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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 16:25

Deuxième partie de l'ensemble de documents rassemblés par Daniel Lérault au sujet de L'Homme-Fourmi, réédité à l'automne dernier par L'Arbre vengeur.


Tout d'abord, deux envois à des amis proches, le poète Emile Boissier (dont il est question ici) et le couple Mélon (intimes de Ryner dans les années 20).

À Émile Boissier, sur un exemplaire de l’édition originale, La Maison d’Art, 1901.

A mon cher ami
Emile Boissier,
bien cordialement
Han Ryner

Aux Mélon, sur un exemplaire de l’édition originale, La Maison d’Art, 1901. Joseph Mélon (1869-1941), poète philosophe, est l'auteur de Le Roi triste (Crès, 1919, contient une ode à Charles Péguy), Les Soleils reviendront (Perrin, 1925, avec une ode à H. Ryner), Les Grappes de la nuit (Ophrys, 1942) - cf. Cahiers des Amis de Han Ryner, n° 35, 1954, pp. 5-17.

à Joseph Mélon
à Callixte,
‒ au Poète et à la Muse,‒
aux meilleurs des amis
en affection profonde,
Han Ryner

Puis un envoi et une lettre à Renée Dunan sur un exemplaire de l’édition Eugène Figuière, 1914. Sur Renée Dunan et Han Ryner on se reportera au Cahiers des Amis de Han Ryner n° 81, juin 1966 : « Han Ryner par Renée Dunan » et « Lettres de Han Ryner à Renée Dunan ». Pour découvrir l'étonnante, prolifique et mystifiante Renée Dunan, on peut consulter cette notice sur le site du CIRA, mais pour approfondir le mieux est de se procurer le n°2 d' Histoires Littéraires (2000) qui contient l'article de Claudine Brécourt-Villars : "Renée Dunan ou la femme démystifiée". Jean-Pierre Weber a établi que tout ce qui est de l'écriture de Renée Dunan est en fait de la main de Georges Dunan !

L'envoi :

 
à Madame Renée Dunan,
critique pénétrant
et écrivain vigoureusement original,
en toute sympathie
Han Ryner 

La lettre

Paris, 12 février 1920

Madame,

Je me réjouis que Marcel Sauvage et Florent Fels vous aient demandé cette étude. S’ils m’avaient demandé de choisir le critique à qui la confier, c’est vous que j’aurais choisie sans hésiter.

 

J’aurais grand plaisir à vous porter mes livres moi-même. Hélas ! grippe et entérite s’y opposent : ce sont deux puissantes divinités, malgré leur laideur. Je vous envoie donc l’écrasant paquet.

Il y a, dans le nombre deux bouquins dont je ne possède pas de double. Je vous demanderai de vouloir bien me retourner, quand vous n’en aurez plus besoin, mon exemplaire du Cinquième Evangile et mon exemplaire des Paraboles cyniques. Excusez-moi de vous donner cette besogne. Mais il m’a semblé presque indispensable que vous connaissiez ces deux livres.

Excusez, ou plutôt plaignez le grippé que je suis. Il a besoin de faire appel à toute la philosophie quand la maladie le prive d’une conversation avec un esprit comme le vôtre.

Et croyez à toute mon admirative sympathie pour votre pénétration critique et votre vigueur originale d’écrivain.

Han Ryner

Je joins aux livres, à titre documentaires, quelques articles que je possède en double.

Marcel Sauvage et Florent Fels dirigeaient la revue Action, « Cahiers de philosophie et d’Art » ; l’étude de Renée Dunan paraîtra dans le n° 2, mars 1920 (reprise dans les Cahiers des Amis de Han Ryner n° 81).

Et pour finir, un bel envoi à Albert Blain, sur un exemplaire de l’édition originale, La Maison d’Art, 1901. Albert Blain, grand défenseur de Mandrin, était bouquiniste et fut président de la Chambre syndicale des bouquinistes des quais de la Seine. Les lettres de Han Ryner à Albert Blain ont été publiées dans le n° 179, premier trimestre 1991, des Cahiers des Amis de Han Ryner.

Cher Albert Blain,
La première fois que j’exposai à un ami le projet du présent livre, il haussa les épaules en déclarant : Tu veux l’impossible
‒ Seul – répondis-je en riant, ‒ l’impossible vaut d’être tenté.
Est-ce seulement dans le domaine littéraire que rendre l’impossible possible en le réalisant est la grande œuvre humaine ?
Que d’impossible d’hier réalisé aujourd’hui sur le plan matériel.
Et, s’il reste encore impossible à la plupart des hommes d’être humains, travaillons sans découragement à le rendre possible à ceux qui viendront
avril 1937
Han Ryner
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Published by C. Arnoult - dans Correspondance
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 23:29
Portrait photographique de Cécile Sauvage en 1908
Cécile Sauvage en 1908
(Source : Etudes et souvenirs sur Cécile Sauvage, édition des Amitiés, 1928)

Il paraît que l'on fête cette année le centenaire du compositeur Olivier Messiaen (site officiel du centenaire : http://www.messiaen2008.com/). Je ne saurais juger de sa musique. En revanche, je sais que sa mère — qui eut, de son propre aveu, une grande influence sur lui — s'appelait Cécile Sauvage et qu'elle écrivit des poèmes, un peu dans la veine de Marcelline Desbordes-Valmore, qu'estima fort Han Ryner.

Louis Simon affirme à plusieurs reprises (cf. par exemple page 44 de A la découverte de Han Ryner) que Ryner aida Cécile Sauvage dans ses débuts littéraires. Dans quelle mesure ? Je ne sais pas bien. La lettre qu'on va lire (publiée au n°158 des CAHR), datée d'octobre 1907, témoigne en tout cas de contacts précoces entre Ryner et la jeune poétesse née en 1883.

Je suppose que le "M. Walch" cité est G. Walch, l'auteur de la belle Anthologie des Poètes Français contemporains, plusieurs fois rééditée et mise à jour chez Delagrave. Ryner figurait au 3è volume. Quel but précis visait ces démarches ? Mystère. Si j'en crois le catalogue de la BNF, Cécile Sauvage n'avait à cette date publié aucun volume (premier recueil daté de 1910 : Tandis que la terre tourne, au Mercure de France). Quant à des parutions dans des revues, on peut trouver un de ses poèmes — Soir rétrospectif — dans La Nouvelle Revue du 15 septembre 1908 (cf. ici p.220 sur Gallica).

On peut lire également ici le brouillon d'une conférence de Han Ryner sur Cécile Sauvage, ce qui est une autre preuve de son intérêt pour l'œuvre de la poétesse.

Cécile Sauvage est morte en 1927, emportée par la tuberculose.


Avignon, 12. 10. 07

Monsieur,

Je suis très heureuse du beau résultat de votre démarche auprès de M. Walch.

Je vous remercie et vous fais part de toute ma gratitude enthousiaste.

Excusez-moi d'être si brève, aujourd'hui ; j'ai grand travail. Je vais lire en entier « Les Chrétiens et les Philosophes », dès que j'aurai terminé une série d'articles demandés par M. Fournier Lefort. Mais j'ai déjà parcouru avec délices les deux premiers chapitres, et dans le corps du livre, de superbes paroles passèrent sous mes yeux comme des bouquets capiteux ou plutôt comme une perspective de colonnes grecques enguirlandées de fleurs sobres et du beau feuillage vert sombre de l'acanthe.

C'est à vous seul, aujourd'hui, que la beauté antique a laissé son merveilleux secret d'émouvoir, dans la mesure et la sévère harmonie des lignes droites.

Pierre Messiaen et moi, nous vous prions, Monsieur, d'agréer l'assurance de nos respectueux sentiments de sympathie.

Cécile Sauvage

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 20:20

Cette lettre de Jean de Gourmont, frère de l'écrivain Remy de Gourmont, fut envoyée à la suite de la publication dans la revue "L'Idée Libre" d'une longue étude de Ryner sur Remy. Pour lire cette étude et en savoir un peu plus sur les rapports Gourmont/Ryner, consulter cette page.
L'étude datant de juin 1923, cela situe la lettre, qui fut publiée au n°78 (p.7) des CAHR.


Paris, 31, rue des Saints-Pères
Mon cher Han Ryner, j'ai été touché de cette étude que vous venez d'écrire sur Remy dans "l'Idée libre" ; vous y manifestez une si belle et si lucide compréhension et intuition de son oeuvre, que vous me la révélez un peu mieux encore à moi qui ai vécu vingt ans dans "son atmosphère".
Si la vie nous permettait encore le loisir de dialogues platoniciens, j'aurais plaisir et profit à discuter avec vous quelques idées ; mais maintenant il n'y a plus que le livre qui groupe l'élite intellectuelle autour des philosophes lointains et inaccessibles. Ou bien les disciples sont trop et ne sont plus que des déformations vulgarisatrices où la pensée des maîtres se dissout.
...Pourtant la Solitude, même chez les plus grands, n'est qu'un onanisme intellectuel. Il faut se donner et se répandre, parce que c'est, en art comme en amour, en se donnant que l'on prend et que l'on s'enrichit.
Merci encore de vos pages si justes de ton sur Remy, et croyez-moi bien sympathique vôtre.
Jean de Gourmont


La remarque de Jean de Gourmont sur les "disciples" et leurs "déformations vulgarisatrices où la pensée des maîtres se dissout" rejoint bien des préoccupations de Ryner !

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 20:19

Voici une lettre de Remy de Gourmont à Han Ryner. Datant de 1903, elle fut publiée dans le n°78 des CAHR (p.6).
On peut donc y lire l'appréciation de Gourmont sur La Fille manquée, roman alors récemment paru et qui narre les états d'âme d'un jeune homosexuel plus ou moins refoulé. Je ne peux pas dire grand chose sur ce livre, parce que je ne l'ai pas lu - c'est l'un des plus introuvables actuellement. On peut lire deux avis récents sur la Toile : celui de C. Granier dans sa thèse sur les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXè, et celui de L. Godbout dans une conférence sur la littérature homosexuelle française de 1859 à 1939.
Sur la position personnelle de Han Ryner par rapport à l'homosexualité, j'ai le sentiment qu'il y a eu une évolution importante entre, disons, 1900 (année d'écriture de La Fille manquée) et 1925 (rédaction de l'article "Amour" de l'Encyclopédie Anarchiste). Mais c'est un point de vue que j'étayerai ailleurs.


Paris, 28 avril 1903

Je viens seulement, cher Monsieur, de lire votre Fille manquée, et voici mon sentiment, puisque vous désirez le connaître.
Le sujet prêtait plutôt, il me semble à une étude de pathologie mentale (ou, si l'on veut, de psychologie morbide), qu'à un roman. J'ai lu dans les recueils spéciaux d'analogues mémoires sur telles déviations de l'instinct génital. C'est intéressant, parce que cela permet de comprendre une foule de faits que nous qualifions d'anormaux, et qui ne le sont ni plus ni moins que ceux que vous avez voulu expliquer psychologiquement.
Toute la question est de savoir si la matière que vous avez choisie peut être matière d'art. Pourquoi pas ? Le Dominiquin, André del Sarto, Francesco Vanni ont bien peint des hystériques ou des démonomanes, spectacles assurément très en dehors de l'esthétique courante. La folie est un lieu commun de littérature. Pourquoi pas la pathologie érotique ? Un onaniste n'est pas très ragoûtant ; un lépreux non plus.
Ceux qui goûtent la Religieuse ou les Confessions ne devraient pas être cruels à votre livre. Les cent premières pages sont d'une psychologie bien curieuse. Les autres épisodes m'ont paru un peu longs.
Il y aurait peut-être un point de vue moral. Les internats sont d'affreuses écoles de débauche, et vous avez eu raison de le dire ; et la débauche y est souvent sentimentale : c'est encore vrai, et c'est pénible, quoique sans doute irrémédiable.
Mais l'hypocrisie exige qu'on se taise sur ce sujet et que l'on continue de cultiver, sous la surveillance de l'Etat ou de la Religion, tous les vices de Sodôme.
Je ne me joins donc pas à ceux qui mésestiment votre livre, où je ne veux voir qu'une étude curieuse et toute de psychologie morbide.
Croyez-moi, cher Monsieur, votre dévoué confrère.

Remy de Gourmont

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Que trouver ici ?

Des textes et documents de, sur et autour de Han Ryner (pseudonyme de Henri Ner), écrivain et philosophe individualiste, pacifiste et libertaire. Plus de détails ici.

Recherche

A signaler

⇓ A télécharger :
# une table des Cahiers des Amis de Han Ryner.
# les brochures du Blog Han Ryner.
# un roman "tragique et fangeux comme la vie" : Le Soupçon.

ƒ A écouter :
l'enregistrement d'une conférence de Han Ryner.

 Bientôt dans votre bibliothèque ?

De Han Ryner :

L'Homme-Fourmi
La Fille manquée
http://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpgLe Sphinx rouge
Les Paraboles cyniques
L'Individualisme dans l'Antiquité
Comment te bats-tu ?
1905-pmi-2010Petit manuel individualiste
Le Cinquième évangile
Couverture de la réédition du Le Père Diogène
Pour les germanistes... Nelti

Sur Han Ryner :

Le colloque de Marseille

Autour de HR :

4è plat de couverture du n°3 d'Amer, revue finissanteUn conte d'HR
dans Amer, revue finissante
Couverture du Ryner et Jossot
dans Le Grognard...
Couverture des Un livre de Louis Prat
Couverture d'une anthologie de poèmes d'Emile BoissierDes poèmes d'Emile Boissier
HR parmi les
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