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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 15:58

Acquis au Salon du Livre Libertaire (voir ici), cet essai de Caroline Granier sur quelques "utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle". On verra que Les Pacifiques (1914) y est étudié, et La Fille manquée (1903) évoqué.

Caroline a soutenu en 2003 une thèse intitulée : "Nous sommes tous des briseurs de formules" : les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXè siècle, travail extrêmement intéressant que j'ai déjà eu l'occasion de signaler et que l'on peut lire intégralement (sauf les annexes ?) sur Internet (). Elle reprend dans Quitter son point de vue une petite partie de la matière contenue dans sa thèse. Sont donc présentés et analysés sept romans conçus entre 1874 (La Commune de Malenpis, d'André Léo) et 1905 (Terre Libre, de Jean Grave). Ces études sont précédées et suivies de textes de Michel Anthony, spécialiste des utopies libertaires.

Aux utopies traditionnelles qui décrivent des sociétés contraintes à l'extrême par un maillage rigide d'institutions et de règlements, les libertaires opposent des mondes imaginaires sans doute moins achevés mais qui laissent du champ aux individu-e-s, au hasard, à l'expérimentation, ne se présentant jamais "comme un modèle directement transposable dans le réel" (p.20). Les utopies libertaires sont ouvertes, les utopies traditionnelles sont fermées. Il ne s'agit alors plus de "remplacer un dogme par un autre, mais d'inciter à repenser toutes les certitudes sur lesquelles se fondent notre jugement" (idem). Les fictions libertaires faisant appel à l'utopie vont donc chercher à faire contraste entre ces certitudes moulées aux formes de l'époque et des possibles fondus au creuset de l'imaginaire, estampés aux matrices d'autres valeurs. Le plus frappant est alors la variété et la subtilité des approches mises en œuvre dans ce but.

Ainsi le premier livre étudié, La Commune de Malenpis, "conte" d'André Léo (pseud. Léodile Champseix), joue sur trois temps en contrepoint : il y avait une commune "qui se gouvernait à sa guise" (p.23) et les habitants n'y vivaient pas mal ; séduits par le clinquant d'un royaume voisin, ils finissent pas s'y rattacher et tout va de mal en pis dans la commune de Malenpis ; la monarchie est balayée — au sens propre comme au sens figuré — et tout rentre dans l'ordre, car "le bonheur et l'ordre véritable ne sont pas ailleurs que dans la liberté" (p.35).

Si l'utopie d'André Léo reste quand même, me semble-t-il, en lisière de l'anarchie, celle de Jean Grave dans Terre Libre se veut clairement une illustration de ce que pourrait être une société anarchiste. Ecrite pour des enfants, cette histoire est celle de révolutionnaires déportés en Nouvelle-Calédonie, transformés par la grâce d'un naufrage en robinsons libertaires sur une île déserte. Leur organisation a pour antithèse celle des soldats chargés de les convoyer — certains parmi ces derniers finissent par rejoindre les "terrelibériens".

Si vous avez lu les dix premiers chapitres des Pacifiques (disponibles ici), vous aurez pu constater le procédé utilisé par Han Ryner : l'immersion d'un narrateur des plus conformistes dans une société radicalement non-violente donc anarchique, qui à la fois l'attire et le répugne, vacillant cependant au seuil de la compréhension mais finissant, pour retrouver quelque équilibre, par refuser définitivement de "quitter son point de vue solide de français et d'homme du vingtième siècle" (p.49). L'anarchie ne coule pas de source et il y a bien des raisons de ne pas la désirer, à commencer par l'inconfort d'abandonner "la joie énivrante de commander, la joie rassurante d'obéir" (p.47). Mais vous pourrez lire cette étude ici.

Les Porteurs de torches de Bernard Lazare fonctionne selon un procédé inverse : un étranger semblant venir d'une contrée nommée "Utopie" parcourt un pays imaginaire mais assez semblable à l'Europe de la fin du XIXè siècle. C'est ce voyageur utopique qui va porter sur tous sujets (magistrature, armée, économie, art, charité, résignation) la contradiction dans la société conforme, non point tant à la manière d'un apôtre, mais plutôt comme un Socrate praticien de la maïeutique.

Quant aux deux romans de Louise Michel, il semble qu'il nous faille nous-même au préalable changer notre point de vue pour en goûter la saveur, comme nous y invite Caroline Granier. Si Les Microbes humains et Le Monde nouveau sont écrits dans le même style que la nouvelle récemment publiée dans Brèves (voir ici), je comprends bien pourquoi. Lire une fiction de Louise Michel est une expérience déroutante  : l'intrigue foisonne, nous force tantôt à nous perdre dans des sentiers touffus de digressions, tantôt à franchir des précipices de sous-entendus ou de non-dits, le tout dans une langue qui emprunte à tous les registres sans souci d'harmonie, dans une syntaxe rocailleuse, sur un rythme haché, souvent proche du langage parlé — à tort ou à raison, les mots d' "art brut" me viennent à l'esprit. D'où une impression de délire, de vision hallucinée. Y brillent d'ailleurs quelques pépites : "Un tas de pschuteux, gratin verdegrisé de races fainéantes, popotent dans les coins les plus chauds de l'établissement" (p.56). Toute cette étrangeté sert finalement cet objectif : "avoir sur son époque un point de vue lointain" (p.63), ce qui est encore un moyen de quitter son point de vue. Et effectivement, dans Les Microbes humains, Louise Michel décrit son époque, un monde en décomposition d'une noirceur terrible, cependant que de nouvelles forces entrent en scène et amènent un peu de lumière. Lumière qui illumine l'utopie imaginée dans Le Monde nouveau, suite des Microbes : une colonie anarchiste en Australie, qui n'est pas sans ambiguité. La colonie sera détruite, mais en Europe, "le renouveau de l'humanité se prépare" (p.62).

Le dernier ouvrage étudié est Escal-Vigor de Georges Eeckhoud. C'est un roman utopique car y est décrit un amour homosexuel qui n'a aucune honte de s'avouer, chose très rarement décrite en littérature à l'époque. Caroline Granier lui oppose La Fille manquée de Han Ryner :

La plupart des romans sur les homosexuels se focalisant sur le thème du détraquement. Même s’ils se veulent audacieux, indécents, subversifs... la peinture des tendances considérées comme « malsaines » n’est en fait que le moyen de remettre de l’ordre dans le désir : les femmes à leur place (c'est-à-dire aux côtés des hommes !), et l’homosexuel toujours contrit et repenti. D’un côté, le romancier nous montrera le » sacré » (la jeune fille chaste et rougissante, la nuit de noce...), de l’autre le » dégoûtant » (les perversions, la prostitution...). Très révélateur de cette pensée dominante est le roman de Han Ryner intitulé La Fille manquée, publié en 1903. Malgré les idées libertaires de son auteur, cette histoire d’un homosexuel refoulé reste empreinte de tous les préjugés de l’époque. Le roman se présente comme la mise en forme par l’auteur d’un manuscrit, dont le narrateur est un dénommé François de Talane [Taulane, en réalité - Note de C. Arnoult]. Le manuscrit est daté de l’année 1899 (l’année, justement, où paraît Escal-Vigor). L’enfance de François se déroule dans un internat, où les jeux sexuels constituent la principale occupation des collégiens. Adulte, François n’assume pas son dégoût des femmes, et fait des tentatives pour vivre avec sa cousine Lisa, puis avec des prostituées. Malgré son goût pour les hommes, il est réticent à reprendre des relations homosexuelles. Des considérations vaguement psychologiques et déterministes tentent d’expliquer l’anomalie du narrateur : son enfance orpheline entre une tante sèche et ses deux cousines qui le martyrisent, la seuls figure aimante étant celle de son oncle, ne pouvait que le rendre réceptifs aux caresses viriles de ses condisciples de l’Institution Saint Louis de Gonzagues. On apprendra ensuite que le narrateur est en fait amoureux de sa cousine Lisa : c’est donc un amour dédaigné qui l’avait poussé à la débauche. On retrouve l’idée que l’homosexualité est une perversion qu’une meilleure organisation pourrait éviter. Pour le narrateur, les caresses entre hommes sont forcément » infâmes », » ignobles ». Il est indiqué à plusieurs reprises que les rapports sexuels entre hommes sont contre-nature, par exemple lorsque le narrateur insiste sur la douleur ressentie lors de la pénétration :

» Il m’a imposé l’étreinte horriblement douloureuse qui oublie que la fille manquée n’est point tout à fait une femme, que l’amant presque amante n’a point d’organes pour la volupté passive et que mon corps ne peut être pénétré que dans la souffrance ».

L’univers des homosexuels de Han Ryner est désespérant de souffrance, de refoulement, et de conformisme : la morale qui régit les rapports entre hommes est tout à fait semblable à la morale courante » qui admire Don Juan et méprise la femme facile ». Le narrateur est sans cesse déchiré par des désirs impossibles à satisfaire, et lorsqu’il épouse sa cousine, il ne peut avoir de rapports avec elle sans être pris d’un long et profond malaise qui met sa vie en danger ! Finalement, ce n’est pas tant l’homosexualité, que la sexualité en général qui apparaît comme problématique, chargée de mauvaise conscience. Tout à l’inverse de la sexualité des personnages de Georges Eeckhoud, qui est signe de vie et de liberté : on mesure, par ce détour, l’originalité du romancier belge, qui a su s’émanciper du discours dominant de l’époque. (pp.68-69)

Je n'irai pas chercher à défendre Ryner, d'autant que je n'ai pas encore eu la possibilité de lire La Fille manquée. Caroline Granier vise juste lorsqu'elle conclut que "ce n’est pas tant l’homosexualité, que la sexualité en général qui apparaît comme problématique". La souffrance sexuelle est encore traitée à la même époque, c'est-à-dire vers 1900, dans un roman "fangeux" — c'est Ryner lui-même qui le qualifie ainsi —, Le Soupçon, dans lequel un jeune marié sombre dans la jalousie obsessionnelle après qu'il a conçu des doutes sur la virginité de son épouse au moment de leurs noces — tiens ! voilà qui semble encore obséder certains de nos contemporains... En revanche, il serait inexact de penser que Ryner eut toujours eu une vision aussi désespérante de l'homosexualité. Pour s'en convaincre, on n'aura qu'à lire l'article "Amour" de l'Encyclopédie anarchiste (ici). De même, dans Prenez-moi tous ! (1930) et Les Orgies sur la montagne (1935), les évocations d'amours homosexuelles n'apparaissent pas comme malsaines, me semble-t-il.

Voici donc quelques utopies libertaires parmi celles imaginées en langue française. Et le domaine francophone ne représente encore qu'une petite partie de l'ensemble, puisque Michel Anthony nous apprend que les textes à connotation utopique sont encore bien plus nombreux en langue espagnole — ce qui ne nous étonne guère. Pour aller plus loin, on ne manquera pas d'aller consulter les remarquables travaux, très riches, du même Michel Anthony, mis à disposition sur le site des Ressources sur l'utopie, sur les utopies libertaires et les utopies anarchistes. On y retrouvera d'ailleurs le texte de Caroline Granier (mais ce n'est pas une raison pour snober l'édition papier, toujours plus agréable à consulter !).

Références :
Caroline GRANIER
“Quitter son point de vue” — quelques utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle
Introduction & conclusion de Michel Anthony
éditeur : Éditions du Monde Libertaire
collection : Pages libres (ISSN 1158 8438)
date de parution : décembre 2007
ISBN : 9 782915 514087
format : 14 x 21,5 cm, 117 pages
prix public : 10 euros
Pas de ©. Reproduction libre en citant la source.


Table des matières

  • En guise d'introduction — Variété et richesse des utopies libertaires par Michel Anthony p.3
  • Caroline Granier : “Quitter son point de vue” — quelques utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle
    • La fiction, l'utopie et le désir p.16
    • “Cet ordre-là est un vrai désordre” : La Commune de Malenpis, d'André Léo p.23
      • Une commune libre p.24
      • La contre-utopie, ou ce qu'il en coûte d'être sujet p.28
      • La République n'est plus un mot p.32
    • L'utopie anarchiste de Jean Grave : Terre Libre p.37
      • L'association anarchiste idéale p.38
      • Vivre au présent p.40
      • La révolte gronde en Europe p.42
    • Han Ryner : Les pacifiques ou le changement de point de vue p.44
      • Jacques ou le mâle (mal) français contemporain p.46
      • Les mots de l'utopie p.48
    • Bernard Lazare :l'utopien propagandiste des Porteurs de torche p.60
      • L'accoucheur des âmes p.51
      • Le jardin des paroles p.52
    • L'utopie délirante : Les Microbes Humains et Le Monde nouveau de Louise Michel p.54
      • Le monde animal p.55
      • Un roman noir p.57
      • La fin du vieux monde p.60
      • Vers l'utopie p.62
    • Georges Eeckhoud : Escal-Vigor, une utopie sexuelle p.66
      • Les homosexuels entrent en littérature p.67
      • “Une perversion qui relève de la pathologie” p.70
      • Sexualités et décadence p.71
      • Les libertaires et l'utopisme sexuel p.73
    • Ouvrages cités p.77
  • En guise de conclusion : des anarchistes historiens de l'utopie par Michel Anthony p.79
    • Une dynamique équipe lyonnaise en faveur de l'utopie : IRL-ACL p.99
    • L'esprit utopique libertaire comme remise en cause permanente et dialectique du monde et des utopies : WIDMER p.105
  • Table des matières p.111
  • Les Editeurs : Les Editions du Monde Libertaire p.113
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4 juin 2008 3 04 /06 /juin /2008 14:39

En mars 1939 paraissait le premier numéro des Cahiers des Amis de Han Ryner. Le premier... et le dernier avant-guerre ! En 1946, une nouvelle série vit le jour, avec une bien meilleure fortune puisqu'elle compta pas moins de 181 numéros (d'une trentaine de pages chacun), à raison d'une numéro par trimestre jusqu'en 1991. On doit cette longévité en grande partie aux efforts de Louis Simon, mari de Georgette Ryner donc gendre de Han Ryner.

Les CAHR rassemblent une documentation énorme sur Ryner évidemment, mais c'est aussi une mine d'informations pour qui s'intéresse à l'histoire littéraire et/ou aux mouvements anarchistes et pacifistes du XXè siècle et de la fin du XIXè.

En 1978, paraissait une Table trentenaire de ces Cahiers, établie par l'ami Daniel Lérault pour la période 1946-1975. Ce travail était donc à compléter pour les années manquantes. C'est ce que j'ai en partie fait.

« En partie », parce qu'il manque encore l'indexation par mots-clés, sauf pour les noms de personnes auxquelles un article est entièrement consacré. Les auteurs et titres d'ouvrages faisant l'objet d'un compte-rendu sont aussi indexés.

Je livre donc le résultat provisoire de ce boulot en espérant que cela puisse servir à quelque internaute en quête de renseignements dans les domaines évoqués plus haut. Et je rappelle que la collection complète des CAHR est toujours disponible auprès des Amis de Han Ryner (cf. ici).

Vous pouvez télécharger la table :
• soit sous forme d'un fichier PDF (115 p., 700 ko),
• soit sous forme d'un tableau OpenOffice (.ods), plus léger (110 ko) et plus pratique pour faire des recherches, si toutefois vous disposez de la suite OpenOffice (logiciel libre téléchargeable gratuitement sur le site http://fr.openoffice.org/).

TableCAHR-04_06_2008.pdf         TableCAHR-04_06_2008.ods

Bonnes recherches !

C. Arnoult

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 11:56

Lorsque je fis connaître à Pierre Michel, infatigable défenseur de la mémoire d'Octave Mirbeau, la création du blog HR, j'en profitai pour lui signaler l'existence de trois textes où Ryner porte un jugement sur Mirbeau :

— dans Le Massacre des Amazones (1899), une brève étude porte sur Alice Regnault, l'épouse d'Octave Mirbeau, lequel n'est pas tout à fait épargné ;

— dans Prostitués (1904), on retrouve sur Mirbeau un jugement féroce mais non dénué d'éloges, au détour d'une étude sur Gide ;

— enfin, une quinzaine d'années plus tard, à la mort de Mirbeau en 1917, Ryner lui consacre un bel article dans La Caravane, cette fois-ci sans coup de griffe, ce qui correspond sans doute à une double évolution : d'une part de son opinion à l'égard de l'écrivain, d'autre part de sa manière de faire de la critique littéraire.

Pierre Michel m'avait alors demandé si je pouvais préparer une présentation de ces trois textes pour parution dans les Cahiers Octave Mirbeau. Proposition que j'acceptai avec joie.

Dans la dernière livraison de ces Cahiers, on peut donc lire l'intégralité de l'article ainsi que les extraits de Prostitués et du Massacre, enrobés d'une prose plus ou moins digeste par laquelle j'essaie de les resituer dans leur contexte d'écriture.

Je tente d'esquisser en conclusion une comparaison entre les options de vie de ces deux auteurs libertaires et individualistes en réaction à quelque chose qui, chez l'un comme chez l'autre, ressemble bien à une profonde désespérance face à la laideur des temps :

Deux individualistes, deux réactions divergentes : Mirbeau boit la coupe jusqu’à la lie, fouille de sa plume la sanie humaine, décrit noires les horreurs, dresse en baroque furieux des personnalités chaotiques traversées de pulsions d’amour et de mort, puis cherche à se consoler au contact de belles choses, meubles, fleurs, tableaux et belles demeures ; Ryner mène une existence matérielle modeste mais poétise ses idées en figures de songes et, parce que malgré tout « il veut rester dans la réalité », se bâtit, au seul endroit qui lui appartienne vraiment, c’est-à-dire en lui-même, un clair refuge — forteresse stoïcienne entourée du jardin d’Épicure. Et tandis que Mirbeau oblige à contempler dans toute sa laideur la société qui broie l’individu, Ryner érige en héros le réfractaire, individu qui parvient, malgré la société, à se réaliser lui-même en œuvre d’art.

Pour être bien franc, je préfère l'art de vivre rynérien à celui de Mirbeau, d'une part parce que le luxe pour quelques-uns me semble engendrer la misère pour tous les autres (1), d'autre part parce que je crois que Ryner a globalement moins subi sa vie que Mirbeau.

Je reconnais que je n'ai pas mentionné l'une des consolations de Mirbeau — c'est Pierre Michel qui a attiré mon attention sur ce point —, à savoir l'amitié. Et de ce point de vue, on ne peut bien sûr plus opposer aussi simplement Ryner et Mirbeau...

Quant à l'art d'écrire, il n'est pas question pour moi d'avoir de préférence entre les œuvres de ces deux auteurs : toutes les deux sont l'expression de pensées très sincères qui s'expriment sous des formes très originales. J'ai pris grand plaisir à survoler bon nombre d'écrits de Mirbeau lorsque je préparais ma bafouille, et je me promets bien d'approfondir certains textes, notamment Dingo.

Ryner a fort apprécié Le Calvaire (1886), mais ne fait nulle part allusion à L'Abbé Jules (1888) ou à Sébastien Roch (18980). Il n'a probablement pas lu ces deux ouvrages. J'ai pourtant le sentiment — mais je n'ai absolument pas approfondi la chose — que ce sont dans ces livres que l'on trouverait le plus matière à comparaison entre Mirbeau et Ryner.

Je mettrai très bientôt en ligne le chapitre du Massacre des Amazones dans lequel se trouve l'étude sur Alice Regnault et où, coïncidence amusante, est également estourbie Dora Mélégari, qui prit le pseudonyme de Forsan pour se faire écrire des romans par des nègres, dont... Octave Mirbeau ! Mais ce ne sont pas les ouvrages de Forsan dont il est question dans le Massacre.

Quant à l'article des Cahiers Octave Mirbeau, je pense attendre un an et la publication du prochain Cahier pour le copier sur le blog. Je vous encourage bien entendu à vous procurer le numéro actuel de cette revue, fort beau volume de plus de 300 pages, nombreuses illustrations, et des contributions à foison  — notamment une étude de Nathalie Coutelet sur « Le Théâtre populaire de la “Coopération des idées” » (2). Le sommaire détaillé est lisible à cette adresse : http://membres.lycos.fr/octavemirbeau/actualite2008.htm, à partir de laquelle il est d'ailleurs possible d'accéder au bon de commande.

(1) ... malgré ce que disent les économistes libéraux, et d'autant plus à notre époque où l'on commence sérieusement à se rendre compte que nos appétits matériels virtuellement sans limite risquent de nous priver à plus ou moins long terme du strict nécessaire, du fait des limites de la nature (épuisement des ressources) et des réponses environnementales à la pression humaine (changement climatique).

(2) La "Coopération des idées" était une université populaire où Han Ryner fit pas mal de conférences entre 1904 et 1906 : La Philosophie d'Ibsen (le 17/01/1904, au lendemain d'une représentation de Maison de poupée), Rapport des morales et des sociologies (toujours en 1904), ainsi qu'un cycle de 7 conférences exposant son éthique (1904-1905) et un autre de 16 conférences ébauchant une Histoire de l'Individualisme (1905-1906). Cf. Face au public, disponible chez les Amis de Han Ryner.


Référence de l'article :
Clémence ARNOULT : « Deux écrivains libertaires : Han Ryner juge Octave Mirbeau - Autour de deux fragments et d'un article », Cahiers Octave Mirbeau n°15, mars 2008.

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 12:33

Logo des Amis de Han Ryner dans les années 1920 - gravure de Gabriel BelotLes livres suivants sont disponibles auprès des Amis de Han Ryner. Bien que leur publication soit ancienne, ce sont des livres neufs. Pour tous ces titres, on trouve sans trop de peine des exemplaires d'occasion sur les sites de vente de livres anciens, mais pour des sommes bien plus élevées.

Les prix sont donnés ici à titre indicatif. Attention : il faut ajouter les frais de port.

A noter : Les Amis de Han Ryner possèdent aussi quelques exemplaires d'occasion pour d'autres titres. Liste et prix sur demande.

Je rappelle que trois autres livres sont (peut-être) encore disponibles chez leurs éditeurs : Le Père Diogène (voir ici), Le Sphinx rouge et Dans le mortier (voir ).

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Ouvrages de Han Ryner

Couverture de "Amant ou tyran"Amant ou tyran. Manuscrit attribué à Marie Dorval. A. Messein, 1938 (sous couverture de relais Le Pavillon Roger Maria). In-12 br., 160 p. - 7 €.
L'actrice Marie Dorval créa le rôle de Kitty Bell dans Chatterton, pièce qui apporta le succès à Vigny en 1835. Elle fut aussi l'amante du poète. Ryner imagine le récit de l'amour orageux de ces deux incorrigibles romantiques, rapporté deux ans après leur rupture par Marie Dorval elle-même. Une bonne évocation du monde du théâtre et une réflexion sur l'amour et la jalousie.

Couverture de "Contes"Contes. L'Amitié par le Livre, 1968. Dessin frontispice de Léo Hézarifend. In-8 br., 248 p. - 15 €.
Ce livre rassemble 36 contes inédits en volume, mais pour la plupart dispersés dans de nombreux périodiques. Retrouvés, sélectionnés et présentés par Louis Simon, ils sont répartis en quatre parties : Contes de Catalogne et de Provence, Contes prophétiques, Contes dramatiques et Contes sans malice. L'on pourra picorer, selon son humeur, du merveilleux ou du réaliste, de la bonté ou de la cruauté, du rire ou des larmes, de quoi penser et de quoi se divertir. Certains textes ne sont pas loin de la SF, d'autres relèvent de l'humour noir. Ce recueil ne ressemble à aucun des autres livres de Han Ryner.
Attention ! Plus que 4 exemplaires...

Couverture de "Les esclaves"Esclaves (Les). Drame philosophique en un acte. Ed. de l'Idée Libre, 1925. In-16 br., 24 p. - 6 €.
Ce court drame se déroule sous l'empire romain, aux premiers temps du christianisme. Des esclaves, hommes et femmes, jeunes et vieux, s'entretiennent du désespoir de leur condition. Par la voix de Stalagmus, vieil esclave saisi de visions, Ryner oppose un pessimisme anarchiste radical à l'optimisme chrétien d'Agnès, jeune néophyte. Survient le maître. Stalagmus l'étrangle. Contrairement au jeune Géta, qui applaudit au tyrannicide, il sait l'inutilité de son geste, mais n'a plus rien à perdre. La fin de la pièce annonce un dénouement plus tragique encore.

Face au public. L'Amitié par le livre, 1948. In-12 br., 172 p. – 9 €.
Ce volume réunit le texte sténographié, le résumé ou le compte-rendu de 25 conférences prononcées entre 1901 et 1919. Han Ryner avait pensé diviser ce recueil en deux parties : "Parlons Littérature" et "Parlons Philosophie" ; le classement sera finalement chronologique. Côté littérature, on pourra lire des évocations critiques de Balzac, Verlaine, Jules Renard, Rosny aîné…, de Jacques Fréhel aussi, auteure peu connue et amante de Ryner. Cependant, même lorsque l'orateur "parle littérature", le philosophe n'est jamais loin : on trouvera ainsi une intéressante étude sur "La philosophie d'Ibsen" d'un point de vue individualiste. La philosophie propre de Ryner s'exprime en particulier dans "Contre les dogmes", où il expose son point de vue très original sur la métaphysique et la religion, rejetant aussi bien le dogmatisme catholique que le positivisme corseté de certains libres penseurs de l'époque. Chaque "causerie" est par ailleurs brièvement introduite par une présentation d'Han Ryner.

Individualisme dans l'Antiquité (L'). Histoire et critique.
→ voir ci-dessous Actes du colloque Han Ryner.

Couverture de "Jeanne d'Arc et sa mère"Jeanne d'Arc et sa mère. A. Messein, 1950 (sous couverture de relais Ed. du Pavillon, 1969). In-12 br., 210 p, E.O. – 7 €.
Han Ryner était intéressé par la manière dont les hommes déforment les faits pour construire l'Histoire et nombre de ses fictions ont pour objet des figures historiques. A ce titre, Jeanne d'Arc (récemment canonisée à l'époque) lui est une source d'inspiration importante : deux autres livres se rapportent à la sainte cuirassée, et Ryner fit plusieurs conférences à caractère anticlérical sur ce sujet. Dans ce roman, il imagine la fin de l'enfance et l'adolescence de la fringante pucelle jusqu'à son départ au combat. Si nombre de détails relève de la pure invention, une longue préface, qu'il vaut mieux lire après le récit lui-même, témoigne du sérieux de la documentation.

Couverture de "Jusqu'à l'âme"Jusqu'à l'âme. Drame moderne en deux actes. Ed. de l'Idée libre, 1925. In-16 br., 36 p. – 6 €.
Un père doit annoncer à son fils (Robert, 19 ans) qu'il n'est pas l'enfant biologique de sa mère. La mère de sang est en effet une mégère pleurnicheuse et insupportable. Le fiston, à force de patience et de délicatesse, parviendra à réconcilier tout ce petit monde. Au milieu des larmes et des bons sentiments, on pourra cependant entrevoir une curieuse conception du suicide teintée de métempsycose. Une pièce jouée en 1909 par - entre autres - le jeune Louis Jouvet.

Couverture de "Les Orgies sur la montagne"Orgies sur la montagne (Les). Figuière, 1935. In-12 br., 222 p., E.O. – 15 €.
Dans la mythologie grecque, Orphée descendit aux Enfers pour retrouver son épouse Eurydice, tuée par un serpent. Sur le point de la ramener au monde des vivants, il commit l'erreur fatale et la belle lui fut arrachée pour toujours. Mais ce récit de Han Ryner évoque les amours plurales d'Orphée après cet épisode. Dans une lettre à son ami Louis Prat, l'auteur qualifie ce texte de "poème érotique". Prose érotique sans doute, car sur le fond, ce livre chante la volupté charnelle aux multiples formes, et cela avec une audace certaine, mais d'un érotisme bien singulier, car en matière de style, rarement l'on aura vu plus grave lyrisme. Un ouvrage très curieux, qui prend le risque de déplaire aussi bien aux puritains qu'aux amateurs de fredaines.
Attention ! Plus que 4 exemplaires...

Couverture de "Prenez-moi tous !"Prenez-moi tous !. Ed. du Tambourin, 1930. In-12 br., 252 p., E.O. – 12 €.
Encore un Orphée, mais contemporain celui-ci. Cet Orphée se partageait entre plusieurs bacchantes dans L'Amour plural (1927). On retrouve tout ce beau monde, et quelques nouveaux venus, dans une assez grotesque "Fraternité d'Amour", mélange indigeste de camaraderie amoureuse et de Franc-Maçonnerie. C'est qu'à vouloir organiser, ritualiser l'amour libre, on finit par tuer l'amour aussi bien que la liberté. La teneur de ce livre n'est cependant pas complètement ironique, et Han Ryner y avance quelques idées audacieuses sur l'homosexualité, l'avortement...
Attention ! Plus que 8 exemplaires...

Couverture de "Un Art de vivre"Rire du sage (Le), précédé de La Sagesse qui rit. Ed. Sésame, 1959 (sous couverture de relais Ed. du Pavillon et sous le titre Un Art de vivre, 1968). In-12 br., 286 p., E.O. pour le 1er titre – 13 €.
Ce volume reprend un ouvrage édité en 1928, La Sagesse qui rit, et le complète de sa seconde partie restée inédite jusqu'alors : Le Rire du sage. Il s'agit de l'exposé le plus complet de l'individualisme d'Han Ryner, qu'il appelle ici "subjectivisme". On trouvera dans le premier livre les fondements de son éthique, et dans le second les conséquences pratiques qu'il en tire.
Au menu de La Sagesse qui rit, donc, des considérations critiques sur les philosophies, antiques ou plus récentes, qui ont nourri la pensée de l'auteur, ainsi que des réflexions plus personnelles. Au chapitre "Rapports de l'Ethique avec la Métaphysique et la Sociologie", Ryner conclut à la nécessité de séparer nettement la première des secondes. Dans "L'objection déterministe", il tente une réconciliation d'un point de vue éthique du déterminisme et de la liberté.
Le Rire du sage s'intéresse à l'attitude du sage dans ses actes et face à la société. Ryner distingue la "société naturelle", ensemble idéal des individus qui s'entraident librement dans un intersubjectivité respectueuse, de la "société civile", groupement contraint où la fin n'est plus le bien-être de chacun, mais la servitude consentie à la cause des "idoles sociales" (l'Ordre, la Loi, la Patrie, la Race, la Couleur – de peau –, l'Opinion publique…). Un chapitre intitulé "Le régime du Subjectiviste" intéressera les végétariens et végétaliens : Ryner y fait part de sa sympathie pour ces modes de vie et de ses tentatives dans ce domaine.
Le livre indispensable pour qui s'intéresse à la pensée rynérienne.

Couverture de "Le Sillage parfumé"Sillage parfumé (Le). Sésame, 1958, portraits hors texte (Jacques Fréhel et Han Ryner). In-12 br., 168 p., E.O. num. sur Alfa – 12 €.
Jacques Fréhel (de son vrai nom Alice Télot) fut le grand amour d'Han Ryner. Auteure elle-même de plusieurs ouvrages (Le Précurseur - voir plus bas, Déçue, Le Cabaret des larmes…), elle rencontra Ryner en 1899. Cette passion de l'âge mûr (tous deux sont nés en 1861) durera pas loin de vingt ans, dans une semi-clandestinité, jusqu'à la mort d'Alice, emportée par une congestion pulmonaire aux premiers jours de 1918. Celle-ci souhaitait qu'après sa disparition, Ryner dévoile publiquement cet amour trop longtemps caché. Il le fit dans une conférence qu'on peut lire dans Face au Public, et écrivit ce livre de souvenirs mêlés de très nombreuses citations des écrits de la femme de lettre.

Couverture de "Songes perdus"Songes perdus. A. Messein, 1929 (sous couverture de relais Ed. du Pavillon). In-12 br., 236 p., E.O. – 7 €.
Au réveil, nous savons que la majorité de nos rêves nous ont échappé. Han Ryner imagine les "songes perdus" d'une trentaine de personnages historiques, des philosophes ou des penseurs pour la plupart. Des sages antiques (Socrate, Platon, Diogène …) à La Mettrie, Kant et Condorcet, en passant par Jésus, Judas et Saint Augustin, chacun est visité par les visions de son inconscient, qui le confirment en un rêve agréable dans son œuvre de pensée consciente, plus souvent le confrontent en une manière de cauchemar à ses incertitudes refoulées. L'un des meilleurs livres du conteur Han Ryner.

Couverture de "La Soutane et le veston"Soutane et le veston (La). A. Messein, 1932 (sous couverture de relais Le Pavillon Roger Maria). In-12 br., 200 p., E.O. – 7 €.
Han Ryner construit ce roman entre un début et une fin antisymétriques : deux personnages aux noms improbables échangeront leurs fonctions, et l'amour d'une femme. C'est ainsi que l'abbé Marie-Joseph de Sourdoulaud, ecclésiastique adepte du Secret de la Salette et des mortifications ascétiques, voit sa foi s'effriter jusqu'au renoncement à la prêtrise. En parallèle, Lucien Troussillet, libre penseur dogmatique aux pulsions masochistes, s'empêtre dans la logique et finit, pour retrouver un semblant de cohérence, par troquer le veston pour la soutane. Le récit permet à Ryner d'aborder la problématique des dogmes et de la religion. On pourra aussi lire au début du livre une description pittoresque des joutes oratoires qui étaient organisés à l'époque entre catholiques et anticléricaux, toujours dans la plus parfaite courtoisie.

Couverture de "La Tour des peuples"Tour des peuples (La). Genève, Ed. du Mont Blanc, 1947. In-12 br., 191 p. Ex. num. – 10 €.
En une sorte de fresque proto-historique, Han Ryner réécrit le mythe de la tour de Babel. Une multitude de tribus venues du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Asie et d'Europe se retrouvent dans la plaine de Sennaar, aux abords de l'Euphrate. Ils cherchent à concrétiser leur beau rêve de fraternité dans l'édification d'une tour qui symbolisera leur union. Mais l'Amour et la Justice érigés en dogmes finiront par dissoudre l'amour et la justice réels dans la discorde et le sang. Plus lucide que d'autres, le couple métissé formé par l'arya Riphat et Tel-Loh la chaldéenne échappera à la catastrophe. Ecrit en 1917, pendant la "Grande" guerre, ce roman est traversé par le pessimisme social de son auteur et son désespoir face à la folie guerrière. Les temps ont-ils vraiment changé, alors que les grands prêtres du culte rendu aux "idoles sociales" (Argent, Patrie, Idéologie, Religion...) prophétisent le "choc des civilisations" ?

Couverture de "Les Voyages de Psychodore"Voyages de Psychodore (Les). Philosophe cynique. L'Homme et la vie, 1947. In-12 br., 176 p. – 7 €.
Han Ryner s'imagine un double fictif, le philosophe cynique Psychodore, voyageant dans des contrées oniriques, parmi des peuples au mœurs déroutantes, affrontant des situations étranges. En 28 étapes, qui sont autant de petits contes symboliques, Psychodore visite ainsi des pays peuplés d'hommes enracinés comme des arbres, de vivants qui naissent vieillards et meurent nourrissons, de bétail élevant des troupeaux d'humains, de nuages doués de paroles... et verra bien d'autres prodiges encore. Ces pérégrinations font bien sûr penser à d'autres illustres Voyages, ceux du Gulliver de Swift, qu'on peut aussi bien lire comme des aventures divertissantes que comme des symboles philosophiques. Ryner y fait passer tantôt des considérations éthiques, tantôt des rêveries métaphysiques. Si l'édition proposée ici a pâti des restrictions de l'immédiat après-guerre, il s'agit pourtant bien là du livre le plus fascinant de Han Ryner, assurément le plus connu, peut-être le plus beau...

Ouvrages sur Han Ryner

Couverture de "A la découverte de Han Ryner" SIMON Louis. A la découverte d'Han Ryner.. L'homme, la pensée, l'œuvre. Le Pavillon, 1970. Préface de Jean Rostand. In-12 br., 176 p. – 12 €.
Louis Simon, beau-fils et hagiographe d'Han Ryner, n'a cessé d'agir pour que la mémoire et l'œuvre de ce penseur ne sombre pas dans l'oubli. On pourra parfois lui reprocher un certain manque de distance critique. Mais ce livre a le mérite d'offrir une bonne introduction à Ryner. Le découpage thématique permet de balayer assez complètement la vie du "Socrate contemporain" et de se faire une petite idée sur chacun de ses bouquins. Une bibliographie, une chronologie et un "bouquet d'opinions" de personnalités sur Ryner complète utilement le texte.

Couverture de "Un Individualiste dans le social" SIMON Louis. Un individualiste dans le social : Han Ryner. Ed. Syndicalistes, 1973. In-16 br., 144 p. – 9 €.
Bien que revendiquant un individualisme pessimiste quant à l'action sociale, Ryner a pris une part active dans la vie sociale de son époque, par sa collaboration à des revues pacifistes et progressistes, par sa participation au mouvement des universités populaires, par son engagement anticlérical, par son soutien à des essais de "communautés libres" et par l'aide à la défense de contestataires attaqués en justice (Sacco et Vanzetti, par exemple). Louis Simon fait le point sur ces actions et étudie sous cet angle la pensée rynérienne.

Couverture de "La Mort de Han Ryner" MAURELLE Joseph. La Mort de Han Ryner. Meudon, Ed. du Vieux Beffroi, 1954. In-12 br., 95 p. E.O. – 7 €.
L'idée de la mort hante l'œuvre de Ryner. Dans un livre paru en 1930, Crépuscules, il avait imaginé la mort de personnages de toutes les époques, terminant l'ouvrage par la sienne (sous le nom de "Polystès"). En 1938, la réalité rattrapa la fiction, et il se trouva un de ses amis, Joseph Maurelle, pour en faire le récit. Témoignage émouvant, très méditatif, mais d'une ferveur exacerbée qui met mal à l'aise le lecteur. Ce livre contient tout de même des informations intéressantes pour la biographie de Ryner.

Couverture des "Actes du colloque Han Ryner" Collectif. Actes du colloque Han Ryner, suivi de L'Individualisme dans l'Antiquité de Han Ryner, coédition Cira de Marseille / Les Amis de Han Ryner, 2003. In-8, 250 p.- 15 €.
Fin septembre 2002, s'est tenu à Marseille un colloque sur Han Ryner, organisé par le Cira local et les Amis de Han Ryner. Outre une présentation générale de la vie et de l'œuvre de Ryner, on trouvera dans ce livre des études assez pointues sur différentes facettes de l'individu : ses rapports avec le Félibrige, avec la Provence, son action pacifiste et anticléricale, sa conception de Jésus, la diffusion de ses idées en Espagne… Très intéressant aussi, le texte, de Ryner cette fois, sur l'individualisme dans l'antiquité : il s'agit d'une lecture individualiste de certaines philosophies antiques (les sophistes, Socrate, les cyrénaïques et épicuriens, les cyniques et stoïciens). Une petite synthèse très pédagogique, qui n'a rien perdu de son intérêt.
En savoir plus...

Cahiers des Amis de Han Ryner

ROSACE.png Cette revue trimestrielle parut avec une belle régularité de 1946 à 1991, ce qui représente plus de 180 numéros d'une trentaine de pages, réalisation remarquable que l'on doit en grande partie aux efforts de Louis Simon.
De Han Ryner, on pourra y lire des textes inédits, des lettres, des notes de travail, des brouillons, des articles (philosophiques, politiques, critiques...) parus dans des journaux aujourd'hui introuvables.
Sur Han Ryner, on trouvera des souvenirs et des anecdotes de ceux qui l'ont connu, des textes de critique littéraire sur ses ouvrages, des réflexions sur sa pensée et son œuvre.
Les Cahiers des Amis de Han Ryner fourmillent en outre d'informations intéressantes sur la vie littéraire de la fin du XIXe et de la première moitié du XXe siècle, ainsi que sur les milieux pacifistes, anticléricaux et libertaires individualistes, les "amis de Han Ryner" venant d'horizons fort divers.
Une très utile "Table trentenaire" permet de rechercher rapidement une information dans les numéros des trente premières années. Le complément pour les 16 années manquantes est en préparation, mais il faudra encore être patient !

table.jpg La collection complète est disponible, comprenant :
- Le N°1, mars 1939 (seul numéro paru avant-guerre)
- Nouvelle série, du n°1 (janvier-mars 1946) au n°180/181 (avril-septembre 1991)
- La Table trentenaire 1946-1975
Quelques rares numéros sont photocopiés. L'ensemble : 120 €.

Divers (Jacques Fréhel, Louis Simon et Georgette Ryner)

Certains ouvrages de Louis Simon et Georgette Ryner (respectivement gendre et fille de Han Ryner) sont disponibles, ainsi qu'un livre de Jacques Fréhel (pseud. Alice Télot), compagne de Ryner pendant une vingtaine d'années. Pour plus de précisions et connaître les prix, consulter les Amis de Han Ryner. Les couvertures sont visibles dans l'album "Etudes & Proches".

Couverture de "Le Précurseur" de Jacques FréhelFREHEL Jacques :
Le Précurseur. L'Amitié par le Livre, 1979. Ill. de J.-C. Goossens. 240 p. Un phalanstère féminin en pays breton.

Quelques couvertures de livres de Georgette RynerRYNER Georgette :
- Dans la ronde éternelle. Ed. de l'Idée Libre, 1926. 70 p. Poèmes en prose.
- L'Adolescente passionnée. L'Amitié par le Livre, 1968. 71 p. Récit plus ou moins autobiographique.
- Qui êtes-vous mes enfants ? Journal d'une maman. L'Amitié par le Livre, 1975. Frontispice de Léo Hezarifend. 150 p. Le titre parle de lui-même.

Quelques couvertures de livres de Louis SimonSIMON Louis :
- Dialogues sur l'avenir - Chers petits, qu'allez-vous devenir ?. L'Amitié par le Livre, 1977. 52 p. Dialogues imaginaires entre l'auteur, sa femme Georgette, son beau-père Han Ryner et quelques autres .
- le triptyque des Plurades : Multiples (Orphée, 1964, 92 p.), Traité des Plurades (Chambelland, 1973, 77 p.) et Intercalaires (Chambelland, 1976, 71 p.). Etranges poèmes cosmogoniques farcis de néologismes.
- Sur les exponentielles superposées. Librairie scientifique et technique Albert Blanchard, 1966. 40 p. Etudes mathématiques - L. Simon était professeur de mathématiques.

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28 juin 2007 4 28 /06 /juin /2007 12:13

Je suis heureux de signaler un article de Vittorio Frigerio dans le dernier numéro de la revue Histoires Littéraires, article intitulé "Han Ryner et les paraboles historiques" (p. 25 à 42 du numéro 30).

L'étude porte en réalité sur deux aspects, ce que le titre ne met pas en évidence.

Dans une première partie, Frigerio s'interroge sur l'anarchisme de Han Ryner : peut-on considérer Han Ryner comme un auteur anarchiste (1) ? Tout en brossant un tableau de l'évolution des écrits de Ryner, il étudie donc la réception de son oeuvre dans la presse anarchiste, citant des critiques de Devaldès, Grave, Libertad, Wullens... Critiques qui tournent toujours autour des mêmes axes : tendance rynérienne au mysticisme, pacifisme absolu, éloge du détachement. En passant, Frigerio souligne bien la rupture qui a lieu vers 1900 entre une première période qu'il qualifie de "naturaliste" et le reste de l'oeuvre où Ryner s'insoucie du contemporain (2).

Dans la seconde partie de l'article, l'auteur s'intéresse à un texte bien précis : le feuilleton Mon frère l'Empereur paru en 1937 dans La Patrie Humaine, journal pacifiste. Cette analyse est introduite par des considérations sur le récit historique comme support de propagande anarchiste. Puis Frigerio s'attache à comparer cette vie d'Othon selon Ryner au récit qu'en fait Tacite, mettant en évidence le renversement de point de vue opéré par Han Ryner (3).

Cette étude m'a intéressé à plusieurs titres : elle livre des points de vue défavorables à Han Ryner (ce qui n'est quasiment jamais le cas aux CAHR...), s'inscrit dans une perspective comparative qui jusqu'alors n'a guère été appliquée à l'oeuvre rynérienne (4), et s'intéresse à un texte difficilement accessible dans son intégralité (5). Je souhaiterais qu'elle ouvre la voie à d'autres travaux du même type.

Vittorio Frigerio est professeur au Département de français de l’Université Dalhousie (Canada), responsable de la revue en ligne Belphégor, consacrée à l'étude des littératures populaires et de la culture médiatique. Il travaille en ce moment sur les relations entre la littérature et le mouvement anarchiste (fin XIXe - début XXe). Dans ce cadre, il s'est intéressé aux rapports entre Zola et les anarchistes (Émile Zola au pays de l’anarchie, Ellug, 2006). C'est aussi un spécialiste d'Alexandre Dumas. Il est enfin l'auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. Voir ici et .

(1) Question récurrente qui a été longuement traitée par Hem Day dans Visage d'un centenaire, éd. Pensée & Action, 1963 (p. 83 à 105). Pour ma part, je vois les choses ainsi : si l'on veut bien considérer l'anarchiste comme celui ou celle à qui il est tout aussi odieux de commander que d'obéir, alors assurément Han Ryner est anarchiste. La question du plein développement de sa propre personnalité, par exemple, me semble alors une question liée mais presque secondaire (c'est d'ailleurs peut-être dans ces parages que j'établirais une distinction entre "anarchiste" et "libertaire") - il y a évidemment là matière à d'interminables débats.
(2) Frigerio est peut-être un peu catégorique quand il écrit que, lors de ce tournant, Ryner "délaisse une bonne fois pour toute son époque pour restituer à la vie d'anciens philosophes grecs [etc.]". Le Père Diogène, L'Amour plural, Prenez-moi tous !, La Soutane et le veston sont des romans qui ont pour cadre leur époque d'écriture. Il est cependant certain que ces textes n'ont pas pour ambition d'étudier une réalité contemporaine, mais fonctionnent davantage comme des fables. Peut-être est-ce dans ce sens-là que l'entend Frigerio.
Je chicanerais aussi sur un minuscule détail : on trouve déjà le classement bibliographique en quatre parties - que Frigerio attribue à Rosny aîné dans un texte datant probablement de 1920 - dans Le Rythme en 1912 sous la plume de Banville d'Hostel, qui l'attribue lui-même à M.-C. Poinsot ! J'ai tendance à penser que la paternité de la chose revient à Ryner lui-même, mais je ne suis pas en mesure de le prouver.
(3) Cette méthode comparative devrait être appliquée à plusieurs autres ouvrages : Le Cinquième évangile et Les Véritables entretiens de Socrate, sans doute aussi Le Fils du silence.
(4) Il y a cependant des choses intéressantes de ce point de vue dans la thèse de Gérard Lecha (Han Ryner ou la pensée sociale d'un individualiste au début du siècle, Tours, Université F. Rabelais, 1993) et dans celle de Caroline Granier ("Nous sommes des briseurs de formules". Les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Paris 8, 2003).
(5) Les CAHR n'avaient pas achevé la republication de Mon frère l'Empereur lorsque leur parution a été interrompue en 1991.

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 16:10

Ci-dessous une petite présentation du contenu d'un ouvrage récent (2003) consacré à Ryner.
Référence : Actes du colloque Han Ryner, suivi de L'Individualisme de l'Antiquité de Han Ryner, 2003, coédition CIRA de Marseille/Les Amis de Han Ryner, 250 p., toujours disponible auprès des Amis de HR, pour la modique somme de 15€.


Couverture des "Actes du colloque Han Ryner" Les 28 et 29 septembre 2002 se tenait à Marseille, sous l'égide du CIRA de Marseille et des Amis de Han Ryner, un colloque consacré à Ryner.

Un an plus tard étaient édités les actes de ce colloque. Ce livre rassemble les textes et contributions de quatorze intervenants.

Les Actes s'ouvrent sur des rappels biographiques et des considérations généalogiques avec l'intervention de Suzanne Weigert, épouse de Jean-Paul Simon, qui est l'un des petits-fils de Ryner. C'est Jean-Paul justement qui poursuit, en racontant quelques souvenirs liés à Ryner.

Puis Felip Equy nous donne un "bref aperçu de l'oeuvre écrite de Han Ryner" - aperçu peut-être "bref", mais quasiment exhaustif.

Nous entrons alors dans une partie plus pointue consacrée aux rapports de Ryner avec la Provence. René Bianco (1) en fait une synthèse et donne un inventaire des poésies écrites en provençale par Ryner. Les Actes reprennent à ce sujet un article de Jean Deyris paru dans le tout premier numéro des Cahiers des Amis de Han Ryner. Rappelons que Henri Ner a passé presque toute son enfance en Provence, en particulier à Rognac près de l'étang de Berre, mais c'est arrivé à Paris qu'il fréquentera le Félibrige. Marcel Bonnet donne un très intéressant "Portrait félibréen de Han Ryner" (2) . Claude Barsotti présente Jorgi Reboul, "poète et homme d'action" marseillais, qui fut un ami de Ryner.

Quittons la Provence pour l'Espagne. Dolors Marin étudie la diffusion de la pensée rynérienne au sein de l'anarchisme ibérique. Son texte est riche d'informations inédites et montre que l'individualisme anarchiste eut son influence dans l'Espagne anarcho-syndicaliste des années 1920-1930 (3).

Après un petit rappel de Gilbert Evenas sur le pacifisme de Ryner, Daniel Lérault fait l'inventaire très documenté des "petites revues" pacifistes politico-littéraires auxquelles Ryner collabora durant la guerre.

André Panchaud nous donne ensuite une petite synthèse sur "Han Ryner et la religion" (4). Puis, dans une étude très érudite, Armand Vulliet analyse une conférence contradictoire entre Ryner et P.-L. Couchoud sur la question de l'existence de Jésus (5), en confrontant les arguments des deux contradicteurs aux données actuelles (qui ne permettent d'ailleurs pas de trancher !).

Enfin, en se basant sur l'article "Individualisme (anarchisme harmonique)", Gérard Lecha, auteur de la seule thèse menée à ce jour sur Ryner (6), nous livre l'essentiel de l'éthique rynérienne (7). Et comme dans notre pays tout se termine par une chanson, Gilbert Roth clôt le colloque sur une parodie ad hoc de la Complainte de Mandrain.

Un "petite histoire des Amis de HR" et deux forts index (personnes et périodiques) complètent utilement l'ouvrage, et quelques illustrations bien choisies enjolivent le texte (8).

Mais il aurait été dommage de ne pas donner à lire quelque texte de Ryner lui-même. C'est pourquoi, à la suite des Actes, est rééditée une brochure de 1924 : L'Individualisme dans l'Antiquité. Basée sur des conférences faites au début du siècle dans les Universités Populaires (9), cette étude passe en revue quelques philosophes et écoles philosophiques antiques, mettant en exergue ce que leurs pensées pouvaient avoir, selon Ryner, d'individualiste. Sont ainsi présentés sous cet angle les sophistes - dont Socrate, les Cyrénaïques, Epicure, les Cyniques et les Stoïciens.


(1) René Bianco est décédé en juillet 2005. Historien, il fut l'un des fondateurs du CIRA de Marseille et est l'auteur d'une thèse monumentale : Un siècle de presse anarchiste d'expression française, 1880-1983 (Aix-en-Provence, 1988, 7 volumes !), dont il serait intéressant, à mon humble avis, de faire une édition numérique. C'est lui qui fut à l'origine de ce colloque sur Han Ryner. On peut aussi noter que le dernier article qu'il publia dans le Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologique de Draguignan et du Var (tome XLIII, 2003/2004) s'intitulait: "Un écrivain franco-provençal méconnu : Han Ryner [Henri Ner] (1861-1938)".
Notice biographique sur R. Bianco

(2) Il s'agit d'un article publié en provençal dans la revue L'Astrado en 1995, traduit ici par R. Bianco.

(3) Rappelons que la CNT, anarchosyndicaliste, compta plus d'un million d'adhérents, que la guerre civile espagnole (1936-1939) se doubla d'une révolution par bien des aspects libertaire, et qu'une bonne partie des combattants "républicains" n'étaient autres que des anarchistes. L'action du courant libertaire, très largement occultée, commence à trouver sa juste place dans les ouvrages sur cette période. Cf. par exemple Espagne libertaire, de Gaston Leval (lire en HTML ou en PDF).

(4) Panchaud pointe bien l'antidogmatisme de Ryner qui est une des bases dans son combat anticlérical. J'ajouterais cependant que cet antidogmatisme s'appliquait aussi bien au positivisme des libres-penseurs qu'aux métaphysiques religieuses. Cf. Contre les dogmes, conférence de 1903 reprise dans Face au public (1948).

(5) La Vérité sur Jésus (1926). Paul-Louis Couchoud faisait partie des historiens rationalistes (tels que Alfaric et Ory) qui récusait l'existence de Jésus et développait une thèse "mythiste". Face à Couchoud, Ryner défendait l'historicité de Jésus.

(6) Han Ryner ou la pensée sociale d'un individualiste au début du siècle, Tours, Université F. Rabelais, 1993.

(7) Je ne suis cependant pas d'accord avec Lecha lorsqu'il avance que, pour Ryner, "le pouvoir doit revenir à une élite dont la fonction est de se pencher scientifiquement sans doute - mais surtout philosophiquement ! - sur les problèmes posés par la survie de l'espèce". Que Ryner ait considéré que la sagesse n'a jamais été et ne serait probablement jamais l'apanage que de quelques individu-e-s, cela se vérifie. Que la survie de l'espèce humaine soit actuellement chose problématique, on peut en trouver de nombreux indices dans l'état du monde. Mais sur la question du pouvoir, Ryner n'a-t-il pas écrit, à propos de Marc-Aurèle : "Il enseigne, ilote mélancoliquement ivre, qu'un empereur philosophe est un monstre non viable et que le gouvernant dévorera nécessairement le philosophe " (L'Individualisme dans l'Antiquité) ? Mais je n'ai peut-être pas bien compris ce qu'a voulu dire Lecha, car je n'ai pas de réserves pour tout le reste de son intervention.

(8) Exception faite d'une bien obscure photo de groupe représentant quelques participants dans la rue Han Ryner à Rognac...

(9) Un siècle avant Michel Onfray, Ryner fit lui aussi sa "contre-histoire" de la philosophie, dans un cycle de conférences sur "L'Histoire de l'Individualisme" (dans l'Antiquité, au Moyen-Age...).

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 09:50

En-dehors du Père Diogène (voir ici), deux ouvrages sont peut-être encore disponibles auprès de leurs éditeurs.

Remarque : de nombreux autres livres sont disponibles auprès des Amis de Han Ryner - voir la liste.


Dans le mortier, réédité en 1994 chez Micberth (sur le site, c'est à la rubrique : Divers). Présentation au catalogue :

mortier94.jpgDans le mortier par Han Ryner
Dans le mortier, écrit en 1929 et publié pour la première fois en 1932 chez Albert Messein, nous permet d'assister « aux premières loges », pour ainsi dire, aux supplices effroyables qui furent infligés à certains grands martyrs de l'humanité choisis par Han Ryner pour l'exemplarité de leurs destins.
Grâce à sa considérable érudition, l'auteur nous présente, comme s'il avait été lui-même un chasseur d'images en action lors des événements, les péripéties, les faits et gestes les plus vraisemblables qui accompagnèrent la mise à mort par les autorités en place de Zénon d'Élée, de Phocion, d'Ignace le Théophore, de la belle-mère de Peytavi, de Michel Servet, de Pierre Ramus, de Jules-César Vanini, de Claude Brousson et de Francisco Ferrer.
Ce qui relie les destins, pourtant fort différents dans leur ensemble, de ces neuf personnages, c'est qu'ils commirent le crime, chacun en son temps, de penser librement et de ne point le cacher.
Format 14 X 20. 196 pages. Prix : 33 €.

L'édition est établie et préfacée par Gérard Lecha, qui a consacré une thèse de lettres modernes à Ryner (1) : Han Ryner ou la pensée sociale d'un individualiste du début du siècle.


Le Sphinx rouge, réédité en 1985 chez Ivan Davy (coll. Cahiers de l'Institut d'histoire des pédagogies libertaires). Voici ce qui en est dit sur la page de l'éditeur :

sphinx-idavy.jpgLe Sphinx rouge par Han Ryner (réédition)
Contributions de M. Décaudin, A. Simon, J.-P. Caro.
192 pages, format 13,5 × 21 cm Prix : 12,20 euros

L’éducation a toujours été une préoccupation essentielle pour toutes les tendances du mouvement anarchiste. Mais si les projets, les ébauches, les réalisations concrètes viennent pour certains courants comme des « passages obligés » de la réflexion, l’éducation et la pédagogie ne sont pas les thèmes habituels des écrits individualistes.

Pourtant, l’histoire de Sébastien de Ribiès nous emmène dans une réflexion sur des problèmes qui sont bien, en définitive, des problèmes d’éducation.

En outre, les personnages sont tous, directement ou non, confrontés à la guerre. Et, par cette fiction, Han Ryner exige de ses lecteurs qu’ils s’interrogent sur ce que sera « l’éducation pour la paix » sans laquelle rien ne subsistera.
ISBN 2-86750-007-9

Adresse : Éditions Ivan Davy - La Botellerie - 49320 Vauchrétien.

[Ajout fin janvier 2010 : le site internet de l'éditeur a, semble-t-il, disparu. Je ne sais pas si le Sphinx rouge peut toujours être commandée à l'adresse mentionnée. En revanche, les Amis de Han Ryner ont récemment pu récupérer des exemplaires de cet ouvrage : voir la page des ouvrages disponibles.]


Je rappelle que je n'ai pas de certitude sur la disponibilité de ces ouvrages - si quelqu'un en sait davantage, merci de me l'indiquer en commentaire.


(1) A ce jour, c'est d'ailleurs la seule entièrement consacrée à Ryner.

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22 mai 2007 2 22 /05 /mai /2007 15:43

Nous sommes heureux d'apprendre la réédition d'un roman de Han Ryner : Le Père Diogène, initialement paru en 1920 chez Eugène Figuière. Ce roman avait été écrit en 1915 ou 1916 (1), en pleine guerre. L'écriture d'un autre de ses livres, L'Ingénieux hidalgo Miguel Cervantès (biographie romancée parue en 1926) date de la même époque. Le "Père Diogène" est un peu le Don Quichotte de Ryner : celui dont la folie dit la sagesse.

Alain Pengam signe une large préface bien documentée, qui trace très utilement la limite entre l'auteur et son personnage. Le père Ryner n'est pas le père Diogène, même s'il met de ses pensées dans la bouche de son personnage. Rendre à chacun ce qui lui est propre est une tâche qui n'a rien d'évident, mais A. Pengam s'en est bien acquitté.

Ryner lui-même avait écrit un article sur ce livre, une "préface volante" selon son expression. Vous pouvez la lire ici.

Voici la quatrième de couverture de cette réédition :

pere-dio-couv.PNG Julien Duchêne aurait pu devenir, à la Sorbonne ou au Collège de France, le professeur à la mode, le Bergson de demain. Mais comment occuper une chaire quand on sait qu’ « enseignée officiellement, la vérité devient mensonge » ? Renonçant bientôt à ses fonctions, mais aussi à son toit, au mariage, à l’argent, et jusqu’à ses vêtements, le professeur Duchêne devient le père Diogène. Muni du bâton, des sandales et de la besace caractéristiques, il tente de vivre, à la veille de la Grande Guerre, selon les préceptes des philosophes cyniques de l’Antiquité. On devine que la tentative – scandaleuse et jalonnée de scandales – ne va ni sans mésaventures ni sans amusants enseignements critiques.
Au fil de situations comiques et graves, Le Père Diogène, jamais réédité depuis 1920, dévoile son véritable enjeu : la sagesse recherchée à partir du cynisme et du stoïcisme a pour monde une communauté universelle sans classes et sans État.
Injustement oublié, Han Ryner (1861-1938) est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages. Son œuvre théorique et romanesque est élaborée à partir de la philosophie grecque, selon une approche qui creuse l’écart entre, d’un côté, une visée d’harmonie et, de l’autre, les multiples variantes justificatrices de ce qu’il appelle le « dominisme » et le « servilisme ».

Références de l'édition :

Han RYNER
Le Père Diogène
Précédé d’une préface d’Alain Pengam
« Être soi magnifiquement et réfractairement »
éditeur : Éditions Premières Pierres
année de parution : 2007
ISBN : 2-913534-07-4
format : 12 x 18 cm, 288 pages
prix public : 19 euros

Ce livre a bénéficié de critiques dans plusieurs journaux . Extraits :

[…] l’une des réussites de l’infatigable Han Ryner – pseudonyme d’Henri Ner (1861-1938), figure bien oubliée d’une anarchie si radicale qu’elle se défiait de l’anarchie.
Jean-Maurice DE MONTREMY, dans Livres Hebdo du 27 avril 2007.
[Han Ryner] rédigea « le Père Diogène », une fable introductive à sa méthode libertaire. Son roman, « d'un comique intense », précisait-il, il le résumait ainsi : « Le héros essaie de vivre, dans notre siècle , l'existence philosophique des anciens sages. On devine sans peine que la tentative ne va ni sans mésaventures ni sans amusants enseignements critiques . » Comme son personnage, Julien Duchêne, qui abandonne son salaire et son costume de professeur d'université pour la bure et les sandales du cynique, Han Ryner fut un brillant orateur. S'il aimait les petites gens, il se méfiait des actions collectives et violentes. A la révolution sociale, il opposait la libération intérieure. Il l'exposait avec une sorte d'élégance dans le fond comme dans la forme, ce qui n'empêchait pas la radicalité.
LISEZ HAN RYNER ! L'anar perdu, par Laurent LEMIRE, dans Le Nouvel Observateur du 10 mai 2007 (voir ici)
[...]puisque le Père Diogène est là, jouissons-en ! Les romans philosophiques sont rarement aussi peu politiquement corrects, aussi «énooormes» et drôles, caustiques, irrévérencieux. Certes, le père Diogène n'est pas Ryner, mais dans les propos qu'il tient aux uns et aux autres tout au long de ses pérégrinations, il y a, évidemment, beaucoup de ce que la pensée de Ryner visait : l'idéal cynique d'une vie simple et naturelle, l'utopie d'une communauté humaine «sans classes et sans Etat», le rêve d'une société guérie des addictions au pouvoir et à l'argent, aux apparences, aux glorioles, aux superstitions, au «servilisme» .
Ayant quitté l'université de Platanople, après s'être débarrassé de tout pour ne garder qu'une besace, des sandales, une bure et un bâton, le nouveau Diogène arrive à Paris, et, accompagné d'un ivrogne métamorphosé en «Ménippe, cynique et satirique» , en fait des vertes et des pas mûres. Il monte d'éclatantes «actions héroïques», contre l'Eglise, le Palais de justice, l'Académie, la Chambre des députés ­ suscitant partout scandales, tumultes et empoignades. Il connaît Dora, «Hipparchia moderne» . Et voilà que tous deux se mettent nus sur les Champs-Elysées. La guerre venait d'éclater, et lui, le père Diogène, sortait de Sainte-Anne. «Il s'est trouvé des agents pour arrêter ma nudité, belle, forte, sincère ; il s'est trouvé un asile où m'enfermer parce que j'obéissais à ma chaste nature ! Il ne se trouvera aucun agent en France ou en Allemagne, en Autriche ou en Russie, pour arrêter gouvernants et états-majors, pour enfermer les quelques fous qui vont causer d'immenses massacres, qui vont multiplier les agonies, les deuils, les misères.» Il s'était juché sur un banc. Les gens, devant lui, «se bouchaient les oreilles» .
Une bouffée de Diogène - Un drôle de roman philosophique de Han Ryner, l'anarchiste individualiste, par Robert MAGGIORI, dans Libération du jeudi 17 mai 2007 (voir ici).
Si Le Père Diogène n’est pas une œuvre grandiose, cette curieuse fable soulève des questions intéressantes.
Car elle condamne, par le rire, les rébellions visibles au nom de la révolte absolue. Ce qui rend ridicule et pitoyable ce bonhomme Diogène, ce n’est pas principalement de reproduire, de manière naïve et maladroite, dans le Paris de 1913, des faits et gestes issus de l’Athènes du IVe siècle. C’est au contraire d’être théâtral. L’erreur est de donner sa révolte en spectacle, de croire que l’exemple sera suivi, de s’imaginer qu’une pédagogie de la subversion est possible. Sous la farce et l’anachronisme, la critique s’adresse, finalement, au vrai Diogène. Elle cherche à lui dire à peu près ceci : tu en fais trop pour être un vrai rebelle, tu n’es qu’un philosophe de théâtre, car tu t’intéresses bien plus à la renommée de ta révolte qu’à sa réalité ; en fait, ce que tu aimes, c’est qu’on parle de toi […].
Roger-Pol DROIT, dans Le Monde des livres du 11 mai 2007.

En lisant la "préface volante" au Père Diogène, on devra reconnaître que Roger-Pol Droit a visé assez juste. Ryner y écrit : « Le père Diogène est fou, parce qu'il se veut apostolique.[...] Ce ne sont pas les seuls cyniques, ce sont tous les militants de toutes les religions, de tous les partis, de toutes les affirmations et de toutes les négations qui se déforment en instruments de propagande, qui forcent le ton dans l'espoir absurde de conduire vers la note juste ; qui, avec leur désharmonie à demi-volontaire, s'imaginent construire des harmonies étrangères. » (2)

Nos amis d'Outre-Quiévrain ne sont pas en reste :

Pure félicité de l'esprit que ce Père Diogène surgi d'un lointain et incertain Platanople, terroir de philosophie situé quelque part entre la Grèce antique et la France du XXe siècle. Arrière-descendant du célèbre cynique de Sinope qui, résidant dans un tonneau et imperméable aux honneurs, à la fortune et aux conventions, cherchait l'homme un midi à Athènes avec une lanterne sur le nez et enjoignit un autre jour à Alexandre le Grand de s'ôter de son soleil.
[...] Il fait grand bien, par ce temps, de respirer le grand air par trop démodé d'une juste impertinence. Il est succulent de se laisser dire, avec une telle beauté dans les mots, qu'il n'est de pensée qu'à condition de ne pas penser comme les autres. Il est un ravissement de l'intelligence d'écouter le Père Diogène, répondant à un disciple éphémère et inconsistant qui geint que tout est mensonge dans l'amour, le mariage et l'administration des Postes : "Toute la vie sociale est mensonge, mon pauvre ami. Tu l'as constaté dans le peu que tu connais. Le reste ne vaut pas mieux". L'époque est-elle mûre encore pour entendre une saine contestation de ses pires manipulations ?
Un Diogène magnifiquement soi, par Éric de Bellefroid, dans La Libre Belgique du 25 mai 2007 (voir ici).

A leur tour nos amis helvètes ne peuvent plus ignorer le Père Diogène. Malheureusement, la personne qui a fait le compte-rendu n'a pas dû bien lire le bouquin, alors elle imagine :

«Etre soi magnifiquement et réfractairement», c'est la devise du père Diogène, qui abandonne une prometteuse carrière universitaire après l'échec d'un mariage bourgeois ruiné par les préjugés sociaux. Il jette aux orties sa défroque respectable et s'en va tout nu sur les chemins, mendiant son pain. Mais les gendarmes guettent: par gain de paix, le prêcheur accepte de revêtir la tunique du philosophe cynique.
Libre, stoïque et cynique, par Isabelle Rüf, dans Le Temps du 26 mai 2007 (voir ici).

"Echec d'un mariage" ? De mariage, il n'y eut point... Quand à la bure, elle est revêtue avant même le départ de Platanople. La conclusion est bien sympathique quand même, bien que le "marxistes" soit, à mon humble avis, de trop :

Paru en 1920, ce texte roboratif d'un conférencier à l'éloquence joliment datée renvoie aux penseurs anarchistes et marxistes, sur le mode du conte philosophique.

L'hebdomadaire Marianne s'y met aussi. Le critique juge le roman "un peu lourd", ce qui est affaire de goût et par conséquent opinion respectable. Par contre, il me paraît bien près du contre-sens quand il écrit :

[Le père Diogène] est un original, un vrai. ll fuit les curés, ignore les gendarmes, provoque des empoignades, se dénude sur les Champs-Elysées et traque tous les signes de servilité et de course à la gloriole comme nul autre. Son but : harmoniser son être. Sa méthode : lever les contraintes sociales. En un mot, épouser l'idéal cynique de la vie simple. Le servilisme étant l'opposé de celui-ci, il faut l'abattre. Ainsi pensait Han Ryner, ce professeur qui ne voulait endosser aucune livrée, pas même celle de philosophe !
Qu'est-ce que le servilisme ?, par Ph. P., dans Marianne du 2 juin 2007.

Si "harmoniser son être" est bien l'objet de la sagesse selon Ryner, "lever les contraintes sociales" ne saurait constituer une méthode. S'harmoniser passe par un patient travail de connaissance de soi. Il s'agit de passer au crible les éléments d'origines variées qui composent notre personnalité pour en retenir ceux qui nous sont essentiels, rejeter, amoindrir ou sublimer ceux qui nous sont superflus ou nuisibles. C'est du moins ainsi que je comprends Ryner dans Le Subjectivisme ou La Sagesse qui rit et Le Rire du sage. En progressant dans ce travail sur soi, tout intérieur, on peut (on doit) être amené à contester, contourner ou attaquer lesdites "contraintes sociales". Adopter un nouveau genre de vie est alors une conséquence ou une étape de l'harmonisation de soi-même, mais ce n'est pas la méthode qui y conduit. Dans Le Père Diogène, Ryner montre justement qu'à vouloir à toute force "lever" ces fameuses contraintes sociales, en usant de soi-même comme d'un instrument de musique dont on forcerait le ton, pour tout résultat, on risque de briser son harmonie propre. Le père Diogène trompette et corne aussi fort qu'il peut, sa partition peut bien être exacte, il sonne toujours aussi faux.

Une toute petite recension dans Politis. Le Père Diogène y est qualifié de "curiosité philosophie enthousiasmante" (Diogène libertaire, dans Politis du 14 juin 2007, voir ici).

Anarlivres, l'indispensable site bibliographique de l'anarchisme francophone, a rendu compte du Père Diogène en des termes qui dénotent une belle compréhension :

L’homme-nature. Se rendant compte qu’« enseignée officiellement, la vérité devient mensonge », un brillant professeur de philosophie largue un jour les amarres et va par les chemins, en robe de bure, muni d’une besace et d’un bâton, vivre selon les préceptes des cyniques grecs de l’Antiquité. Dorénavant, il sera libre, rejettera toute autorité, n’obéira à aucune convention et vivra selon la nature. L’aventure, au gré des rencontres, est riche de situations cocasses mais aussi d’enseignements critiques jamais ennuyeux. Ce nouveau Diogène est-il Han Ryner ? Oui et non ! L’un et l’autre estiment qu’obéir est la pire erreur après commander, mais le second n’a jamais donné sa révolte en spectacle. Car le paradoxe est là. Peut-on espérer que l’exemple sera suivi, que la subversion puisse être enseignée ? Cette révolte théâtrale est parfaitement ridicule. Mais une rébellion intérieure, qui ne s’affiche jamais, s’apparente à l’acceptation de l’ordre établi. Alors ? La solution est peut-être dans la citation-titre de la préface : « Etre soi magnifiquement et réfractairement. »
L'homme-nature, http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html, juin 2007.

Dans le dernier numéro de La Presse Littéraire (n°11, septembre 2007), Stéphane Beau (3) résume Le Père Diogène et conclut de la manière suivante :

Le Père Diogène n’a aucunement vieilli et les réflexions mises en avant par Han Ryner restent parfaitement d’actualité. Raison de plus pour relire ce petit livre plein de charme et de profondeur.

Nous ne saurions mieux dire !


[Ajout du 22 septembre 2009] Un CR dans L'Humanité qui m'avait échappé ! Petit extrait :

Ryner revendique des opinions libertaires. On n’est pas plus obligé de les partager qu’on ne l’est face à l’oeuvre d’un écrivain affichant de hautes ambitions philosophiques. Mais on ne peut lui dénier un bonheur d’écriture et un art de conter ses histoires qui ne sont pas sans rappeler Anatole France ou Octave Mirbeau, deux esprits caustiques de son époque. C’est d’ailleurs dans la satire du monde bourgeois que Ryner est le meilleur, peut-être parce que la substance littéraire y est chez lui la plus consistante. Les fines observations psychologiques qu’il rapporte avec un plaisir évident se combinent à un subtil décryptage de ce monde honni dont il s’amuse à dévoiler la complexité et les mesquineries. Peut-être frise-t-il parfois les procédés du théâtre de boulevard, mais quand l’exercice est réussi, pourquoi bouder son plaisir ?
Le retour de Han Ryner, par François Eychart, dans L'Humanité du 1er décembre 2007. Cf. ici.

 

Je ne sais pas si M. Eychart le sait, mais Han Ryner donna en son temps quelques contes à L'Huma, et surtout le feuilleton Les Mains de Dieu, en pleine guerre. On peut dénicher ça sur Gallica (il faut farfouiller un peu).


Si vous avez eu vent d'autres critiques, n'hésitez pas à les signaler.

D'autres livres de Han Ryner sont disponibles auprès des Amis de Han Ryner - voir la liste.


(1) D'après la chronologie de Louis Simon, dans la revue "Europe" d'octobre 1961, p.41 (à l'occasion du centenaire de la naissance de Ryner).

(1) CAHR (Cahiers des Amis de Han Ryner) n°55, p.7.

(1) S. Beau est par ailleurs grand spécialiste de Georges Palante (excellent site) et pilier de la belle revue Le Grognard (site).

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Des textes et documents de, sur et autour de Han Ryner (pseudonyme de Henri Ner), écrivain et philosophe individualiste, pacifiste et libertaire. Plus de détails ici.

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# une table des Cahiers des Amis de Han Ryner.
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ƒ A écouter :
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De Han Ryner :

L'Homme-Fourmi
La Fille manquée
http://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpgLe Sphinx rouge
Les Paraboles cyniques
L'Individualisme dans l'Antiquité
Comment te bats-tu ?
1905-pmi-2010Petit manuel individualiste
Le Cinquième évangile
Couverture de la réédition du Le Père Diogène
Pour les germanistes... Nelti

Sur Han Ryner :

Le colloque de Marseille

Autour de HR :

4è plat de couverture du n°3 d'Amer, revue finissanteUn conte d'HR
dans Amer, revue finissante
Couverture du Ryner et Jossot
dans Le Grognard...
Couverture des Un livre de Louis Prat
Couverture d'une anthologie de poèmes d'Emile BoissierDes poèmes d'Emile Boissier
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