que je sois l'Homme selon son rêve d'harmonie, de miséricorde et de douceur ; l'Homme qui, à cause de toi, Panther, ne se réalisera peut-être jamais au dehors dans la grâce des gestes libres, mais que rien, pas même toi, ne saurait empêcher de se réaliser intérieurement dans la ferveur et la joie d'une âme libre.< »

*

Quels mots, mieux que ceux-ci de Han Ryner, pourraient indiquer le projet et l'horizon de cet ouvrage ?

Un autre livre de Ryner, un autre encore, en attente et en appel d'autres ouvrages de Ryner, l' "ouvrage", ici, se faisant tout autant livre qu'Homme...

Han Ryner, Le Rire du Sage, Théolib, collection Liber***, 2014, 128 p., 18 euros, ISBN 978-2-36500-077-2.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 16:35

Comme annoncé ici, j'irai faire un tour à Paris jeudi prochain pour causer de Ryner à la Bibliothèque des Amis de l'Instruction du 3è arrondissement, cela dans le cadre d'un cycle de conférences sur le thème "Individualisme et coopération au XIXe siècle".

Ça se passe au 54, rue de Turenne et ça commence à 19h30. Attention, il paraît que la salle n'est pas bien grande, il vaut donc mieux arriver à l'heure !

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:52

Il y a moins d'un an, Fabrice Mundzik ouvrait un blog consacré aux frères Rosny, comblant sur la Toile une lacune regrettable : http://jhrosny.overblog.com/. Depuis, un nombre impressionnant de billets sont venus enrichir ce blog.

Parmi eux, un document dont je n'avais même pas imaginé qu'il puisse exister : une vidéo de Rosny aîné et Ryner vers 1920 ! Bravo à Fabrice Mundzik pour avoir déniché la chose, bien cachée dans les archives Gaumont Pathé !

Si, pour des raisons de droits, il n'a pas été possible de publier la vidéo elle-même, de nombreux instantanés sont visibles sur cette page du blog J.-H. Rosny, présentés et commentés avec humour.

http://img.over-blog-kiwi.com/300x225-ct/0/44/57/17/201310/ob_aeceb01987659959f02698a2a838ee1e_jhrahr0.jpg

On peut lire également sur ce blog l'article des Hommes du Jour sur les frères Rosny, et voir un amusant dessin d'Henri Guilac sur Madame Aurel, citant Ryner :

http://img811.imageshack.us/img811/8369/3xxr.jpg

Last but not least, un billet (rédigé par Fabrice Mundzik aidé de Jean-Yves Freyburger) recense les informations sur les relations entre les Rosny et Ryner.

Sur ce sujet, j'ai publié il y a bien longtemps un billet que je juge aujourd'hui un peu trop conjectural, mais qui contient quand même des informations valables.

Il est certain que Rosny aîné a beaucoup compté dans la vie de Han Ryner : c'est lui qui l'a proclamé Prince des Conteurs, et il semble que Rosny ait voté (une fois ? plusieurs ?) pour attribuer le prix Goncourt à Ryner. D'autre part, la conversion de Ryner au "pluralisme" en métaphysique doit beaucoup à la lecture de Le Pluralisme. Etude sur la discontinuité et l'hétérogénéité des phénomènes. (Félix Alcan, 1909, couverture). Le terme d'amitié n'est sans doute pas usurpé, il y a sans doute une admiration sincère et réciproque mais on garde une impression de dissymétrie dans leur relation, qui se traduit bien dans la correspondance : si Ryner donne du "Maître aimé" à Rosny, celui-ci lui répond avec du "Cher et admiré ami". Il n'y a pourtant que cinq ans de différence entre les deux hommes. Quoiqu'il en soit, il y a encore du boulot pour débrouiller les relations entre ces deux écrivains, et je remercie vivement le blog J.-H. Rosny d'y contribuer.


Ajoutons que sur le blog de l'Amicale des Amateurs de Nids à Poussière, apparenté à celui sur les Rosny, on trouve une parabole de Ryner (à lire ). Blog très chouette lui aussi.

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 17:39

Deux mois déjà que L'Homme-Fourmi a été réédité aux éditions de l'Arbre vengeur : il était temps que ce blog s'en fasse l'écho !

http://www.arbre-vengeur.fr/wp-content/uploads/2013/11/RYNER-COUVERTURE.jpgOn doit cette réédition à la volonté de Natacha Vas-Deyres, spécialiste de littérature utopique, d'anticipation et de science-fiction française, auteure d'une somme sur le sujet : Ces Français qui ont écrit demain. Utopie, anticipation et science-fiction au XXe siècle (éditions Honoré Champion, 2013). Natcha Vas-Deyres signe la préface, qui est avant tout une introduction au thème de la fourmi dans le "merveilleux scientifique" de la littérature fin XIX - première moitié du XX. On y apprend notamment que si deux contes russes pour la jeunesse (Le Héros d'une fourmilière de Vassili Avenarius et Les Aventures extraordinaires d'une fourmi de Fedor Skortsov), tous deux parus dans les années 1890, ont précédé L'Homme-Fourmi,

celui-ci inaugure une "veine littéraire" consacrée aux fourmis qui se perpétuera dès le début du XXe siècle : L'Homme-Fourmi apparaît comme le modèle du roman émerveillé par la vie des fourmis, ayant pour protagonistes des insectes, la présence de l'homme servant presque de prétexte narratif à un récit centré autour de la vie sociale des formidés.

On découvre ensuite quelques successeurs de ce roman, dont le bien alléchant (mais pas traduit en français) The Ants of Thimothy Thümmel du Hongrois Arpàd Ferenczy :

[ce livre] met en scène, encore une fois, un entomologiste aux prises avec les fourmis intelligentes Aruwini, en Afrique centrale  mais ce dernier raconte l'histoire de leur civilisation et démontre la supériorité intellectuelle et sociale des fourmis : l'ouvrage de Thimothy Thümmel, Text-Book of Zoology for Secondary Schools, interdits par les autorités, rétrograde l'être humain comme Homo immoralis semisapiens, alors que les fourmis sont consacrées comme Formica sapiens diligens !

Ryner est assez brièvement mais très correctement présenté (je ne relève qu'une petite erreur : Le Communisme et la Liberté figure dans la liste des principaux ouvrages rynériens, alors qu'il s'agit d'une brochure rassemblant des réponses à une enquête, Ryner n'y étant qu'un contributeur parmi bien d'autres).

A la fin de sa préface, Natacha Vas-Deyres écrit :

Même si l'anthropormorphisme ou la dimension philosophique colorent les récits consacrés aux formidés [...], il n'en reste pas moins que les auteurs ont fait des efforts stylistiques considérables pour nous donner à voir le monde humain selon le point de vue et les sens de la fourmi, aidés par les essais entomologiques, même si cela reste dans l'absolu un exercice purement spéculatif.

J'approuve, et j'ajoute que Ryner a, selon ses dires, nourri son roman de l'observation méthodique de fourmillières près de Sisteron.

Si l'on peut regretter l'absence des délicieuses petites vignettes dessinées par Mérodack-Jeanneau qui ornaient l'édition originale, on se réjouit de la belle couverture de Greg Vezon et des petites fourmis qui nous font quitter le roman comme sur la pointe des pattes...

L'Arbre vengeur et Natacha Vas-Deyres nous livrent donc une jolie édition, plutôt "grand public" mais de belle facture, de l'un de plus remarquables romans de Ryner. Qu'ils en soient remerciés !


Présentation de l'éditeur

On ne se méfie pas assez des fées, surtout celles qui errent dans les landes désertes et ont tôt fait de vous transformer en fourmi si vous acceptez de les prendre au sérieux. C’est cette aventure hors du commun que le héros de ce livre, tout d’abord incrédule avant de céder à l’émerveillement, va vivre pendant une année. Projeté dans l’univers d’une fourmilière, il découvre la grandeur d’une espèce minuscule dont, revenu au triste monde des hommes, il peinera à traduire les beautés, les intelligences et les héroïsmes.

Sur un thème qui inspirera des auteurs plus ou moins fameux, Han Ryner le premier a imaginé une remarquable et passionnante plongée, vibrante de poésie. Il a surtout cherché « un prétexte à blâmer nos orgueils, à nous qui par les sens, sommes inférieurs à tant d’animaux, à nous qui souvent croyons tout savoir et dont l’intelligence très probablement doit errer magnifiquement parmi une foule d’erreurs insoupçonnées ».

Une leçon de littérature en même temps qu’une leçon de vie. Et un roman inoubliable.

Han Ryner, L'Homme-Fourmi, préface de Natacha Vas-Deyres, éditions de L'Arbre vengeur, , 2013, 272 p., 15 euros, ISBN : 979-10-91504-07-2.


On pourra lire des recensions de L'Homme-Fourmi sur le site du journal en ligne l'Opinion et sur ActuSF.


Natacha Vas-Deyres a aussi écrit un article sur Ryner, paru dans le n° 20 de Quinzinzinzili, la revue de la Société des Amis de Régis Messac : « Han Ryner ou la science-fiction merveilleuse ». Lequel article, datant pourtant de l'an dernier (fin 2012) m'avait échappé !

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 18:51

http://www.remydegourmont.org/sur_rg/rub2/buat/scripsi/12.jpgLa dernière livraison de Scripsi, le fameux bulletin du site des Amateurs de Remy de Gourmont, est consacré en grande partie à la question d'un éventuel plagiat de Gourmont par Ryner. De quoi s'agit-il donc ?

On connaît la Physique de l'amour, cet essai de Remy de Gourmont sur la sexualité des animaux, et notamment ce passage un tantinet traumatisant consacré à la défloration de la jeune taupe :

La femme n'est pas le seul mammifère pour lequel, en dehors de la forme singulière du pénis, les premières approches soient douloureuses; mais il n'est peut-être aucune femelle qui ait, autant que la taupe, de justes motifs pour craindre le mâle. Sa vulve, extérieurement imperforée, est voilée de peau velue comme le reste du corps ; elle doit, pour être fécondée, subir une véritable opération chirurgicale. On sait comment vivent ces bêtes, creusant, à la recherche de leur nourriture, de longues galeries souterraines, dont les déblais, rejetés de place en place, forment les taupinières. A l'époque du rut, oubliant ses chasses, le mâle se met en quête d'une femelle et, dès qu'il l'a devinée, il creuse dans sa direction, excave avec fureur la terre hostile. Se sentant pourchassée, la femelle fuit. L'instinct héréditaire la fait trembler devant l'outil qui va lui ouvrir le ventre, devant ce redoutable pénis armé d'une tarière qui perfora sa mère et toutes ses aïeules. Elle fuit, elle creuse, à mesure que le mâle s'avance, des tunnels enchevêtrés où peut-être son persécuteur finira par perdre son chemin ; mais le mâle, lui aussi, est instruit par l'hérédité : il ne suit pas la femelle, il la contourne, l'enveloppe, finit par l'acculer dans une impasse, et, tandis qu'elle enfonce encore dans la terre son museau aveugle, il l'agrippe, l'opère et la féconde. Quel plus charmant emblème de la pudeur que cette petite bête au pelage noir et doux ? Et quelle vierge humaine montra jamais une telle constance à garder sa vertu ? Et laquelle, seule dans la nuit d'un palais souterrain, userait ses mains à ouvrir les murs, toute sa force à fuir son amant ?

En 1909 l'anecdote fut repris par Pergaud qui en fit le sujet d'une nouvelle, "Le Viol souterrain" plus tard recueillie dans De Goupil à Margot.

Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement est une parabole cynique de Ryner parue dans La Phalange en 1906, non recueillie dans le volume du même nom, mais reparue quelque peu modifiée dans Les Horizons en 1912. Il s'agit des "Amants souterrains".

Ce conte semble très directement inspiré de la Physique de l'amour : Ryner reprend pas mal de tournures présentes dans le texte de Gourmont mais transpose l'anecdote animalière dans le registre de la fable onirique en substituant aux petites bestioles un peuple imaginaire, un peu dans la veine de ceux rencontrés par Psychodore dans ses Voyages :

Il existe un étrange peuple souterrain. Ces hommes, d'ailleurs fort petits et aveugles, se nourrissent de bêtes qui vivent dans les profondeurs. Sans autres outils que leurs mains raccourcies, usées et défoncées à ce labeur, ils creusent, à la recherche de leur pâture, de longues galeries dont les déblais, rejetés de place en place, forment dans le pays des collines rondes et croulantes, etc., etc.

Au détour d'une chronique dans Les Horizons de mars 1913, un certain René Wachthausen accuse, en passant, Ryner de plagiat. S'en suit une controverse qui s'étend sur plusieurs articles, tous reproduits dans Scripsi.

Wachthausen apporte la preuve de tournures identiques ou similaires chez Ryner et Gourmont, en comparant sur deux colonnes les deux textes. J'ai personnellement tendance à penser que Ryner a bien emprunté ces éléments à Gourmont. Mais il se peut que Gourmont ait lui-même directement emprunté à un ouvrage de zoologie. C'est ce que suggère Fagus dans un article paru dans les Belles-Lettres du 1er septembre 1921 (on peut en lire l'intégralité sur l'excellent blog consacré à Fagus) :

Certain chroniqueur bien parisien (René Wachthauser) accusa Han Ryner d'avoir chipé dans la Physique de l'Amour de Remy de Gourmont l'épisode relatif aux fiançailles de la taupe. En effet. Seulement, Gourmont l'avait lui-même extrait d'un traité de zoologie, à l'appui de la thèse psychologique qu'il soutenait. Et Han Ryner en voulait déduire un thème moral d'un ordre, et sur un plan complètement différents. Han Ryner eut la candeur de se défendre ; de quoi Gourmont s'amusa beaucoup, j'espère. Car, combien Gourmont a, joyeusement, plagié Fabre !

Que penser de tout cela ?

Ma réponse personnelle à cette question est que :

1. Si plagier, c'est recopier des bouts de texte d'un autre auteur, alors Ryner a bien plagié Gourmont.

2. Qu'il a eu bien raison de le faire, car le conte qui en a résulté est absolument nouveau par rapport au texte de Gourmont. On pourra le lire bientôt sur ce blog.

En revanche on peut s'interroger sur l'éthique de notre grand sage qui nulle part n'a mentionné l'origine de sa source, et dans le même registre, on peut doucement rigoler quand il accusera plus tard (de manière objectivement injustifiée) Pierre Benoît d'avoir plagié Les Pacifiques pour écrire son Atlantide.

Les articles publiés dans Scripsi sont intéressants du point de vue rynérien à un autre titre. C'est en 1912 que Ryner est "élu" Prince des Conteurs à l'occasion d'un concours organisé par L'Intransigeant. Il l'est surtout grâce à une campagne très active de ses amis, en particulier les jeunes membres des "Loups" (voir ). Cela lui permet de sortir un peu de la "conspiration du silence" entretenue depuis l'époque du Massacre des Amazones par quelques puissances des Lettres et de la presse. Mais tout ce barouf par certains aspects ridicule ne fut pas du goût de tous les admirateurs de l'écrivain, et l'on peut voir la charge de Wachthauser comme l'expression d'une grande déception, quand il écrit dans Les Horizons de mai 1913 :

[...] et l'on peut, et l'on doit faire à M. Han Ryner un reproche d'un ordre plus élevé. Car il a failli être quelqu'un. Je déteste l'écrivain actuel qui fut, à l'époque de la première Plume l'auteur admirablement doué du Crime d'obéir. Celui que vous fûtes, Han Ryner, n'aurait pas dû sombrer dans la plus médiocre des gloires, avec, sur des cheveux grisonnants, une dérisoire couronne. Je ne suis pas agressif, je ne veux pas sciemment vous faire de la peine ; mais vous avez accepté, vous avez sollicité ce principalat grotesque, vous vous êtes abaissé au niveau de ce pauvre M. Brisset, victime d'une sinistre farce que rougiraient de faire des garçons épiciers, et peut-être même des étudiants  au niveau de ce malheureux, et de M. Paul Fort qui a, comme vous, Han Ryner, beaucoup de talent. Mais à qui il faudra maintenant du génie pour se laver du ridicule dont on le couvrit à l'inqualifiable banquet de Luna Park [celui-ci], où il fut pendant quelques heures l'attraction sensationnelle entre le Water Chute, la course de chameaux et le Scenic-Railway.

Je dois dire que je donnerais volontiers raison à Wachthausen sur ce point...


Merci à Christian Buat pour avoir publié et annoté tous ces documents dans Scripsi ! Ajoutons que ce chouette bulletin, toujours de conception bibliophilique et de fabrication très artisanale, est accompagné pour l'occasion d'une linogravure originale, numérotée et signée, de l'illustration de couverture par Annick Bouillon.

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 15:52

L'un des plus introuvables des romans de Han Ryner vient d'être réédité par Marie-France David - de Palacio aux éditions GayKitschCamp, éditions spécialisées dans la littérature homosexuelle, et ça nous fait bien plaisir, après une année lourdement chargée en connerie homophobe.

http://1.bp.blogspot.com/-sweyiC_uMLE/Ub91flvJ6rI/AAAAAAAAAQ0/HmDQNX55Zu4/s1600/CouvRynerBNF.jpg

Présentation éditeur :

Han Ryner (1861-1938) s'inscrit dans la mouvance individualiste et anarchiste. Il n'a cessé de se battre pour la défense des libertés, et en particulier pour toutes les formes d'amour et de sexualité.

En 1903, sa Fille manquée adopte une vision originale et lyrique des amitiés particulières dans le cadre d'un collège bien précis de Forcalquier, Saint-Louis de Gonzague où il a lui même passé deux années de 1877 à 1879. Cette Fille manquée est si étonnante (et si crue) que la critique contemporaine la plus ouverte n'hésitera pas à la pourfendre. Cela n'empêchera pas Han Ryner d'être élu prince des conteurs en 1912.

Extrait : Je ne sais quelle part de responsabilité doit remonter à cha­cune de ces causes. Mais l’Institution Saint Louis de Gon­­­za­gue était un asile de caresses viriles, un cloaque de joies ignobles. Partout, derrière les vastes platanes des cours immenses ; en étude, à l’abri des pupitres relevés ; dans toutes sortes de coins perdus, des baisers s’échangeaient tout le jour. Le soir, le dortoir vivait d’une infâme vie chuchoteu­se et tâtonnante.

Han Ryner, La Fille manquée, postface de Marie-France David de Palacio, GayKitschCamp / Questions de genre, 2013, 184 p., 17 euros, ISBN ISBN 978-2-908050-84-4.

Je n'ai pas encore reçu le bouquin mais je crois savoir qu'il est accompagné d'une belle iconographie. Merci à Patrick Cardon, des éditions GKC pour avoir rendue possible cette réédition, et merci encore une fois à Marie-France qui en est à sa troisième réédition rynérienne, après les Paraboles cyniques et le Sphinx rouge chez Théolib !


[Ajout avril 2014] Pour donner une idée de la richesse de cette réédition, voici la table des matières de l'ouvrage :

  • [Couverture - ill. : L'ange déchu, d'Alexandre Cabanel, 1847]
  • [Reproduction de la couverture de l'édition originale - ill. : Le vieil homme et l'enfant, Domenico Ghirlandaio, 1490]
  • [Reproduction du "Prière d'insérer" de l'éd. originale]
  • [Page de titre - Epigraphe : "L'homme a toujours besoin de caresse et d'amour", Alfred de Vigny]
  • [Reproduction de la page de faux- titre d'un ex. de l'éd. originale portant un long jugement manuscrit de l'auteur sur son roman]
  • La Fille manquée
  • - Prologue
  • >- Première partie : ch. I à XXI
  • - 2è partie : ch. I à XII
  • - 3è partie : ch. I à X [précédés d'une introduction non titrée ni chapitrée et suivis d'une "Note de l'éditeur"]
  • La Fille manquée - Epilogue [transcription d'une page inédite non retenue par l'auteur pour l'édition originale, publiée in CAHR n° 107]
  • Postface, par Marie-France David -de Palacio et Patrick Cardon
    « Faire oeuvre de grâce »
    [épigraphe : "Et La Fille manquée, de M. Han Ryner, on ne s'explique que trop les ravages de sa grâce bizarre !", Willy, in Le Troisième Sexe, 1927]
  • - Le pan caché des récits autobiographiques
  • - La sexualité chez Ryner
    • * Servitudes et grandeurs de l'amour
    • * De la misogynie à l'androgynie
  • - L'homosexualité
  • - La révélation de l'homosexualité dans le roman
  • - La subtile structure du roman
  • - Deux autres clés : la référence picturale et la réflexion sur l'ordre et l'anarchie.
    • * La référence picturale
    • * Un récit d'insurrection
  • Annexes
  • - Un rêve de Vinci [texte inédit publié in CAHR n° 132, précédé de la reproduction du Bacchus et du Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci]
  • - Han Ryner, Les Orgies sur la montagne [deux extraits de ce livre paru en 1935]
  • - Ereintements contemporains [choix de critiques]
    • * [lettre de Remy de Gourmont à Han Ryner]
    • * [Rachile, Mercure de France, 1903]
    • * [Numa Praetorius, Jarhbuch für sexuelle Zwischenstufen VI, 1904]
    • * [Paul Reboux, "Prince ?", Gil Blas, 1912]
    • * [Georges Le Cardonnel, "M. Han Ryner, conteur et romancier, De La Fille manquée au Fils du Silence", Les Marges, été 1912, avec la présentation et le long commentaire de Louis Simon in CAHR n° 119]
  • - [Reproduction de la couv. du Rythme, numéro spécial, 10 octobre 1912, suivie de la transcription du sommaire]
  • - [Reproduction de l'annonce du "Banquet Han Ryner", 10 novembre 1912]
  • - [Trois portraits photographiques, un bois gravé de Gabriel Belot, photographie de la plaque de la rue Han Ryner à Rognac]
  • - Lieux du roman [une photographie des Mourres à la sortie de Forcalquier, deux photographies (une récente, une ancienne) du collège Saint-Louis de Gonzague et de sa chapelle, devenus mairie et cinéma de Forcalquier]
Bibliographie
[Extrait du catalogue QuestionDeGenre/GKC]
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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:47

Dans un billet consacré aux liens épistolaires entre Ryner et Jossot, je remarquais certaines ressemblances entre des écrits de Jossot et des formulations du Petit manuel individualiste.

Depuis, Henri Viltard a trouvé d'autres indices d'une influence importante du Petit manuel sur la réflexion de Jossot. Il nous en fait part dans les "actualités jossotesques" du site Goutte à goutte consacré à Jossot. Et en profite au passage pour faire un peu de réclame au numéro "Ryner" du Grognard — merci ! — en publiant l'un des articles les plus marquants de Ryner : "Révolution sans révolutionnaires".

N'oubliez pas Jossot en librairie avec Le Foetus récalcitrant et Sauvages blancs !.

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 15:02

Avant la réunion des Amis de Han Ryner le 27 avril prochain à Paris, un petit tour d'horizon des rééditions récentes... Théolib avait déjà réédité Le Cinquième évangile en 2009. Je n'ai pas le temps de faire un compte-rendu, d'autant que je ne possède pas encore la réédition des Paraboles cyniques. Je peux cependant assurer que la préface de Marie-France David de Palacio au Sphinx rouge est extrêmement intéressante, apportant des éléments réellement nouveaux à la compréhension de ce roman.


Les Paraboles Cyniqueshttp://www.theolib.com/images/lulu/ryner.paraboles.jpg

Présentation de l'éditeur :

Un cynisme à visage humain...

Préfacées par Pierre-Yves Ruff et Marie-France David de Palacio, voici enfin rééditées les Paraboles cyniques de Han Ryner, l'un des auteurs les plus attachants de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.

Publiées en 1913, ces textes d'inspiration plus stoïcienne que cynique, mettent en scène un sage, Psychodore, illustrant sa pensée en recourant au mode narratif. Et de fait, comme l'a bien souligné Marie-France David de Palacio, Han-Psychodore est avant tout un pédagogue, plus à l'aise dans l'illustration d'une idée que dans un univers purement fictionnel.

Nous retrouvons ici l'ensemble des thèmes chers à Ryner : l'individualisme libertaire, la recherche d'une force avant tout, intérieure, un regard sur le monde fait de détachement et d'une forme de tendresse, où l'on voit l'âme d'un poète.

Ce livre est le sixième de notre collection Liber***, dédiée à la littérature. Il s'ajoute aux deux autres ouvrages déjà réédités de Han Ryner, Le Cinquième évangile et Le Sphinx rouge.

Cette collection veut proposer à la lecture des ouvrages d'une veine spiritualiste, dans le sens le plus humaniste et le moins transcendant du terme. Les fictions de Liber*** ouvrent à la réflexion sur Soi, sur l'Autre ("cette altérité qui me précède et m'offre la possibilité de dire je", pour reprendre les mots de Pierre-Yves Ruff dans Au-delà de l'identité), et se caractérisent toutes par la qualité de leur style. Les écrivains à qui nous redonnons la parole manient une plume parfois acérée, toujours au service d'une spiritualité fondée sur l'homme et son ancrage terrestre. Les étoiles, comme l'écrit Barbusse dans son Jésus, ne sont-elles pas enracinées par terre ?...

Han Ryner, Les Paraboles cyniques, avant-propos de Marie-France David de Palacio et Pierre-Yves Ruff, Théolib, coll. Liber***, 2011, 202 p., 18 euros, ISBN 978-2-36500-058-1.


Le Sphinx rougehttp://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpg

Présentation de l'éditeur :

Ne retiens d'une "défaite" que le mot fête qu'elle contient

Sous-titré "roman individualiste", Le Sphinx rouge (1905) reprend le vieux débat de l'être et du paraître sous l'angle de l'antagonisme entre individu et société.

"La Société est une voleuse et une destructrice. Elle, qui n'est qu'apparence, limite et négation, elle est jalouse de l'individu parce qu'il EST, lui, et elle s'applique à le supprimer."

Le verbe, imprimé en grandes capitales, se charge d'une valeur véritablement ontologique, face à la "citadelle des préjugés". Au nombre de ces derniers, l'éducation (Sébastien de Ribiès, porte-porale de l'auteur, préfère à ce terme ceux de "contre-éducation" ou "INducation", opposant la dispersion au-dehors à la rentrée en soi-même) et la famille (la préface du recueil poétique de Ryner, significativement intitulé Les Chants du Divorce (1892), déclarait : "Il m'a paru que notre siècle, farouchement indvidualiste, pourrait bien, dans l'avenir, s'appeler le Siècle du Divorce, non pas seulement à cause de la loi Naquet, mais à cause de tous les efforts vers la liberté dont cette loi est, en quelque sorte, l'aboutissant et le symbole") apparaissent comme les plus pernicieux.

Les pages du roman égrènent les types sociaux les plus néfastes : le professeur, le prêtre, le magistrat, l'avocat, l'officier, le partron et jusqu'au boucher, "cet affreux assassin". Le roman prend volontiers la forme d'une utopie (quelque part sur les bords de la Durance : un vers du poème "Mon Rêve", dans les Chants du Divorce, semble préfigurer cet état : "Mon paradis serait dans un coin de Provence,/ Sur le bord de la mer", d'une "Arcadie misanthropique", dans laquelle le retrait, loin de la cité, attentif à la "statue intérieure" et à la nature, pourrait seul permettre de lire Virgile et de voir le Soleil.

Jean de Palacio

Han Ryner, Le Sphinx rouge, préface de Marie-France David de Palacio, Théolib, coll. Liber***, 2012, 176 p., 18 euros, ISBN 978-2-36500-050-5.

 


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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 12:39

Je rouvre brièvement ce blog pour vous annoncer le grand retour des Amis de Han Ryner, samedi 27 avril 2013 à Paris ! C'est l'ami Daniel Lérault qui en a eu l'initiative, merci à lui !

Il faut dire qu'on constate depuis quelques temps, notamment par le courrier que l'on reçoit, une certaine montée d'intérêt pour Ryner. Pas un raz de marée bien sûr, mais un heureux frémissement...

Du côté de l'édition, Théolib qui avait déjà réédité Le Cinquième évangile, publie Le Sphinx rouge et Les Paraboles cyniques, avec d'excellentes présentations de Marie-France de Palacio qui apportent un beau renouveau aux études rynériennes. Outre-Atlantique, une maison spécialisée dans l'édition de traductions anglaises de romans fantastiques, policiers et SF français, Black Coat Press, a publié en un seul volume Les Surhommes, Les Voyages de Psychodore et la partie conjecturale des Contes inédits rassemblés par Louis Simon.

Sur le net, on a pu constater que pas mal de textes jadis déposés sur Wikisource avaient fait l'objet de lectures sur le site Littérature audio.com.

Tout cela fait que oui, le moment est peut-être venu de relancer les activités des Amis !

Si vous êtes un tant soit peu intéressé-e par le bonhomme, son œuvre et sa pensée, n'hésitez pas à venir en discuter avec nous le 27 avril. On vous demande simplement de nous signaler à l'avance votre présence par mail (daniel.lerault(ici ajouter l'arobase)wanadoo.fr).


L'invitation officielle :

Les Amis de Han Ryner

se réuniront le samedi 27 avril 2013, à partir de 14 h
Salle des Amis (Quakers), 114 bis rue de Vaugirard
Paris (métro Saint-Placide ou Montparnasse)

et invitent toutes les personnes intéressées par l'œuvre et la pensée de Han Ryner.

Ce sera l'occasion de présenter l'action passée des Amis de Han Ryner et de discuter des perspectives futures, ouvertes notamment par plusieurs rééditions récentes*.

Gérard LECHA évoquera son livre en préparation : « Pleins Feux sur Han RYNER ».
Daniel LÉRAULT présentera les Archives Han Ryner.
Clément ARNOULT parlera de la présence de Han Ryner sur Internet.

 

Contact : daniel.lerault(ici ajouter l'arobase)wanadoo.fr

* Le Père Diogène (Premières Pierres, 2007), Le Cinquième évangile (Théolib, 2009), Petit manuel individualiste (Allia, 2010), Comment te bats-tu ? et autres textes (Le Grognard, 2010), L'Individualisme dans l'Antiquité (Editions du Sandre, 2010), Le Sphinx rouge (Théolib, 2012), Les Paraboles cyniques (Théolib, 2013) ainsi que Nelti (trad. allemande de Les Pacifiques, Verlag Edition AV, 2008) et The Superhumans (trad. US de Les Surhommes, Les Voyages de Psychodore et autres récits de SF, Black Coat Press, 2010)

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 18:19

Notre ami Gérard Lecha, auteur de l'unique thèse jamais consacrée à Han Ryner, reprend du service en matière d'activités rynériennes, et cela nous fait fort plaisir !

Le 7 juin dernier, il fit une causerie intitulée « Han Ryner (1861-1938), le Socrate moderne, se rappelle à nous... » Cela eut lieu à Tours, salle du Champ-Girault, sous l'égide de Vivre et l'écrire - Touraine. J'espère bien pouvoir mettre en ligne (mais quand ?) le texte de cette conférence.

Gérard récidive le 24 septembre prochain à Nancy, à l'occasion du colloque « Max Stirner et la France », dont on peut lire le programme détaillé ici. Ryner y voisine notamment avec Palante.

Voici la présentation de l'intervention de Gérard :

Max Stirner et Han Ryner

Pour traiter du thème qui m'a été proposé et que je formulerai ainsi : De l'anarchisme individualiste de Max STIRNER et de l'anarchisme individualiste de Han RYNER, j'ai décidé de m'en remettre à ce qui fut dit de l'individualisme ou « Anarchisme harmonique » de Han RYNER et de « l'anarchisme individualiste » de Max STIRNER dans la fameuse Encyclopédie anarchiste de Sébastien FAURE, parue en décembre 1934.

Après une présentation très succincte de l'ENCYCLOPEDIE ANARCHISTE de Sébastien FAURE, je présenterai l'anarchisme-harmonique de Han RYNER en insistant sur ses caractéristiques propres, et tout particulièrement sur les exigences de son éthique, ce qui le fait tendre vers une forme de sagesse à l'Antique. Une forme de sagesse qui, hic et nunc, reconnaissonsle, nous fait abominablement et tragiquement défaut dans une société devenue essentiellement technocratique.

A contrario, je présenterai l'anarchisme-égoïste d'un Max STIRNER, tel qu'il nous est présenté dans l'Encyclopédie que l'on sait par Manuel DEVALDES. Et après avoir fait un petit détour, comme nous y invite DEVALDES, par le point de vue de Frédéric NIETZSCHE et sa « volonté de puissance » et autre « mythe du Surhomme », avec des dérives mortifères dont on a à vivre plus ou moins douloureusement les effets boomerang, je conclurai en tant que sociologue et psychosociologue que, loin d'être à la recherche d'un individu et d'une société en quête d'harmonie, nous sommes bien au contraire face à un individu et une société en recherche de domination et de pouvoir, compétitivité oblige ! Et ce, quels que puissent en être les moyens, y compris les plus sordides et les plus déshumanisés et inhumains. C'est que les Droits de l'Homme sont, comme le gaz en somme, on ne le sait que trop, compressibles et extensibles.

Alors même si RYNER semble avoir écrit et pensé délibérément à contre-courant, est-ce qu'il ne serait pas profitable, tant philosophiquement que littérairement, de le faire sortir du Purgatoire où il végète depuis plus d'un demi-siècle ? De toute façon, je ne suis plus, me semble-t-il, dans le monde des Lettres et de la Pensée, le seul à me le demander depuis quelque temps et cela aurait plutôt tendance à me mettre en joie...

On espère qu'il y aura du monde à ce colloque !

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Que trouver ici ?

Des textes et documents de, sur et autour de Han Ryner (pseudonyme de Henri Ner), écrivain et philosophe individualiste, pacifiste et libertaire. Plus de détails ici.

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A signaler

⇓ A télécharger :
# une table des Cahiers des Amis de Han Ryner.
# les brochures du Blog Han Ryner.
# un roman "tragique et fangeux comme la vie" : Le Soupçon.

ƒ A écouter :
l'enregistrement d'une conférence de Han Ryner.

 Bientôt dans votre bibliothèque ?

De Han Ryner :

L'Homme-Fourmi
La Fille manquée
http://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpgLe Sphinx rouge
Les Paraboles cyniques
L'Individualisme dans l'Antiquité
Comment te bats-tu ?
1905-pmi-2010Petit manuel individualiste
Le Cinquième évangile
Couverture de la réédition du Le Père Diogène
Pour les germanistes... Nelti

Sur Han Ryner :

Le colloque de Marseille

Autour de HR :

4è plat de couverture du n°3 d'Amer, revue finissanteUn conte d'HR
dans Amer, revue finissante
Couverture du Ryner et Jossot
dans Le Grognard...
Couverture des Un livre de Louis Prat
Couverture d'une anthologie de poèmes d'Emile BoissierDes poèmes d'Emile Boissier
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