Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 12:12

Un vieil ami m'envoie le message suivant. On peut retrouver son projet sur le site suivant : Agrios. Je vous encourage vivement à soutenir cette initiative extrêmement intéressante tant du point de vue écologique que du point de vue social, notamment si vous avez habitez dans la Meuse !


D’une première volonté de m’installer en maraîchage biologique, et par tout un cheminement idéologique mais également pratique, je me suis dirigé vers l’agriculture sauvage : le projet Agrios est né. Il s'agit d'un projet expérimental de maraîchage. Expérimental à plus d’un titre.

Tout d’abord d’un point de vue technique. Je souhaite m’orienter vers l’agriculture sauvage qui repose sur quatre principes :

  • 1. Pas de travail du sol (labour)
  • 2. Pas de fertilisant (ni chimique ni organique)
  • 3. Pas de désherbage (ni mécanique ni chimique)
  • 4. Pas de dépendance aux produits chimiques (pesticides, herbicides, engrais)

En effet, le travail du sol (labour, désherbage mécanique) et l’apport de produits chimiques ou organiques déstabilisent l’équilibre de la vie du sol. Il s’agit donc de modifier sa façon de travailler afin de non plus dominer la nature, comme il se fait actuellement en agriculture, principalement conventionnelle mais aussi dans une certaine mesure en agriculture biologique, mais plutôt de coopérer avec elle, de s’adapter à l’écosystème afin de permettre aux hommes de « prélever sans appauvrir » ce dont ils ont besoin pour vivre sans pour autant chercher à tout accaparer.

Ensuite il s’agit aussi d’une expérimentation économique. Je souhaite m'orienter vers un système d'AMAP. Mais l’idée n'est pas de vendre des paniers ayant un prix qui reflète exactement son contenu (par exemple : 1kg de tomates à 3€, 2 concombres à 2€, 1 salade à 1€, etc), mais plutôt de proposer à un groupe de personnes de payer une somme qui permette de faire fonctionner la ferme et me permette de vivre pendant une période donnée, en échange de la production qui en découle. De plus il ne s’agit pas de se limiter à un échange production/argent. Je souhaite également offrir à ces personnes mes connaissances tant du côté du jardinage que de celui de la cueillette. L’idéal serait même que ces personnes puissent obtenir une certaine auto-suffisance alimentaire pour ne plus être dépendantes d’un maraîcher !

Enfin il s’agit aussi d’une expérimentation sociale. Pour suivre une devise qui m’est chère : « de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins », je désire mettre en pratique un système de péréquation du prix du panier en fonction des rentrées d’argent de chacun. Bien entendu il ne s’agira pas d’un système basé sur le contrôle des fiches de paye ou des déclarations d’impôt, mais sur la confiance réciproque des uns aux autres.

Au final l'objectif de ce projet est plus de vivre et de diffuser une autre relation à la nature et à la société que de créer une exploitation agricole.

Aujourd'hui, le projet entre en phase de mise en œuvre. En effet, j'ai signé, fin septembre, un compromis de vente pour l'achat d'une ferme et de plus de 3 hectares de terre agricole dans la Meuse, entre Commercy et Saint Mihiel. Je commencerai donc à mettre ma structure en place dès cet hiver et mes premières cultures au printemps 2010.

Aussi, si vous souhaitez m'aider, vous pouvez :

  • - diffuser ce message ;
  • - me mettre en contact avec un groupe de consommateurs : je souhaite commencer par la livraison d'une dizaine de paniers à partir de juin/juillet 2010 auprès d'un groupe qui devra pouvoir s'agrandir dans les années à venir (correspondant à une quarantaine de paniers). Afin de réduire au maximum les trajets, voici les zones géographiques de distribution possibles de la plus proche à la plus éloignée : Sampigny, Commercy, Saint Mihiel, Bar-le-duc, Pont-à-Mousson, Toul, Nancy, Verdun, Metz ;
  • - m'aider à trouver du matériel de maraîchage (serres, petit tracteur... une liste sera mise à jour sur le site internet du projet) ;
  • - faire un don.

Guillaume

Plus d'informations sur le site http://agrios.herbesfolles.org


A ceux et celles qui trouveraient l'aspect technique un peu radical, je conseille de lire les très éclairantes précisions que donne Guillaume à cette page.

Repost 0
30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 18:23

Maintenant que j'ai publié dans Le Grognard (on va en reparler très bientôt), je me dois de cirer les pompes au rédac-chef. L'occasion me vient de promptement sortir ma brosse à reluire (*).

En effet, Stéphane Beau a publié un premier roman, intitulé Le Coffret. J'ai acquis l'ouvrage. Je l'ai lu. L'écriture est efficace, sans grande finesse de style non plus, mais je ne crois pas que l'objectif de Stéphane ait été de faire de l'art pour l'art. Il s'agit, sans afféterie ni pédanterie, d'inquiéter, de troubler le repos, non pour que le lecteur cherche protection dans l'abdication de soi-même (cela, c'est ce qui est dénoncé dans le roman), mais pour qu'au contraire, il cherche à se frayer un chemin de lucidité dans un monde où l'on donne de plus en plus de puissance au contrôle social.

*

Tapez donc "Nietszche" dans n'importe quel encyclopédie électronique. Evidence : Friedrich apparaît !

Pas dans le monde futur décrit par Stéphane Beau. Sur votre écran s'afficherait en premier lieu ceci :

Jean-Pierre Nietszche, compilateur fécond, auteur, entre autres, d'un Florilège des lapsus et bourdes des présentateurs télé entre 2000 et 2050.

Et Friedrich alors ? A-t-il jamais existé ? Rassurez-vous, ou tremblez plutôt, Le Coffret ne relève pas de l'uchronie, mais de l'anticipation. Dans ce futur, il y aura bel et bien eu un Friedrich Nietzsche. Mais si l'on tente d'accéder aux archives le concernant, une fenêtre d'avertissement vous prévient :

La loi du 15 mars 2063 ne vous autorise pas à accéder à cette page. Veuillez modifier votre recherche.

Cependant, une brève investigation dans l'Encyclopédie Académique vous apprendra cependant que Friedrich était un

philosophe décadent victime de troubles psychologiques importants et auteurs d'ouvrages aussi incompréhensibles qu'inconvenants.

... et que

son œuvre mortifère et dégradante a été reléguée en 2063...

Que va-t-il donc se passer en 2063 ?

2063 sera l'année bénie où l'on finira de « débarrasser la "Science de la Sagesse" de ses dernières survivances négatives », c'est-à-dire où passeront à la trappe tout ce que l'Histoire a pu compter de philosophes du doute, de l'inquiétude, de la remise en question de ce qui est. Ainsi qu'on a pu le constater, la "Philosophie" n'existera plus - avoir l'"Amour de la sagesse", c'est chercher la sagesse, soit, mais c'est surtout risquer de ne pas la trouver du tout, ou de ne pas la trouver là où ceux qui veulent inconditionnellement votre bien voudraient qu'elle soit. Le sage ne sera plus celui qui cherche la sagesse, mais celui à qui l'on dit : "Sois sage, mon enfant, et tu seras heureux" — et qui obéit, et qui en redemande : "Oui, cher papa, oui, cher Etat, je serai bien sage, mais promets-moi de me guider sur la voie du bonheur — et surtout que cette voie soit unique, large certes, bien plate et balisée, peut-être même un peu en pente et molletonnée, que je puisse y rouler, que je puisse m'y pelotonner." Pour cela, Amour ne suffit pas, il y faut Science assurément. Non pas la science qui interroge, qui confronte la théorie au réel, mais plutôt la science qui a engendré les techniques presse-bouton : t'appuies - ça marche, c'est totomatiq, le bonheur sur commande après un bon rinçage de cerveau. Ou encore la science de celui qui la ramène, de Celui Qui Sait, la science des

Jean-Luc Ferrot, auteur d'un célèbre Art de composer avec sa Belle-mère à l'usage des jeunes mariés, ou [des] Alain Conte de Courville (De la Sagesse salariale, ou comment travailler dans la joie quand on n'a pas le moral, ouvrage distribué depuis des années par des centaines d'entreprises à chaque embauche d'un nouvel employé).

Pourquoi s'intéresser à Nietzsche d'ailleurs, quand vous vivrez dans le confort d'un boîte remplie de ouate stérilisée, un caisson hygiénique à l'échelle du monde, dans lequel vous serez préservé de la maladie et du vice, et du difficile devoir de penser ? Pourquoi ?

Il y faudra un vrai concours de circonstances, comme pour Nathanaël. Dans son cas : la découverte dans son grenier d'un coffret vermoulu. A l'intérieur, point d'or, point de joyaux (plutôt un beau paquet d'emmerdes, s'il avait su). Point de joyaux, point d'or : des livres, sept — Par-delà le Bien et le Mal de Nietzsche (celui qui n'a pas regardé la télé), Le Traité du Rebelle d'Ernst Jünger, Walden de Thoreau, Combat pour l'individu de Georges Palante, une sélection des Essais de Montaigne, Malaise dans la civilisation de Sigmund Freud. Et un dernier, intitulé A l'aube de la Dictature Universelle, par Jean Crill. Nietzsche, Jünger, Thoreau, Palante, Montaigne, Freud, ça vous dit quelque chose ? Allez, dans un siècle, tout le monde les aura oubliés. Vous ne savez pas qui est Jean Crill ? Pourtant c'est le seul que Nathanaël connaît.

Car Jean Crill était son grand-père. Mais Jean Crill est mort depuis des lustres, d'une mort infamante, abattu alors qu'il tentait de s'évader de prison. Jean Crill était un terroriste. Un terroriste de la pire espèce, un de ceux qui n'ont jamais frappé mais qui en ont l'intention, ou du moins pourraient en avoir l'intention, éventuellement, peut-être, on ne sait jamais... de par leur milieu, leurs fréquentations... de par leurs lectures... (Nous sommes à l'automne 2009, je pense que personne ne s'étonnera de ce que je dis - nous savons qu'il est loisible de foutre au trou pour terrorisme quelqu'un pendant six mois, et d'en inquiéter bien d'autres, sur la simple présomption d'avoir écrit un livre.)

De toute façon, demain encore bien plus qu'aujourd'hui, le livre sera un objet des plus dangereux. D'ailleurs, si des textes existeront encore, sur des sujets cruciaux tels que l'« Histoire de la mode » et la « Vie privée des hommes publics », l'objet livre aura disparu. On n'en fabriquera plus. Cela fera de toute façon déjà pas mal de temps que le livre aura été délaissé. On aimera à leur place le standard des écrans lisses, la lumière hygiénique qu'ils émettent, et on s'en contentera.

Ainsi la possession d'un livre — l'objet — signalera forcément un intérêt nécrophile pour de vieilles choses mortes du passé, le passage des vers dans les chairs faisandés, le grouillement infâme et microbien qui accompagne la décomposition du cadavre, toute l'infecte sanie qui menace les corps sains et constitués. Ainsi par hygiénisme, disons, de la pensée, au petit matin, l'on frappera à la porte de votre logis domotisé. On entrera, on ne vous brutalisera même pas — le temps du vol lourd des matraques au-dessus des cervelles aura passé, on saura être soft, on aura même presque l'air humain — mais on vous embarquera quand même.

Vous fuirez. Vous reviendrez. Vous ne saurez vivre sans le confort qui ne peut exister sans le conforme.

En tirant les fils des pelotes que tiennent en leur giron les plus ravalées, les plus raccrocheuses et les plus terrifiantes de nos Parques, Stéphane Beau nous tricote un futur assez crédible de bonheur conforme, et de désespoir absolu. Le grand feu de lucidité qui brûle Nathanaël est alimenté non du bois de ce fameux coffret, mais des mots vifs de ces penseurs disparus qui sont aussi, on le suppose, parmi les penseurs de prédilection de l'auteur. Ce feu consume celui qui s'y jette, mais n'éclaire personne, allume encore moins quelque grand brasier. Douché par la solitude et l'incapacité du corps à vivre de pensée seule, il ne s'éteindra jamais vraiment mais disparaîtra dans le suicide de Nathanaël comme l'explosion souffle la flamme d'un puits de pétrole incendié. Restera la petite braise dormante d'un livre épargné consciemment par l'inspecteur Miramont. Il y a dans ce geste frêle et tout d'absention, quelque chose de magnifique qui rachèterait presque, mais nul ne le sait et tout le monde s'en branle, l'humanité errante dans l'obscurité faite d'aveuglement qu'elle se crée sans cesse, pour son bonheur ou son contraire.

*

Je viens de rendre compte du livre, mais je ne l'ai pas vraiment discuté. Je n'ai fait qu'effleurer la dimension philosophique du bouquin. On pensera inévitablement à Farenheit 451 en lisant Le Coffret. On pourrait comparer. Il serait intéressant de confronter les idées avancées dans ce livre et la pensée rynérienne. Cela demanderait un effort de réflexion que je ne suis pas capable et n'ai pas forcément le temps de fournir ces temps-ci. Je me contenterai d'indiquer que pour Ryner aussi, le héros, celui qui ne veut suivre que sa conscience, de manière absolue, finit inéluctablement dans le mortier du contrôle social.


Présentation de l'éditeur :

Le Coffret, dont le thème est l’éventuelle disparition ou interdiction des livres, est le premier roman de Stéphane Beau.

Le coffret ne payait pas de mine. Trente centimètres de long, vingt de hauteur, autant en profondeur. En pin naturel, sans aucune fioriture. Le cadenas qui le fermait datait d’au moins une cinquantaine d’années, du temps où l’usage des clefs n’avait pas encore été aboli...

Références :
Stéphane Beau, Le Coffret. A l'aube de la dictature universelle, Editions du Petit Pavé, 2009, 148 p. ISBN : 978-2-84712-217-6. 15 €.

Vous pouvez lire les 40 première pages du roman ici.


(*) Ceux qui ne comprennent pas l'ironie peuvent aller voir ailleurs !

Repost 0
2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 21:25

Après plus de trois semaines d'absence, et en ce qui concerne Internet, de la plus rigoureuse abstinence, je découvre dans ma boîte aux lettres cette belle Anthologie poétique consacrée à Emile Boissier.

Les fidèles de longue date des Fééries Intérieures et du blog Han Ryner se souviennent qu'il y a déjà un certain temps, l'ami Mickaël Lugan, alias SPiRitus, et moi-même exhumâmes de concert — ou de conserve, as you like — le bon poète nantais Emile Boissier  c'était ici et ici, et , et  !

Suite à cette double salve, nous contacta Jean-Pierre Fleury, comme le relate Mickaël dans ce billet que je cite largement :

Je n'imaginais pas, et mon ami le maître-entoileur du blog Han Ryner non plus, que la mise en ligne quasi simultanée de nos billets consacrés au beau poète Emile Boissier aurait une si heureuse conséquence : la rencontre - grâce à l'internet, n'en déplaise aux grincheux - d'un autre Nantais passionné par l'œuvre de son lyrique et méconnu concitoyen du siècle dernier, rencontre qui allait nous permettre d'en savoir beaucoup plus sur l'auteur de Dame Mélancolie. M. Jean-Pierre Fleury, en effet, puisqu'il s'agit de lui, après avoir donné dans le n°11 de Saltimbanques ! (Nantes, printemps-été 2006) le premier article de l'après-seconde guerre mondiale sur Boissier, s'apprête à faire paraître une anthologie de ses poèmes. Au cours de ces recherches, il a pu réunir un nombre considérable de documents qui lui permettront, je l'espère, de rédiger la biographie qui complètera merveilleusement l'anthologie.

J.-P. Fleury publie donc aujourd'hui cette anthologie, qui va au-delà du seul ouvrage consacré jusqu'ici à Emile Boissier : Emile Boissier poète nantais (1870-1905), par André Perraud-Charmantier, ouvrage qui datait de 1923. Les poèmes (parfois des fragments) sont classés selon l'ordre thématique que voici :

  • Partie I : Le poète (A. L'apôtre de la vie — B. Le gris des vague-à-l'âme poétique — Soirées d'ennuis — Amours tristes et perdues — C.Paradis d'avenir)
  • Partie II : Ephémères (Autrefois — Souvenirs féminins — Profils et caractères — Les visions)
  • Partie III : Les Beaux-Arts (Images peintes — Humbles décors — Musique est renaissance — Le Missel de gloire (le Parnasse poétique éclectique))
  • Partie IV ; Le Noir (La triste pauvreté — Les nuits — Décadence ou déclin — Madame la mort — Morts antiques — Les petits morts — Compassion — Sombres extases mystiques — Enluminures)
  • Partie V : Le Blanc (La divine nature — Les voix de la chimère)
  • Partie VI : Tendrement (A. D'innocence et d'oubli — B. Répits — C. Sérénités — D. Suaves, des réparties d'enfants naïves — E. Diverses stances — F. Epilogue)

Une importante préface donne des éléments biographiques et resitue Emile Boissier dans son temps, par de nombreuses digressions sur les artistes avec qui il fut en relation. Cette préface contient aussi la reproduction de plusieurs articles donnés par Boissier à différentes revues. La postface nous concerne particulièrement puisque Jean-Pierre Fleury y précise les relations entre Boissier et Han Ryner, entre Boissier et Saint-Pol-Roux, suite aux discussions électroniques que nous eûmes, Mickaël Lugan, lui et moi. Il développe aussi une indication contenue dans les Cahiers des Amis de Han Ryner, à savoir que le doux Boissier fut l'une des innombrables petites mains de la plus grosse firme littéraire fin-de-siècle — tout le monde aura deviné : mais oui, mais oui, c'est de Willy qu'il s'agit, pardi ! En l'occurrence, Emile contribua au moins à l'adaptation française, signée Henry Gauthier-Villars et Georges Hartmann, de Bastien et Bastienne, opéra-comique de Mozart.

Quelques notes et des notices parfois assez développées sur les personnalités citées et les revues auxquelles Boissier collabora complètent utilement l'ouvrage. Ajoutons une intéressante "Réflexion sur les ratés" par Olivier Mathieu en avant-propos au livre. Mais je voudrais souligner le soin porté par Jean-Pierre Fleury à l'iconographie : quelques illustrations in-texte et surtout un cahier central en couleur reproduisant plus de trente documents divers, sur ou autour de Boissier. Et, ce qui est une excellente idée, un CD-Rom d'images accompagne le livre, dans lequel on retrouve notamment Alexis Mérodack-Jeanau dont on a parlé à plusieurs reprises sur ce blog. En revanche, je regrette que les poèmes ne soient pas sourcés — on ne sait pas dans quel recueil ou revue a été publiée telle ou telle pièce (ou si elle est inédite). Côté facture, enfin, le livre est relié au fil, avec une couverture rigide, chose fort appréciable ! Attention : il n' a été tiré qu'à 200 exemplaires (même si l'on sait pertinemment qu'un poète symboliste oublié — trois tares en trois mots ! — intéressera sans doute bien moins de 200 personnes...).


Quatrième de couverture et références :

Emile Boissier, poète nantais (1870-1905), est complètement oublié dans sa ville de naissance et de mort.

Mais ce même Boissier a su séduire Jean-Pierre Fleury (né en 1951), qui a consacré des années à étudier la vie de toute une contrée de gens humbles, fiers et droits : la Grande Brière, pays perdu de la Basse-Loire de marécageuse histoire, et ses Briérons. Une région proche en mystères des limbes vaporeuses d'un Boissier.

Quelques originaux, amoureux des arts passés et de l'Art vrai et frais, commencent à le faire revivre. Trop bon, trop discret, trop aimant, trop naïf, trop idéaliste notre poète. Il n'a pas suffi qu'il servît de nègres à quelques industriels de l'écriture, ni qu'il fût humble et sincère ami de Han Ryner l'Anarcho, de Saint-Pol-Roux le Magnifique, de Mérodack-Jeaneau le Fauve. Il n'a pas suffi non plus qu'il accompagnât si discrètement les derniers temps de Paul Verlaine, ou qu'il apparût à ses contemporains comme l'un des maîtres tardifs du Symbolisme, à l'égal d'un Albert Samain. Emile Boissier est mort au Panthéon des braves de la Poésie généreuse, idéaliste et pérenne. Pas même reconnu petit-maître. Au Panthéon des laissés-pour-compte, où l'on retrouve pêle-mêle une myriade d'étincelants artistes de l'écriture - oubliés, bannis, phagocytés : Laurent Tailhade, Paul-Jean Toulet, Charles-Louis Philippe, Renée Vivien, Hugues Rebell, et enfin le maître ès styles Léon Bloy, le génial et inclassable entrepreneur en démolitions. Et tant et tant d'autres malheureux torturés d'art, furieusement artistes, d'œuvre courte, mais cruciale. La plupart ont disparu, souvent jeunes, dans la misère, le suicide, ou pour les moins chanceux lors de la sinistre boucherie de 14-18.

EMILE BOISSIERAnthologie poétique — choix des textes, préface, postface, notes et bibliographie de Jean-Pierre Fleury — avec un avant-propos d'Olivier Mathieu — Casa Cărţii de Ştiinţă, Roumanie, 2009 (304 pages). Ouvrage tiré à 200 exemplaires.

Repost 0
6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 17:27

J'ai signalé pas mal de choses au billet précédent, mais il y en a encore !

*

L'ami Vittorio Frigerio, dont le présent blog peut s'honorer d'héberger la reproduction d'un article consacré à Han Ryner, a publié un nouveau roman : La cathédrale sur l’océan aux éditions Prise de Parole (si ça ne dit rien au lecteur franco-françois, pas d'étonnement : lesdites éditions sont sises à Sudbury dans l'Ontario, au Canada). je vous renvoie à la présentation suivante : http://www.livres-disques.ca/media_uploads/pdf/8338.pdf

Je ne peux pas parler directement de ce livre, que je n'ai pas (encore) lu. Mais au vu de son précédent roman, Naufragé en terre ferme (Prise de Parole, 2005) et des nouvelles d'Au bout de la rue (Vents d'Ouest, 1995), je peux au moins assurer que Vittorio excelle à estomper la limite qui sépare l'étrange du quotidien, jusque ce que l'on ne puisse plus distinguer l'un de l'autre. Et il le fait de façon extrêmement subtile et délicate. Sur ce point, je serais tenté de comparer sa manière en écriture à ce qu'est le lavis ou l'aquarelle en peinture. Ajoutons à cela une grande finesse de style sur la forme, et de jolies méditations philosophiques sur le fond. Des bouquins qui méritent donc de traverser l'Atlantique pour accoster dans votre bibliothèque.

*

On l'attendait depuis longtemps, la voilà : la réédition chez Cynthia 3000 d'Au pays du mufle de Laurent Tailhade, revue, augmentée et annotée par Gilles Picq. Ryner et Tailhade se détestaient cordialement, suite à la parution dans Partisans d'un article féroce quoique nuancé, que l'on pourra lire prochainement sur ce blog. Ryner écrit encore dans Ce qu'il faut dire du 6 janvier 1917 [republication CAHR n°125, pp.26-27] :

Un imbécile qui a du talent, cela se rencontre. Lisez seulement vingt lignes de notre éminent confrère M. Laurent Tailhade, et vous n'en douterez plus.

Je laisse à Ryner la responsabilité de son jugement en ce qui concerne la qualification d'imbécile. Mais j'approuve pour le talent — la réédition d'Au pays du mufle en apportera la preuve à qui voudra bien l'acquérir.

Voici la présentation de l'éditeur :

Entre 1884 et 1894, Laurent Tailhade publia, dans de jeunes revues telles que le Décadent, Lutèce ou le Mercure de France, des ballades et quatorzains s'en prenant férocement à ses contemporains, de l'homme de la rue au gendelettre. Ces poèmes aux « vers solides et de pur métal, à la fois sonore et précieux », sont, comme l'exprime Armand Silvestre dans sa préface à leur première édition en recueil, d'une « acuité d'ironie qui ne me semble jamais avoir été atteinte avant lui. »

Cette réédition d'Au pays du mufle, la première depuis 1920, contient non seulement les variantes des précédentes éditions, mais aussi plusieurs inédits, issus de revues oubliées ou de manuscrits, ainsi que quelques beaux pastiches décadents et de très curieux faux Rimbaud. Le tout est généreusement commenté par Gilles Picq, biographe de Laurent Tailhade.

Au pays du mufle, de Laurent Tailhade
Edition revue, augmentée et annotée par Gilles Picq,
ISBN : 978-2-916779-07-2
146 pages. 15 x 21 cm. 300 gr.

Gilles Picq a écrit une copieuse biographie de Tailhade : Laurent Tailhade ou de la provocation considérée comme un art de vivre, ouvrage remarquable dont on peut avoir un aperçu ici et dont on vous recommande chaudement l'acquisition. Il s'occupe aussi des Commérages de Tybalt, excellent site consacré bien évidemment à Tailhade, mais aussi aux revues et "gendelettres" de la Belle-Epoque.

Quant aux éditions Cynthia 3000, on se souviendra longtemps du bel Omajajari rendu en 2007, et on attend avec impatience la réédition annoncée du Colloque sentimental entre Emile Zola et Fagus, par Fagus. J'aime bien aussi faire un tour sur leur blog, en particulier pour y apprécier leur fort jolie C.A.P.U.T. ...

*

J'ai oublié de signaler dans le précédent billet La Civilisation, ses causes, et ses remèdes d'Edward Carpenter, aux éditions du Sandre. Il s'agit en fait de deux articles : le premier donne son titre au livre, le second (nettement plus court) s'intitule Plaidoyer pour les criminels : critique de la moralité. L'édition est établie et présentée par l'ami Stéphane Beau, l'animateur universellement connu (et reconnu !) du Grognard.

La quatrième de couv' :

Edward Carpenter (1844-1929), philosophe et poète, est un éminent représentant de l’anarchisme anglais. Proche du mouvement d’inspiration anti-industrielle Arts & crafts de William Morris, il figure aussi parmi les premiers activistes homosexuels. Avec une radicalité teintée d’ironie, il pose, en substance la question suivante : si nous allons si mal, est-ce parce que la civilisation est en crise ou, au contraire, parce qu’elle se porte un peu trop bien ?

Il faudrait que je revienne sur ce bouquin, en particulier sur le premier des deux textes, qui m'a vivement intéressé. Il y a d'indéniables convergences avec le Ryner des Pacifiques. Disons qu'on classerait aujourd'hui l'article de Carpenter dans la pensée anarchoprimitiviste, mais les choses ne sont pas si simples... des points de vue très originaux, pas faciles à reformuler comme ça, au pied levé. Hé, vous voilà forcé-e-s de vous le procurer (11€ - 96p.) !

Aux éditions du Sandre, Stéphane a eu l'heur d'établir et de présenter plusieurs ouvrages de Jules de Gaultier, et un texte de Palante sur ce bovarysme théorisé par Gaultier. Hautement recommandable aussi : deux recueils d'essais de Gustav Landauer, socialiste et libertaire, membre de l'éphémère république des conseils de Bavière, et comme de juste assassiné par la soldatesque en 1919. Je relève encore les noms de Kropotkine, Edmond Haraucourt, Bloy, Hello, Barbey d'Aurevilly, une réédition annotée du Chemin de velours de Remy de Gourmont, une attirante Histoire du sein (par Damien Baldin) et aussi Les Fous littéraires de Philomneste Junior (Gustave Brunet)... l'occasion de rappeler les débuts fort prometteurs de l'I.I.R.E.F.L. (Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres…), sa revue (Les Cahiers de l'Institut), son blog !

*

L'une des singularités de Ryner est d'avoir réinvesti la figure du sage antique. A cet égard, la lecture des bouquins de Pierre Hadot est extrêmement éclairante. On commencera peut-être par La Philosophie comme manière de vivre (au Livre de poche, biblio essais), qui est un livre d'entretiens, facile à lire ; on continuera avec Qu'est-ce que la philosophie antique ? puis Le Voile d'Isis, essai sur l'histoire de l'idée de Nature (tous deux en Folio essais). C'est vraiment remarquable. Pas lu, mais ça viendra sûrement : Exercices spirituels et philosophie antique (éd. Albin Michel).

*

C'est un peu moins en rapport avec Ryner, mais j'ai beaucoup aimé ces derniers temps les ouvrages suivants :

— le cycle des Contrées de Jacques Abeille, à savoir : Le Veilleur du jour (un gros roman), Les Voyages du fils (une suite de nouvelles) et les Chroniques scandaleuses de Terrèbre (des nouvelles érotiques) — les trois volumes sont splendidement illustrés. C'est réédité chez Ginkgo, dans la collection Deleatur. Deleatur était une petite maison d'édition singulière, qui a édité plein de livres très chouettes — pas mal de ceux-ci doivent être toujours disponible, il faut aller voir par là. Le premier livre du cycle des Contrées, le roman Les Jardins statuaires (un éblouissement ! — il faut absolument l'avoir lu) a été réédité en 2004, je crois, chez Joëlle Losfeld. Si vous aimez les univers oniriques, la belle écriture, l'ethnologie imaginaire, la lecture à plusieurs niveau, vous devriez aimer le cycle des Contrées — pour plus de détails, allez faire un tour par ici et par là. L'œuvre de Jacques Abeille, au-delà de ce cycle, mérite le détour (voir ici, par exemple).

— l'été dernier, je signalais Le Jardin ouvrier 1995-2003, d'Ivar Ch'vavar et camarades, chez Flammarion, anthologie de la revue du même nom. Ivar Ch'vavar est un poète singulier, qui a notamment publié une fantastique anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le Nord de la France intitulée Cadavre grand m'a raconté : des textes de 80 auteurs, dont la plupart sont en réalité des hétéronymes de Ch'vavar ! La revue Plein Chant a consacré un numéro double (le 78/79) à Ch'vavar — allez voir aussi par ici. Cadavre grand est édité au Corridor bleu, petite maison associative dont le catalogue vaut lui aussi le détour. Outre, toujours de Ch'vavar, Hölderlin au mirador et Hon, l'être (avec Christophe Petchanaz) et les Ecrits d'Evelyne "Salope" Nourtier (l'hétéronyme le plus prolifique de Ch'vavar), on notera Aile, elle de Louis-François Delisse, un Choix de poésie amoureuse des Touregs établi par le même à partir de collectes du Père Charles de Foucauld, une réédition de L'Homme-Plante de La Mettrie, et une réflexion philosophique sur un thème qui a fort intéressé Ryner, Multiples de Daniel Parrochia. Le Corridor bleu est animé par Charles-Mézence Brizeul, dont je vous conseille le blog, Re-Pon-Nou [Attention : il a changé d'adresse, cf. le commentaire posté par Brizeul ci-desous]— il a d'ailleurs récemment publié une Dernière épopée, chez Ikko. J'aime bien aussi SILO, le blog de Lucien Suel, "poète ordinaire", l'un des "camarades" du Jardin ouvrier, dont le roman Mort d'un jardinier (La Table ronde) me tente fort.

— Ursula Le Guin est très connue pour le cycle de Terremer (fantasy) et celui de l'Ekoumène (SF remarquable, à tendance éthnofictive). Quel bibliomane de culture libertaire n'a pas lu Les Dépossédés, cette "utopie ambigue" selon les mots mêmes de l'auteure ? Mais on aurait grand tort de négliger des ouvrages moins célèbres, et là je pense en particulier à La Vallée de l'éternel retour (Actes Sud). Aimez-vous les témoignages ethnologiques, comme Soleil hopi de Don C. Talayesva (Plon, dans la super collection Terre Humaine) ? Si ce n'est pas le cas, ce bouquin de Le Guin ne vous plaira sans doute pas. Il y a bien des éléments de SF : on pourrait classer l'ouvrage dans le genre post-apocalyptique, puisque tout semble se passer dans un futur indéterminé, dans une Californie à moitié ennoyée par les eaux ; une intelligence cybernétique en réseau, libérée de la commande humaine, mais qui ne lui semble pas hostile, poursuit depuis la Terre l'exploration de l'espace. Mais... mais les humains que l'on nous décrit, le peuple des Kesh, qui vivent dans l'une de vallées de cette Californie qui n'en est plus une, sont plus proches des populations amérindiennes d'avant Colomb que des joyeux drilles qui peuplent actuellement la Silicon Valley ! Le livre n'est pas un roman, c'est un ensemble de textes variés : des récits, des pièces de théâtre, des poèmes écrits ou recueillis auprès des habitants de la vallée, et des descriptions de rites, des études sur tel ou tel aspect de la société des Kesh... Le tout (plus de 600 p.) dessine bien une utopie, moins idéale que celles d'Anarès dans Les Dépossédés, mais aussi et paradoxalement moins ambigue. Peut-être quelque chose comme la société que Carpenter appelait de ses vœux...

*

Je veux bien croire que la chair, dans certaines circonstances, puisse être triste — mais qui a bien pu lire tous les livres ?

Repost 0
18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 21:40

Des bouquins et des revues, des revues et des sites, des sites et des bouquins... on vous les recommande !

*

Caroline Granier nous envoie une...

Recette romanesque

Prendre un bon bouillon de roman-feuilleton, avec des épisodes rocambolesques, des surprises à peine crédibles, des aventures extravagantes.

Y dissoudre des morceaux de roman historique, basé sur l’épisode de « la bande noire » à Montceau-les-mines dans les années 1880, sur les grèves des mineurs et la fondation des premiers syndicats.

Parsemer le tout d’un peu de récit utopique : la construction de la « grande grève », c’est la grève générale expropriatrice, prélude à la révolution…

On obtient ainsi une œuvre passionnante, roman du syndicalisme naissant, épopée de la guerre entre le Capital et le Travail. Car « combien plus poignantes et héroïques sont ces batailles économiques que celles livrées à coup de canon par des héros stupides qui s’entre-égorgent sans savoir pourquoi ! »

Ce « roman social », c’est La Grande grève, publié en 1905 par Charles Malato, militant et écrivain révolutionnaire anarchiste – et réédité ce mois-ci par les éditions Encrage.

Je rappelle que Caroline a publié récemment une somme indispensable sur les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXè siècle : Les Briseurs de formules. Il faudrait que je trouve le temps d'en faire un compte-rendu.

*

Comme toujours, grande activité éditoriale autour d'Octave Mirbeau. Est annoncée la réédition prochaine de La Grève des électeurs chez Allia, mais le "gros morceau" est le tome III (950 p.) de la Correspondance générale (1895-1902) qui devrait sortir en juin prochain à l'Age d'Homme. En complément de cet ouvrage, on pourra se procurer la Correspondance Octave Mirbeau - Jules Huret, publiée aux éditions du Lérot, dont voici la présentation de l'éditeur :

Octave Mirbeau (1848-1917) et Jules Huret (1863-1915) étaient deux journalistes influents, qui ont contribué à dépoussiérer la vieille presse et qui, tout au long de leur carrière, ont démasqué les faux semblants de la société bourgeoise. Ils ont, chacun à sa manière, mis en oeuvre une éthique de la révélation, qui constitue aussi une esthétique. L'un par une lutte incessante contre tous les conformismes et toutes les aliénations, par des coups d'éclat médiatiques destinés à frapper l'opinion publique, et en mettant à nu, dans son oeuvre littéraire comme dans ses articles, les tares rédhibitoires d'hommes et d'institutions abusivement respectés. L'autre, moins tonitruant que son illustre aîné, grâce à une habile pratique de l'interview, qui amène les puissants de ce monde à révéler à leur insu le fond de leurs âmes, puis par des enquêtes longues et approfondies, révélant le dessous des cartes, qu'il a menées à travers le monde, au mépris de sa propre santé.

Pendant un tiers de siècle, Octave Mirbeau et Jules Huret ont été liés d'amitié. Confrontés aux mêmes difficultés, également dégoûtés par le journalisme et la littérature de leur temps, ils ont vibré d'une même révolte, et leur correspondance, restée inédite jusqu'à ce jour, témoigne de leur complicité et de leur fraternité spirituelle. Les lettres échangées entre deux écrivains qui ne se cachent rien et qui savent admirablement manier la plume ne sont pas seulement un constant et décapant plaisir de lecture. Elles constituent aussi un document exceptionnel sur la France de la Belle Époque et apportent une masse d'informations précieuses sur la vie journalistique, littéraire et politique, dans une ère de bouleversements idéologiques, sociaux et esthétiques.

Notons que la plupart des lettres figurant dans ce volume ne sont pas dans la Correspondance générale, car ont été retrouvées après la parution des deux premiers tomes (si j'ai bien compris).

Sonia Anton et Samuel Lair présentent et discutent ces ouvrages dans le n° 16 des Cahiers Octave Mirbeau récemment livré. Dans ce cahier, m'ont aussi intéressé les documents sur "Mirbeau et le néo-malthusianisme" (présentés par Pierre Michel) ainsi que l'étude de Fabienne Massiani-Lebahar sur "Les états mystiques dans l'œuvre d'Octave Mirbeau". (J'ajoute que j'y ai commis — c'était une commande — une petite recension mi-figue mi-raisin du Dictionnaire de l'Anarchie de Michel Ragon, ouvrage sur lequel il faudrait que je revienne sur ce blog.)

Notons enfin qu'un portail internet Octave Mirbeau a été mis en place à l'adresse : http://www.mirbeau.org

*

Notre ami SPiRitus des Fééries Intérieures fait revivre depuis quelques temps sur son blog les aventures de l'Académie Mallarmé, aéropage de quinze poètes dont, bien sûr, Saint-Pol-Roux. SPiRitus a aussi mis en ligne un document inestimable : une photo d'Eugène Figuière, le bon camarade, qui fut un des éditeurs remarquables du début du XXè siècle. Il contribua d'ailleurs nettement à sortir Ryner de l'obscurité, en éditant Le Cinquième évangile, Les Paraboles cyniques, Les Pacifiques...

Le Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux en est à son troisième numéro, constitué d'un dossier de réception des Reposoirs de la procession nouvelle série. Pour mémoire, les deux précédents étaient aussi des dossiers de réception consacré pour le premier aux Reposoirs de la procession première édition, à la Dame à la faulx pour le second. Ces Bulletins sont de plus en plus beaux et intéressants. On attend avec impatience les prochaines livraisons.

*

Autre bulletin remarquable : celui des Amateurs de Remy de Gourmont, Scripsi. Quatre livraisons et une astuce de numérotation : n° 0 — "le mont Saint-Michel vu par Remy de Gourmont" ; n° 1 — "Aux 3 satyres normands, Charles-Théophile Féret, Remy & Jean de Gourmont" ; n° 2 — "Pataphysique, Jambons & P'tites Fourmis" (une très goûtue controverse !) ; et donc le dernier, le n° 3 : "Eh ben, mon colon !", encore une controverse. Le tout utilisant généralement et généreusement toutes les ressources possibles de la numérotation bibliophilique... Allez donc faire un tour par là.

De Remy de Gourmont, j'ai acquis récemment un exemplaire de la réédition de Sixtine parue en 2005 aux éditions du Frisson Esthétique. Le présentation est splendide : établie sur les éditions antérieurs et sur le manuscrit, reproduisant à très bon escient 24 pages du manuscrit, un format allongé assez inhabituel, et une très bonne postface de Christian Buat . Ajoutons à cela que "L'adorant" (un roman dans le roman) est imprimé sur un fond reprenant le beau dessin de la couverture et que le tirage est limité à mille exemplaires. Autant de raisons de se procurer d'urgence ce bouquin — il n'est pas encore trop tard ! Le Frisson esthétique est une citation de Sixtine, c'est aussi une très jolie revue.

On notera aussi qu'un gros volume d'études (pour une somme bien modique), Actualité de Remy de Gourmont, est disponible aux éditions du Clown Lyrique.

*

On ne sait plus où donner du clic sur Livrenblog ! On a pu y trouver récemment :

— des copains de Ryner : Hector Fleischmann, Edmond Rocher, Alexis Merodack-Jeaneau, Théo Varlet, Paul-Napoléon Roinard...

— une collection de marques d'éditeurs...

— la bibliographie du Pierrot, et surtout, qui deviendra vite indispensable, celle du Beffroi, la revue septentrionale de Léon Bocquet...

Un travail énorme, une mine d'infos et d'images sur la littérature de l'entre-deux siècles !

*

Découvert via Livrenblog, Autour d'ici, le blog d'Olivier Goetz, propose un billet sur Mérodack-Jeaneau. Les billets sur les rebetika m'ont bien plu aussi.

Toujours des tas de billets curieux et d'annonces alléchantes sur l'Alamblog. On s'est bien intéressé aux menus informations apportés sur Marc Stéphane, dont L'Arbre vengeur a réédité récemment la Cité des fous et Un drame affreux chez les tranquilles. On aura l'occasion de redire un mot de ce personnage singulier, qui édita Vive le Roi de Ryner dans son Cabinet du pamphlétaire.

Plumes a récemment fêté ses deux ans. Deux ans d'impressions de lecture, toujours fort bien illustrées, et un intérêt fréquent pour la littérature fin-de-siècle. On apprécie, et on lui souhaite bonne continuation.

Toujours la Belle-Epoque, toujours de belles illustrations, le blog consacré à Raoul Ponchon et sa chanson quotidienne. Là encore, on aime bien.

Je n'oublie pas le Cabinet de Curiosités d'Eric Poindron, éclectique, foisonnant, lui aussi splendidement illustré. Il faut y entrer, et s'y perdre... Je signale notamment une rubrique "Diogène" (Monsieur Poindron fait l'honneur à Han Ryner d'y reprendre le songe de Diogène) et ce billet sur Jules Mougin.

*

Un communiqué des Ames d'Atala :

Nous vous rappelons que le tout premier livre en braille et gros caractères des Ames d’Atala consacré - comment pouvait-il en être autrement- à Lucien Descaves est toujours disponible. L’ouvrage, tiré à 100 exemplaires, coûte 10 euros, à l’adresse suivante : contact@zamdatala.net. Pour ceusses qui n’ont pas le sou, est-ce utile de rappeler que nous ne sommes pas des marchands !!!

Il réunit la chronique du roman Les Emmurés par Jules Renard, parue au Mercure de France en Janvier 1895 et un extrait de la nouvelle de Lucien Descaves intitulée l’Aisance dans l’infirmité, parue dans le recueil En Villégiature (1896).

Noir et blanc : 40 pages avec textes en gros caractères et braille, couverture réglisse uniquement embossée, isbn : 2-914851-07-3

Sur le blog de ces bonnes Ames, on peut aussi visionner un intéressant film expérimental inspiré par un texte de Marcel Schwob.

Amer#3 ne sortira pas en mai, mais on doit toujours pouvoir se procurer auprès des Ames d'Atala les deux premières livraisons de la revue finissante, à l'illustration choisie. Dans le premier, j'ai bien apprécié "Irrumations fin-de-siècle" par Ian Geay et "Bysance copronyme" (sur Jean Lorrain) par Alain Buisine. Dans le deuxième numéro, on remarquera un long entretien avec Céline Beaudet et Anne Steiner, qui ont écrit respectivement Les Milieux libres. Vivre en anarchiste à la "Belle Epoque" en France (2006, aux éditions Libertaires) et Les En-dehors, anarchistes individualistes et illégalistes à la Belle Epoque (2008, L'Echappée) — sur le même sujet, on pourra aussi se procurer Expériences de vie communautaire anarchiste en France. Le milieu libre de Vaux (Aisne) 1902-1907 et la colonie naturiste et végétalienne de Bascon (Aisne) 1911-1951 (2006, éditions Libertaires), avec reproduction d'un ou deux textes de Ryner.

*

Les numéros du Grognard paraissent à un rythme effréné. Dans le dernier, entre autres, un long texte de Marc Villemain sur l'écriture comme consolation, dans la lignée de Stig Dagerman, un article (on ne peut plus d'actualité) sur "La criminalisation de l'engagement politique", par Olivier Verdun, et ce poème de Thomas Vinau, intitulé "Des Brioches" :

Le poste crépite
les jours fondent au soleil
tout a l'air si paisible
pourtant quand on regarde mieux
il traîne avec le vent une odeur
de grabuge
bientôt les hennissements des chevaux
roussiront près des flammes
c'est toujours ainsi qu'elles commencent
dans un silence de fin de repas
les révoltes...

Mais on attend surtout avec grande impatience le Hors-Série consacré à "Georges Palante et la génération honnie", à paraître ce mois-ci, et dont voici le sommaire :

- AVANT PROPOS : Stéphane Beau - Goulven Le Brech
- GEORGES PALANTE, UN PRECURSEUR OUBLIE DE LA SOCIOLOGIE DE L’INDIVIDU : Stéphane Beau
- FREDERIC PAULHAN, LA MORALE DE L'IRONIE : Bernard Baillaud — Jacqueline Paulhan
- LUDOVIC DUGAS, JEAN-JACQUES ROUSSEAU ET LA TIMIDITÉ, DÉSACCORD ENTRE LE COEUR ET L'ESPRIT : Présentation Goulven Le Brech
- LOUIS ESTEVE, L’ART DE RESTER SOI-MEME : Colette Dalle
- EMILE TARDIEU, LA DECOUVERTE D’UNE OEUVRE INAUGURALE : L’ENNUI, ETUDE PSYCHOLOGIQUE : Horia Patrasco
- JULES DE GAULTIER, LETTRES A BENJAMIN DE CASSERES : Sélectionnées et présentées par Mitchell Abidor
- LOUIS PRAT, LE SAGE DES PYRENÉES ORIENTALES : Goulven Le Brech
- ACTUALITE DE GEORGES PALANTE

Je rappelle que Goulven Le Brech a fait rééditer tout récemment les Contes pour les Métaphysiciens de Louis Prat, ce "frère spirituel" d'Han Ryner, et que son blog, Oniromancies, vaut le détour. Ajoutons que Stéphane Beau participe à l'intéressante aventure du blog Les 7 mains (un écrivain par jour de la semaine - comme les raviolis, pour Stéphane, c'est jeudi).

*

Où est la violence ? Qui terrorise qui ?

La revue libertaire en ligne Divergences revient sur les conneries de Strasbourg. Un précédent numéro avait fait le point sur les conneries de l'Intérieur autour de l'affaire Tarnac. Depuis les conneries continuent... Je ne comprends toujours pas comment on peut être "terrorisé" par du sabotage de caténaires (inoffensif pour les personnes selon la SNCF). Par contre, c'est curieux, je comprends bien mieux comment on peut être terrorisée par des gens armés qui vous enlèvent dans votre propre bagnole... Remarquons au passage que la police antiterroriste ne recherche plus des armes, mais — Bingo ! — des livres... Nouvelle confirmation aujourd'hui même (exclusif: la sulfureuse interview, j'en tremble encore, de l'un des derniers terroristes arrêtés, gracieusement offerte aux fins limiers de la SDAT!)...

A qui la faute ?

Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs d'œœuvre pleins de foudre et de clartés,
[...]
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit parce qu'il brille et qu'il les illumine.
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine ;
Il parle, plus d'esclave, et plus de paria.
[...]
— Je ne sais pas lire.

Savent-ils mieux lire ? Sait-on mieux lire ?

Quoiqu'il en soit, l'édition de bouquins anars se porte bien : je vous renvoie sur Anarlivres pour les dernières parutions.

En attendant le procès d'un livre, le numéro 22 de l'excellente revue libertaire Réfractions est consacrée au "Réveil des illégalismes". Le précédent tournait autour de "Territoires multiples, identités nomades", et l'antépénultième, très intéressant, revenait sur Mai 68 et s'attaquait au "débat sur la postmodernité".

Signalons aussi que le numéro d'A contretemps sur le fantastique poète Armand Robin a été mis en ligne. Tout le site vaut la visite.

*

La couverture du dernier Réfraction est illustrée d'un collage d'André Bernard. André a été réfractaire pendant la guerre d'Algérie au sein de l'Action Civique Non-Violente (cf. ce site) et fut l'un des fondateurs de la revue Anarchisme et Non-Violence, reprise aujourd'hui sur le net. Il a aussi participé au mouvement surréaliste (qui a dit que le surréalisme était mort ?) dans les années 70 et 90, écrit des poèmes, et a réalisé des collages. L'Atelier de Création Libertaire a publié récemment Ma chandelle est vive, je n’ai pas de dieu, qui rassemble de ses collages et de ses petits textes. On peut lire ici un compte-rendu de son bouquin. Et voici la présentation de l'éditeur :

L’auteur, qui « ne se prend ni ne se donne pour un artiste », navigue entre des mondes où sa place est nulle part : ni dans le milieu ouvrier, où il a travaillé, ni en compagnie des intellectuels, qu’il fréquente, ni dans la collectivité artistique, qu’il côtoie, ni… c’est un amphibie passant d’une place à l’autre, une sorte de bâtard, un enfant naturel aux parentés multiples. Il donne, ici, à voir ; un peu à lire ; aussi à jouer : collages, poèmes et courts textes, expressions diverses produites au cours du temps qui passe. La « poésie », au sens large, devant être faite par tous, et nul domaine n’étant interdit, il s’agit d’établir des passerelles entre la raison et le sensible, la militance et la créativité, l’amour et l’amitié, le proche et le lointain, le passé et le futur, etc., plutôt que des clôtures qui enserrent les champs divers…

J'aime énormément cette façon de voir.

*

Une fois n'est pas coutume, je termine sur un peu de musique.

Gérard Pierron met en musique les poètes, et il le fait magnifiquement. Dernier disque en date (c'était à l'automne) : Le Discours du traîneux, poèmes et chansons de Gaston Couté — mais c'est loin d'être le premier album que Pierron consacre au chansonnier libertaire beauceron !

On se quitte sur un texte — assez philosophique — de Couté, chanté par Pierron :

Repost 0
14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 21:56

J'ai trente-six mille choses à signaler, mais manque de temps...

Je fais quand même une exception pour cette réédition d'un bouquin de Louis Prat : Contes pour les métaphysiciens, paru initialement en 1910.

Louis Prat fut le disciple et le confident des vieux jours du philosophe Charles Renouvier. Il fut aussi, à partir des années 20, l'un des amis les plus proches de Ryner. Loin des yeux, puisque Prat habitait dans les Pyrénées orientales, mais proches par le coeur et la pensée. L'individualisme rynérien et le personnalisme de Prat (repris sur le concept original de Renouvier) présentent des convergences indéniables. Je crois qu'on peut parler de Prat et de Ryner comme de "frères spirituels".

Evidemment, j'aurai à mettre en ligne des textes qui éclairent cette parenté de pensée.

Présentation de l'éditeur :

Disciple averti et continuateur original du philosophe Charles Renouvier, Louis Prat (1861-1942) est à l'origine d'une oeuvre mêlant essais, dialogues, pièces de théâtre et contes philosophiques. Sa pensée, saluée de son vivant par les philosophes Georges Palante et Han Ryner est demeurée méconnue jusqu'à nos jours, malgré son éternelle actualité. Née d'un constat du mal universel, malheureusement corroboré par la Première Guerre mondiale, la philosophie de Louis Prat postule en l'homme un pouvoir du libre arbitre, lui permettant de refuser le désordre, la laideur et la souffrance.

Sagesse plutôt que doctrine, sa pensée invite l'homme à s'engager à la poursuite d'une harmonie personnelle, ouvrière d'une harmonie universelle.

L'atmosphère particulièrement originale des Contes pour les Métaphysiciens fit s'exclamer Georges Palante dans les termes suivants : "Cela se lit comme un dialogue de Platon, comme une féérie de Shakespeare, comme un dialogue de Renan." (Chronique du Mercure de France du 16 mars 1913).

Texte établi et présenté par Goulven Le Brech, à partir du fonds Louis Prat (Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier).

268 pages pour 20 € chez Lacour-Ollé.

Goulven Le Brech s'est aussi intéressé à Jules Lequier, dont il a écrit une biographie. Il a coanimé avec Stéphane Beau un Hors-Série du Grognard à paraître très bientôt, et que je vous recommande vivement : Georges Palante et la génération honnie. J'aime beaucoup son blog : Oniromancies. On y trouve deux extraits des Contes ici et .

Repost 0
8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 14:35

Après les conférences sur Jules Renard et André Ibels, après Les Artisans de l'Avenir, Des diverses sortes d'Individualisme, la Petite causerie sur la Sagesse suivie d'une Allocution à la Jeunesse, après le Petit manuel individualiste, voici venu le tour du Subjectivisme !

Publié depuis belle lurette sur ce blog, le voilà librement téléchargeable, imprimable, pliable, cousable ou agraphable par qui le souhaite. On a porté cette fois-ci un soin particulier à l'illustration.

Télécharger le fichier

On peut également lire la brochure sur Calaméo :

Les autres brochures sont .

La diffusion de ces brochure est vivement encouragée. Je suis donc très heureux d'annoncer que de bons camarades angevins, promoteurs d'une fort sympathique iniative de librairie associative, diffusent nos petites brochures.

Cette librairie alternative, poétiquement nommée Les Nuits Bleues, est sise au 21, rue Maillé, à Angers donc. Elle partage ce local avec une association de promotion de la bicyclette La Tête dans le guidon — la tête et les jambes, quoi ! Nous ne doutons d'ailleurs pas que le vélo sera le moyen de transport du futur — ou alors il n'y aura pas de futur...

On nous annonce aussi des débats, projections, jeux, formations, etc., et comme le "21" est aussi nanti d'une buvette, je vous incite vivement, si vous êtes dans le coin, à y faire un tour, notamment pour y donner un coup de main — histoire de s'extirper un peu de sa con-dition de con-sommateur.

Le blog du "21", c'est à cette adresse : http://chezle21.blogspot.com/

Ci-dessous nos p'tites brochures élégamment façonnées par les ami-e-s des Nuits Bleues :

Repost 0
4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 11:17

"Sécurité, première des libertés" ou "Liberté, première des sécurités" ? Personnellement, je ne me sens pas dans l'obligation de choisir... je veux les deux, pleines et entières.

Mais comme toujours, le problème est moins celui des fins, que celui des moyens.

Intéressante démonstration à Strasbourg. Au choix : une soi-disant sécurité reposant sur la méfiance et le contrôle, donc niant la liberté ; la sécurité et la liberté découlant de la tolérance et d'une mutuelle estime (au village autogéré).

Quant aux uniformes et comportements des professionnels ou amateurs du baston, bleus et vert-kaki d'un côté, noirs de l'autre, ils appliquent un seul et même vieux slogan :

Le Spectacle nous a voulu terribles, nous comptons bien être pires.

(Il faudra quand même un jour en finir avec l'absurdité journalistique et sémantique consistant à considérer un manifestant utilisant les techniques de l'émeute comme "plus radical" qu'un adepte de la désobéissance civile non-violente. L'émeute me semble un moyen bien plus superficiel. Attention : je ne cherche pas à opposer "méchants émeutiers" et "gentils non-violents", mais les méthodes des seconds me semblent plus profondes et plus cohérentes avec l'idée que je me fais de l'anarchie.)

Pour suivre les événements, je vous conseille les liens suivants :

— le blog spécial des Dernières Nouvelles d'Alsace, assez honnête me semble-t-il (il faut dire que l'ahurissant état de siège régnant dans la ville a fini par débecter pas mal d'habitants qui, curieusement, finissent par en avoir marre de se faire contrôler à chaque coin de rue par des gens venus pour les protéger et dont on sait qu'ils sont par nature au-dessus de tout soupçon — cf. Amnesty International) ;

— des images sur StrasTV ;

— encore des images, et un point de vue subjectif sur la page spéciale de l'excellente télé associative toulousaine TV Bruits (le site entier vaut le détour) ;

— un autre point de vue personnel et engagé sur cette page de la non moins excellente revue libertaire en ligne Divergences (également un gros dossier compilatif, comme toujours sur ce site) ;

— pas mal de documents intéressants sur le site du groupe strasbourgeois de la FA (amitiés!) 

— le site anti-répression de la Legal Team, de tous les sites que j'ai visités, c'est le plus réactif.

Dans ce genre d'événements, ce qui m'intéresse le plus est ce laboratoire de l'utopie que constitue le village autogéré. Celui qui s'est tenu à Evian à l'occasion d'un G8 il y a quelques années a été décrit dans un ouvrage que je vous recommande chaudement : VAAAG - Village alternatif anticapitaliste et anti-guerres, coédition No Pasaran / Editions du Monde Libertaire, 2003, 140 p. (5 € sur le site des éditions du ML). Un DVD a aussi été réalisé. Et on peut lire pas mal de choses sur le site de No Pasaran.

Tant que j'y suis, et toujours à propos des alternatives à la vie hiérarchique, un colloque fort alléchant se tiendra à Ligoure dans la Haute-Vienne, du 1er au 3 mai prochain. Organisé par le tout jeune Cira Limousin (1 an en mai!), il a pour thème : Vivre l'anarchie. Expériences communautaires et réalisations alternatives antiautoritaires (XIXe et XXe siècles). Toutes les infos sur le site des Rencontres de Ligoure.

Repost 0
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 15:19

C'est jusqu'au 23 Février au Musée départemental de l'Oise, à Beauvais, juste à côté de la monstrueuse cathédrale inachevée. L'entrée est gratuite.

Au dos du prospectus :

Du 10 décembre 2008 au 23 février 2009, le Musée départemental de l’Oise présente une sélection d'œuvres du courant symboliste contenues dans ses collections. Le symbolisme est un aspect culturel majeur de la fin du XIXe et du début du XXe siècle en Europe.

Ce courant, au départ littéraire, lie la poésie, les arts plastiques et la musique. Les artistes symbolistes n’ont pas de style commun et il n’y a pas de réelle école symboliste mais plutôt une aspiration commune vers le monde du rêve, des légendes anciennes et de la philosophie.

Né du romantisme, le symbolisme rejette la société industrielle et le matérialisme en cherchant les symboles, les allégories et la poésie dans les éléments du réel.

Cette exposition présente des artistes connus et moins connus tels que Burne-Jones, Osbert, Lévy Dhurmer ou encore Edgard Maxence. La très belle série d’estampes de Charles-Marie Dulac est également un des temps forts de l’exposition. Celle-ci est en outre l’occasion d’un hommage à Patrick Roger-Binet, dont nous avons acquis une partie de la bibliothèque consacrée au symbolisme. C’est en effet un des axes essentiels avec l’Art nouveau des collections Beaux-arts du début du XXe siècle du Musée départemental de l’Oise.

J'y suis allé traîner mes guêtres. Les habitué-e-s des grrrrrandes expositions pââââârisiennes feront peut-être la fine bouche, mais je n'en suis pas.

Dans le genre "très symboliste", j'ai bien aimé Emile-René Ménard (Baigneuses dans la pinède — c'est l'illustration du prospectus) et Lucien Lévy-Dhurmer (ci-dessous, détail du Cor fleuri, pastel illustrant la deuxième scène de la féérie lyrique en un acte du même nom, musique de Fernand Halphen sur un livret d'Ephraïm Mickael et Ferdinand Hérold).

Pour le reste, m'ont surtout frappé quelques œuvres un peu à la marge : Un Lac de Gérardmer de Léon Bonnat  et Wall Street ou New York de Bernard Boutet de Monvel.

Mais j'ai vraiment eu le coup de foudre pour les ahurissantes broderies de Marie Monnier !

L'exposition en présente trois sur les dix que possède le Musée. Rien que pour ces trois compositions, la visite vaut le détour.

En particulier Le Grand Sentiment, fantastique ! (ci-dessous)

Marie Monnier était la soeur d'Adrienne Monnier, la fameuse libraire de la "Maison des Amis des Livres" copine-compagne de Sylvia Beach dont le Mercure de France a récemment réédité les mémoires. Mariée à Paul-Emile Bécat (qui reste surtout connu pour ses illustrations de textes érotiques), elle était très amie avec Paul Valéry et surtout Léon-Paul Fargue dont elle illustra Les Ludions.

Valery Larbaud, Léon-Paul Fargue, Marie Monnier, Sylvia Beach et Adrienne Monnier sont dans un bateau... (fête du Quai d'Orsay, 1924)

Une exposition des œuvres de Marie Monnier (Marie Monnier ou le Fil à broder nos rêves) eut lieu en 1992-1993 au Musée départemental. Le catalogue est toujours disponible pour 9 € — franchement, pour un livre de 75 pages et un porte-folio de 12 belles reproductions, c'est donné.

Illustrations tirées du catalogue de l'expo actuelle (texte de Dominique Lobstein, 48 pages couleurs, 10 €), sauf la photo (catalogue de l'expo Marie Monnier).

Repost 0
25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 11:19

Richard Graille chante Jules Mougin

Petit théâtre de Pouancé (49)
Vendredi 28 novembre — 21 h
entrée gratuite

Repost 0

Que trouver ici ?

Des textes et documents de, sur et autour de Han Ryner (pseudonyme de Henri Ner), écrivain et philosophe individualiste, pacifiste et libertaire. Plus de détails ici.

Recherche

A signaler

⇓ A télécharger :
# une table des Cahiers des Amis de Han Ryner.
# les brochures du Blog Han Ryner.
# un roman "tragique et fangeux comme la vie" : Le Soupçon.

ƒ A écouter :
l'enregistrement d'une conférence de Han Ryner.

 Bientôt dans votre bibliothèque ?

De Han Ryner :

L'Homme-Fourmi
La Fille manquée
http://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpgLe Sphinx rouge
Les Paraboles cyniques
L'Individualisme dans l'Antiquité
Comment te bats-tu ?
1905-pmi-2010Petit manuel individualiste
Le Cinquième évangile
Couverture de la réédition du Le Père Diogène
Pour les germanistes... Nelti

Sur Han Ryner :

Le colloque de Marseille

Autour de HR :

4è plat de couverture du n°3 d'Amer, revue finissanteUn conte d'HR
dans Amer, revue finissante
Couverture du Ryner et Jossot
dans Le Grognard...
Couverture des Un livre de Louis Prat
Couverture d'une anthologie de poèmes d'Emile BoissierDes poèmes d'Emile Boissier
HR parmi les
Briseurs de formules

Contact

Ecrire aux Amis de HR
Ecrire à l'entoileur

Qui contacter pour quoi et comment...
Certains livres de Han Ryner sont encore disponibles → voir ici.