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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 15:07

Une expo et un bouquin

(Quand l'ami Daniel Lérault s'occupe d'un pacifiste
... et de trois militaires)

[Du copinage éhonté, mais c'est mérité !]


Poème calligraphié de Jules Mougin extrait de Magma
(Metz, Atelier graphique, 1985, postface de Jean-Paul Klée, maquette de Claude Billon
— Edition bibliophilique tirée à 150 exemplaires hors commerce.)


Un comptable comptait
Un général comptait
Un grand savant cherchait
Un...
Un...
Un...
Un...
Un je ne sais quoi rongeait le coeur de l'homme.

C'était un poème de Jules Mougin. Toutes les citations qui suivent, sauf indication contraire, sont de Jules Mougin.

Jules Mougin est poète, a été facteur ...

Le comptable du ciel
A beau compter et recompter
Il lui manque toujours une étoile.
C’est le facteur rural
Qui l’a retrouvée
[...]

... est et a toujours été pacifiste ...

Tu comprends ce que je veux dire, j’ai une idée fixe, elle, la guerre, la plus salope des saloperies ! Je pense à elle toujours, comme d’autres, des millions d’autres pensent à leurs sous, à leurs vacances, à leur retraite, à leurs bons du Trésor, à la becquetansse, aux coucheries, aux moissons, à leur petite peinture, à leur petite poésie, à leurs petites affaires. La jeunesse souffre. Oui, elle souffre. Alors, moi, Mougin, je suis avec elle.

... a beaucoup écrit, dessiné, sculpté, la plupart du temps pour ses amis ...

Amis je vous ensoleille !

... et n'a jamais considéré l'art comme un travail ...

[...] Et il y a eu des prostitués qui se sont appelés bouffons, philosophes, prêtres, poètes, artistes et professeurs.
Leurs frères, dont le travail augmentait, se sont plaints. Les prostitués les ont appelés : « Envieux. » Et le Maître a répondu : « Leur intelligence a justement mérité à ceux-ci la meilleure part. » Et : « Il faut que tout le monde vive. » Et encore : « Tout travail mérite salaire. »
Bien que penser, chanter, sculpter, donner son âme et son esprit aux jeunes gens ne soient que des repos et des joies, le Maître avait raison d'employer le mot travail. Car ces naïfs, sous prétexte d'affranchir l'ange, avaient coupé ses ailes, et on allait le surmener, attelé à d'étranges besognes. Les misérables avaient vendu ce qui doit être donné en un élan d'amour. Le cerveau est un second coeur. Ses frémissements doivent rester libres, ne point servir à payer la vie de la bête. Pour ne plus travailler comme les autres esclaves, ces « penseurs » pensèrent en esclaves, sur l'ordre du maître, à l'heure du maître, ce que voulut le maître. Et la pensée, qui se nourrit de liberté, mourut comme l'amour : on décora de son nom la flatterie et le sophisme comme le nom de l'autre dieu était porté par les baisers menteurs et par les comédies de caresses. [Han Ryner, Prostitués (ici)]

... Jules Mougin n'a jamais été un "prostitué" !


Premier intermède passablement anachronique et très brièvement dialogué :

Han Ryner : « Le cerveau est un second cœur. »

Jules Mougin : « On ne perd pas son temps en écoutant son cœur. »


Le général à la dérive
bois et matériaux divers
(Collection particulière)

On ne perd pas son temps en lisant Jules Mougin, en regardant ses dessins, ses peintures, ses sculptures. Et jusqu'à la fin du mois, une bien belle occasion de ne pas perdre son temps : c'est à Pouancé.

Pouancé, commune du Maine-et-Loire. Au lieu d'appeler la bibliothèque du nom d'un président aux incisives mal rognées, quelqu'un a eu la bonne idée, lorsqu'elle fut créée, de lui donner le nom de Jules Mougin.

C'était il y dix ans. Parmi d'autres festivités marquant cet anniversaire, une exposition est consacrée à Mougin. Tous les détails pratiques sont .

Comme il s'agit de Mougin, et que notre ami Daniel Lérault n'a pas peu participé à l'organisation de cet événement, je ne saurais trop vous inciter, si vous êtes dans les parages au cours des deux semaines qui viennent, à faire un petit détour par Pouancé.

Même si vous ne vous déplacez jamais sans votre rombière, ou si vous-même en êtes une :

Je voudrais que mon livre donne envie de danser à toutes les rombières de la terre. Voilà.

S'il vous est impossible de visiter l'expo, lisez au moins les billets consacrés à Mougin sur l'excellent blog (malheureusement clos) In girum imus nocte et consumimur igni. Une bonne partie des citations de Mougin utilisées ici, je les ai trouvées là-bas.

Enfin, une plaquette présentant Mougin et l'exposition de Pouancé est disponible pour 4€ franco de port, ainsi qu'une jolie carte postale mouginesque (1 €). S'adresser à Daniel Lérault (2 impasse des Hérons cendrés, 49420 Pouancé — daniel.lerault chez wanadoo.fr).


Second intermède passablement anachronique et très brièvement dialogué :

Napoléon Ier : « J'ai cinquante mille hommes et moi, cela fait cent cinquante mille hommes. »

Jules Mougin : « C'est parce que tu es cocu, lui répondit une vache. »


(Poème calligraphié extrait de Magma)
[...]
J’aime les yeux du crapaud
Je n’aime pas le regard du bourreau
Je n’aime pas Napoléon
Je n’aime pas Monsieur Thiers
J’aime Louise Michel
Je n’aime pas les colonisateurs
Je n’aime pas les menteurs
Je n’aime pas les ruines
[...]

(C'était encore Mougin.)

L'ami Lérault, qui assurément aime Mougin, et comme lui est pacifiste, n'aime pas beaucoup Napoléon. Mais s'intéresser n'est pas aimer, et Daniel eut l'occasion de s'intéresser à l'histoire napoléonienne.

En revanche, c'est certain, Daniel est un amoureux des livres, et aussi des vieux papiers. Il lui arriva un beau jour une aventure qui est le rêve de tout enfant, les petits et ceux parmi les grands qui n'ont pas tué l'enfant qui est en eux : il trouva une malle aux trésors !

Point de pièces d'or, ni de joyaux, ni de pierres précieuses, mais des manuscrits, carnets, feuillets, cartes et autres documents. Parmi tous ces papiers, un carnet contenant le canevas d'une histoire de Waterloo. Ce manuscrit avait été rédigé par le colonel baron Eugène Stoffel, célèbre pour ses Rapports militaires écrits de Berlin entre 1866 et 1870, alors qu'il était attaché militaire à l'ambassade, rapports qui prophétisaient la défaite et lui attirèrent pas mal d'ennui. L'histoire de Waterloo projeté par Stoffel fut écrite mais la trace du manuscrit définitif s'en perdit après 1907. D'où l'importance des documents contenus dans la fameuse malle.

Le colonel Eugène Stoffel était le fils du colonel Augustin Stoffel, et le neveu de Christophe Stoffel, colonel lui encore... Ces deux derniers colonels, nés suisses à Madrid, profiteront de la campagne d'Espagne pour déserter leur régiment suisse-espagnol et rejoindre l'armée impériale. Après la Restauration, ils seront des Cent-Jours, jusqu'à la défaite de Waterloo. Augustin tint un journal lors de cette campagne de 1815. Et ce journal était lui aussi présent dans la malle !

Au départ, Daniel comptait seulement publier et commenter le journal d'Augustin Stoffel. Mais Christophe est aussi un personnage intéressant puisqu'il fut l'un des tout premiers commandant de la Légion étrangère ! Ainsi, au fur et à mesure de ses recherches, l'ami Lérault s'est pris au jeu et a élargi son étude jusqu'à englober toute la carrière des deux premiers colonels, carrière qu'il retrace dans un livre récemment paru : De Waterloo à la Légion étrangère. Le singulier destin des colonels Stoffel. (autoédité, mais diffusé par la librairie Teissèdre-Clavreuil). 350 pages assez denses, contenant, outre l'étude sur les Stoffel, la transcription du Journal de la malle et celle du Livre de correspondance du régiment que commandait Augustin (conservé dans les archives de l'armée), ainsi que divers documents et une iconographie non négligeable. Le dernier chapitre est consacré à Eugène.

Je ne connais pas grand'chose à l'histoire napoléonnienne. Comme Mougin, je n'aime pas Napoléon — tout juste puis-je lui concéder la pitié, compagne adoucie du mépris, pitié que l'on doit, comme ultime reconnaissance de leur humanité malgré tout, aux pires criminels (pitié que l'on doit par conséquent à tous les chefs d'état, baffreurs de fric et autres grands de ce monde — aux autres, à tous les petits, à tous les volés, à tous les violés, à tous les parqués, à tous les usurpés, on ne doit pas la pitié, on doit le respect et l'entraide). Les Stoffel ne me sont donc guère sympathiques. Le bouquin de Daniel m'a cependant intéressé, mais, je l'avoue, surtout dans ses marges. Je vais en donner trois exemples parmi d'autres.

D'abord Daniel introduit chacun de ses chapitres par des citations gratinées de Bonaparte, citations que l'on peut immanquablement retourner contre lui :

J'ai créé la Légion d'honneur... C'est avec des hochets que l'on mène les hommes.

La guerre n'offre rien désormais de pire que la paix.

Il faut sauver les peuples malgré eux.

... notamment. Et aussi cet aveu :

L'empire de la loi s'arrête où commense l'empire de la conscience.

Et là, je ne peux qu'être d'accord avec le criminel.

Il y a aussi des passages intéressants sur l'invasion de l'Espagne où l'on se rend compte à quel point les valeureux soldats de l'époque se comportaient en mercenaires, désertant sans façon pour passer d'une armée à l'autre. Très loin de l'honneur et de la loyauté célébrés ordinairement comme vertus militaires...

Enfin, Daniel retranscrit un curieux — curieux pour notre époque — petit manuscrit d'Augustin Stoffel, liste intituléel : Chevaux que j'ai eu, où se révèle toute l'ambiguité de la relation qu'un militaire du début du XIXe siècle pouvait avoir avec ce qui constituait son véhicule personnel, et qui à la fois était un être vivant.

Vous pouvez vous procurer ce livre (et je vous le conseille bien évidemment) auprès de son auteur en lui écrivant à l'adresse indiquée plus haut.


Jules Mougin n'aime pas Napoléon, c'est dit. En revanche :

Et la pâquerette ce matin-là dit à jacinthe sa voisine :
Je n'ai qu'une fleur mais Mougin m'aime.


(Poème calligraphié extrait de Magma)
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13 août 2008 3 13 /08 /août /2008 21:10

En été, à peine finit-on de chômer qu'il faut chaumer. Ah, la bonne glane !

*

Vous allez comprendre :

Je pars pour bien trois semaines de pérégrinations volontairement éloignées de tout virtuel — de temps en temps, une bonne purge ne fait pas de mal. A peine reconnecté, je m'aperçois que j'ai manqué un magnifique événement : la naissance d'un bulletin fort prometteur, celui des Amis de Saint-Pol-Roux, œuvre de mon excellent camarade en blogosphère, j'ai nommé SPiRitus des Fééries Intérieures. Ce premier Bulletin reprend les compte-rendus d'époque consacrés au premier recueil du poète, paru en 1893 : Les Reposoirs de la Procession. Articles de la Revue Blanche, de L'Ermitage, de La Plume, du Mercure de France, etc.

Thèmes envisagés pour les prochaines livraisons : La Dame à la faulx (Dossier de réception) ; La Bibliothèque de Saint-Pol-Roux (essai de reconstitution) ; Jean Royère & S.-P.-R. : frères en poésie... Trois numéros pour 15€. Je souscris ! Tous les détails dans ce billet.

Post-Scriptum : on se rappelle qu'il n'y a pas si longtemps, les Fééries Intérieures et le blog Han Ryner s'étaient associés pour sortir un tantinet de l'oubli le poète nantais Emile Boissier. Ces mises en ligne nous ont permis de rencontrer Jean-Pierre Fleury, nantais lui-même, qui prépare une anthologie des poèmes de son concitoyen ! Sa générosité permet aujourd'hui à SPiRitus de publier cinq poèmes de Boissier dédiés à Saint-Pol-Roux ou à sa fille Divine. J'aurais moi-même bientôt l'occasion de vous faire découvrir un texte dédié à Ryner.

*

Suite du carnet rose, avec encore plus de retard — l'enfant va sur ses trois mois ! Le 15 mai 2008 naissait Scripsi, Bulletin des Amateurs de Remy de Gourmont, avec une première livraison bien normande consacrée au Mont Saint Michel vu par Remy. Bonnes fées, penchez-vous sur l'enfançon à cette adresse.

Et l'on nous annonce déjà le prochain numéro ! Thème : Trois satyres normands, Remy de Gourmont, Jean de Gourmont et Charles-Théophile Féret.

*

Et puis encore, signalés sur l'Alamblog, les premiers numéros :
— des Cahiers Germain Nouveau, consacré au copain de Rimbaud et de Verlaine, poète resté, mendiant mystique devenu [ici] ;
— des Cahiers de l'Institut — l'Institut ? oui, l'Institut International de Recherches et d’Explorations sur les Fous Littéraires, Hétéroclites, Excentriques, Irréguliers, Outsiders, Tapés, Assimilés, sans oublier tous les autres… — ; à tout seigneur tout honneur, une large place y est consacré au Prince des Penseurs, l'ahuricoassant Jean-Pierre Brisset (ah! l'amour des anoures) [].

*

Tant qu'on y est :

Amer #2, le second numéro de la belle et décadente revue finissante — les siècles finissent tous les cent ans — de la maisonnette d'édition Les âmes d'Atala. On s'y intéresse à la domesticité. Le premier numéro est téléchargeable (irrumer sans s'enrhumer — ça se dit ?). Sur le même site, un blog qu'on ne peut plus contourner (allez, un lien de plus dans la colonne à droite).

Le trentième numéro du "bulletin de critique bibliographique" (d'orientation libertaire) A contretemps est consacré au poète Armand Robin (si jamais vous ne connaissez pas Armand Robin, filez voir ce site). Voir l'annonce sur Anarlivres. On peut consulter les archives d'A contretemps à cette adresse : excellents articles sur, notamment, Marcel Martinet, Georges Navel, B. Traven, Stig Dagerman — pour s'en tenir aux plus "littéraires".

*

Uniquement sur la Toile :

Un nouveau numéro de Belphégor (Littérature populaire et culture médiatique) (revue dont j'ai déjà parlé ici), avec une partie thématique très riche consacrée aux "Femmes au bord de l'auteur", aux "écrivaines de l'ombre" :

"Longtemps cantonnées dans les genres mineurs ou minorées dans les genres majeurs, comment les femmes ont-elles tenté — si elles n'y sont toujours parvenues — de gravir les échelons de la carrière et de la notoriété littéraire pour s'imposer dans les Lettres ?
Ce numéro a pour vocation de remettre en lumière l'existence et l'identité de ces « petites mains » de la littérature, qui après avoir oeuvré à bas bruit dans les ateliers de la littérature industrieuse autant qu' « industrielle », ont été, pour solde de tout compte d'auteur, abandonnées dans les oubliettes de la postérité."

On notera en particulier un article sur André Léo (qui a récemment été évoquée ici sur le blog HR).

Et Vittorio Frigerio malmène la modestie consubstantielle à notre petit blog en signalant icelui dans ses annonces. Merci !

*

Butiné ici ou là :

Anarchiste non-violent : vous y voyez un oxymore ? j'y vois un pléonasme... Sur Anarchisme et non-violence 2, on peut (on doit) écouter Anita et André Bernard raconter leur expérience de réfractaires à la guerre d'Algérie au sein de l'Action Civique Non-Violente (cf. aussi ce site). On peut aussi, dans La Presse Anarchiste, lire un CR datant de 1965 du livre d'Albert Cossery La violence et la dérision, recension par Marcel Viaud dans le premier numéro de la revue Anarchisme et non-violence. Albert Cossery est mort le 22 juin dernier.

De temps en temps, une respiration, un repos, une méditation : sur le blog oniromancies, avec parfois des textes de Louis Prat, disciple de Renouvier et "grand frère aimé" de Han Ryner (on en reparlera).

*

Et le glaneur est fatigué. Nun mi enlitigas.

*

[L'un de mes livres de chevet ces temps-ci : Le Jardin ouvrier 1995-2003, d'Ivar Ch'vavar et camarades, chez Flammarion, tout récent, anthologie de la revue du même nom. Enthousiasmant ! Voir cet article par exemple. Je ne connais rien à la poésie contemporaine, il va falloir que ça change, foutre...]

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5 juillet 2008 6 05 /07 /juillet /2008 08:31

Le prix du pétrole augmente. Le problème de la pénurie commence semble-t-il enfin à être pris un minimum au sérieux, après trois décennies où l'on vous riait au nez si vous aviez le malheur de dire que le pétrole viendrait un jour prochain à manquer. (Dans les années 70, la question avait pourtant été posée, notamment par le Club de Rome.) Un exemple de cette relative prise de conscience : cette dépêche.

On parle en revanche pas mal des menaces du changement climatique induit par les activités humaines, sans vraiment les prendre en compte.

Je ne vais pas entrer dans les détails ici, sur un blog qui est principalement consacré à des questions inactuelles. Je vous invite simplement à aller visiter le deux sites suivants, qui font à mon sens de la bonne vulgarisation scientifique. Ce qui ne veut pas dire que j'approuve les options envisagées par leurs auteurs, qui acceptent semble-t-il fort bien le droit à la richesse démesurée pour quelques un-e-s au détriment des autres (alors que je souhaiterais plutôt le devoir de pauvreté — de sobriété, si l'on préfère — pour tou-te-s !) :
http://aspofrance.org/ le site de la branche française de l'Association pour l'étude des pics de production de pétrole et de gaz naturel
http://www.manicore.com/ le site de J.-M. Jancovici, excellent pour la problématique du changement climatique et du pic du pétrole (mais on n'est pas obligé de partager son avis sur le nucléaire, bien que ses arguments soient à considérer).

Pour d'autres réflexions et propositions dans un esprit qui est sûrement beaucoup moins "pragmatique" mais plus proche de celui qui nous agrée, il faut bien sûr se tourner vers la mouvance de la décroissance. En vrac, et sans préjuger des vanités, des querelles de dogmes, des enculages de mouche et des éléments parfois douteux qui s'y mêlent :
http://www.decroissance.org
http://www.ladecroissance.net
http://www.apres-developpement.org
http://www.decroissance.info

Pour ce qui nous attend, entre le marteau climatique et l'enclume énergétique, il y a une leçon à prendre dans la pensée rynérienne : préférer la volonté d'harmonie à la volonté de puissance.

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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 17:57

Non, ce n'est pas un site internet qui a besoin d'argent, mais une librairie en dur et en bouquins, associative et anar, en la bonne ville de Besançon.


30 000 € pour Lautodidacte.org

Ouverte en octobre 2000 par le groupe Proudhon de la fédération anarchiste, la librairie L’autodidacte.org (5 rue Marulaz 25000 Besançon – http://lautodidacte.org) s’est imposée comme un lieu de débat politique, de rencontre, de culture vivante.

Petites maisons d’éditions, artistes, auteurs, militants s’y sont succédés. Citons, entre autres, Cesare Battisti, Mathieu Ferré, Jean Bernard Pouy, Maurice Rajsfus, Louis Arti.

Aujourd’hui, cette initiative risque de prendre fin, le local étant en vente.

Nous avons décidé de sauter le pas et d’acheter les locaux pour continuer l’aventure.

C’est pourquoi nous lançons dès aujourd’hui une souscription pour réunir la somme qui nous manque : 30 000 €.

Si vous estimez que l’existence de Lautodidacte.org est nécessaire en ces temps de réaction galopante, vous pouvez participer à cette souscription, en parler autour de vous. Une multitude de petites sommes peuvent à la fin constituer une grosse somme.

Chèque à l’ordre de : Librairie l’Autodidacte

Pour les virements nationaux, nos coordonnés bancaires :
Librairie l’Autodidacte, Crédit lyonnais,
n° de compte : 0000483629Q clé rib : 63 code banque 30002 Code guichet 05500
domiciliation CL Besançon

Pour les virements internationaux,
IBAN FR68 3000 2055 0048 3629 1171 Q63
BIC (adresse swift) CRLYFRPP
Indiquer souscription local

Merci de faire suivre


Source : http://groupe.proudhon-fa.over-blog.com/article-20774957.html

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18 juin 2008 3 18 /06 /juin /2008 17:31

J'avais signalé en son temps la parution du numéro 4 (voir) du Grognard, jolie publication qui se veut dans la lignée des revues mythiques de la fin du XIXè siècle (ou du début du suivant), mais revendique aussi l'héritage des petites revues anarchistes individualistes de la même époque.

Six mois passent... et c'est maintenant deux livraisons que je dois annoncer !

Le numéro 5, thématique, pose la question : "Solitaire ou solidaire ?"

Ryner aurait sans doute répondu deux choses :
• "Individualisme de l'esprit, communisme des mains" — penser seul (pour l'art, et la conduite de sa propre vie, qui est aussi un art), agir en commun (pour les nécessités matérielles) 
• "Individualisme méthode de fraternité" — la connaissance et la sculpture de soi rend plus efficace l'amour (au sens large) que l'on peut porter à autrui.

Mais voici la présentation de ce numéro par Stéphane Beau et Stéphane Prat :

Comment peut-on, de nos jours, oser s'avouer nietzchéen, oser clamer son individualisme, oser se dire oisif, fainéant, hédoniste sans avoir à justifier à longueur de journée que toutes ces attitudes, loin d'être perverses, négatives, destructrices, insensées, inadaptées, ne constituent au fond qu'un simple rétablissement de l'ordre logique des choses, que l'on peut être solitaire et solidaire, fainéant et actif, oisif et riche, nietzchéen et humain, très humain...

Autant de questions auxquelles nous allons essayer d'apporter ici quelques éléments de réponses, une fois de plus... sans illusions.

Et puis le sommaire :

- Couverture : Sommaire
- Edito : Stéphane Beau, Stéphane Prat
- Philippe Corcuff : Entretien - du relationnisme méthodologique à la Social-démocratie libertaire
- Christian Tanguy : Deux chants solidaires (poème)
- Stéphane Prat : Le parti de la fainéantise
- Serge Muscat : Les illusions du 21e siècle
- Edward Carpenter : La civilisation, sa cause et ses remèdes
- Fred Johnston : Aux yeux bandés (poème)
- Stéphane Beau : Manifeste du parti individualiste
- Guy Darol : Fiesta pour l'oisiveté
- Bruno Toméra : Physique des poivrots (poème)
- Stéphane Prat, Pascale Arguedas : Du côté des livres
- 4ème de couverture

Le numéro 6 vient quant à lui de paraître (et n'est pas thématique).

Au sommaire :

- Couverture : Sommaire
- Pascale Arguedas : entretien avec Michel Volkovitch
- Michel Volkovitch : Journal Infime (extrait)
- Claude Pérès : Si dieu est mort, tuons l'individu
- Patrice Locmant : Survie (poème)
- Mitchell Abidor : American Rebels ; W.-L. Garrison
- Mitchell Abidor : Homejades
- Thomas Vinau : L'Etang (poème)
- Jean-Jacques Nuel : Brefs 1 & 2
- Aristie Trendel : Une année solaire (extrait)
- Henri Roorda : Proclamation aux electeurs intelligents
- Mikaël Lugan, Stéphane Prat, Stéphane Beau : Du côté des livres
- 4ème de couverture

Je cueille l'un des "Brefs" de J.-J. Nuel :

Pardonnez-nous notre enfance, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont enfantés.

Le Grognard est une revue, mais c'est aussi une association loi 1901. Tous les détails sur le blog du Grognard. Et si le cœur vous en dit, la possibilité d'adhérer...

Sans oublier le site : http://pagesperso-orange.fr/legrognard/

Last but not least, Stéphane Beau, l'animateur solitaire et solidaire du Grognard, que l'on savait déjà critique littéraire et palantologue averti (preuve), nous montre qu'il ne manque décidément pas de flèches dans son carquois puisqu'il est l'auteur d'un roman : Le Coffret.

Il a été question, dans les deux précédents billets d'utopies libertaires. Le Coffret se situerait plutôt du côté des dystopies, et à la lecture des 40 premières pages, on pense un peu à Fahrenheit 451, en plus ouaté peut-être.

Ce roman n'a pas encore tout à fait d'éditeur, mais d'une certaine manière, il ne tient qu'à vous qu'il en soit autrement. Comment ? A vous de juger !

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 20:50

J'ai failli oublier de le signaler... et je m'en serais bien voulu !
Ça se passe à Paris, les 30 mai et 1er juin prochains :
— 79 (petits) éditeurs, revues ou assos
— 109 auteur-e-s
— et des milliers de livres...
Des livres qui, de près ou de loin, tournent tous autour de belles idées et de combats nécessaires — les idées anarchistes, les combats libertaires.

C'est le Salon du Livre Libertaire 2008.

On notera, sur des thématiques proches de celles du blog Han Ryner, la présence du CIRA (Centre International de Recherches sur l'Anarchisme), de l'Union Pacifiste, de la Société Octave Mirbeau (donc de Pierre Michel), de la revue Gavroche... On pourra aussi y rencontrer Caroline Granier (citée ici), qui a fait une thèse remarquable sur les écrivains anars de la fin du XIXè siècle, et a récemment publié "Quitter son point de vue". Quelques utopies anarcho-littéraires d'il y a un siècle (éd. du Monde Libertaire) — bouquin qui nous intéresse fichtrement puisque l'une des utopies étudiées est celle des Pacifiques de Han Ryner !

Et puis encore : Jacques Vallet (cité ici), et Jean-Pierre Duteuil (cité ), et Céline Beaudet (auteure de Les Milieux libres, vivre en anarchiste à la Belle-Epoque, éd. Libertaires), et Jimmy Gladiator (cénéto-surréaliste conteur d'un alléchant Eléphants de la patrie, éd. Libertalia), et l'excellente revue Réfractions, et..., et..., et... Eh bien, il ne reste plus qu'à s'y rendre ! Tous les détails pratiques à cette adresse : http://salonlivrelibertaire.radio-libertaire.org/

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9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 12:22

Parmi tout un tas d'échos microlocaux tant municipaux qu' électoralo-circassiens, nous sont parvenus quelques inquiétants bruits de bottes en provenance d'Amerique latine, du côté de la Colombie, de l'Equateur et du Venezuela. Les démagogues du coin se sont finalement arrangés et l'on put s'esbaudir d'une émouvante accolade entre Hugo Chavez et Alvaro Uribe.

Pendant ce temps, je suppose que la Colombie est toujours recordman des assassinats. Les kakis narco-marxistes rangent leurs otages sur des étagères dans la jongle : « Bouffe du parasite tropical, y'a qu'ça ! » Ingrid Betancourt, parmi bien d'autres, crève de maladie et de mauvais traitements. De l'autre bord, les narco-para-ou-non-militaires jouent sans doute toujours au foot avec des têtes de gosses, et viennent présenter le résultat des matchs à Uribe, sous le regard détourné de l'oncle Sam. Quant aux autres, le monde toujours aussi pérenne s'en branle ! La situation est donc revenue à la normale.

Il me paraît cependant intéressant de publier cette déclaration d'anars et d'antimilitaristes sud-américains, même si elle est un peu dépassée.


Déclaration des latino-américains antimilitaristes :

Nous n’avons pas besoin d’une autre guerre. Nous, objecteurs de conscience et antimilitaristes d’Equateur, Colombie, Venezuela et de l’ensemble de l’Amérique latine et des Caraïbes ensemble nous refusons de participer à l’escalade agressive qui conduit à la guerre qui à nouveau tenterait de nous diviser. Nous avons assez à faire avec la faim, la corruption, le militarisme rampant, l’obscénité des budgets militaires, l’insécurité, les continuelles violations des Droits Humains par nos gouvernants, pour les laisser nous conduire à un nouveau conflit armé.

La guerre ne fait que renforcer le nationalisme dans les pays impliqués, augmentant la xénophobie qui existe toujours dans nos pays. Il permettra aux forces armées de donner d’autres excuses pour augmenter leurs budgets et cachera les problèmes qui empestent toujours plus les peuples en Amérique latine et dans les Caraïbes : l’impossible contrôle de l’exploitation de nos ressources, le taux toujours plus élevé du chômage,la discrimination et la violence, la corruption et les mafias au pouvoir, des communautés entières déplacées pour cause de guerre ou la monoculture, racisme et la discrimination de classe, etc. Rien de cela ne peut être résolu par la guerre Au contraire, la guerre signifie que ces problèmes vont s’aggraver juste comme dans chaque dictature et chaque guerre civile.

La guerre entre les Etats d’Amérique latine est aussi une guerre civile entre frères, conduits au massacre par des gouvernements militaristes, qu’il soient de droite ou de gauche. Les seuls gagnants dans cette guerre fratricide seront les marchands d’armes mondiaux qui aux Etats-Unis et dans la Fédération de Russie construisent leurs laboratoires de guerre et d’oppression dans nos pays sous l’euphémisme du « Plan Colombia ».

Nous disons non à la guerre et à sa préparation. Non au pouvoir des militaires, qu’ils soient de gauche ou de droite. Oui à l’autonomie des peuples et à leurs luttes. Oui à la fraternité latino-américaine.

Antimilitaristes Latino-américains et Caraïbes

Organisations et personnes :

Internationales des Résistants à la Guerre (IRG/WRI) ; Groupe d’affinité antimilitariste d’Asuncion GAAA (Asuncion-Paraguay) ; Pelao Carvallo,conseiller IRG ; Yeidi Luz Rosa Ortiz, Maison féministe de rosa –Quito, Equateur ; Périodique El libertario - Venezuela ; Xavier Leon, groupe objection de conscience de l’Equateur- GOCE ; Mouvement Antimilitariste de Carabanchel Espagne ; Mouvement d’objection de conscience du Paraguay Moc Py ; Alicia Zàrate-artiste visuelle- SOS Terre. Arte action. Arg. ; Claudia Ruiz Herrrera- artiste visuelle ; Osmar Arturo Duran ; Collectif Utopie Acrate libertaire ; Athénée autonome de contre culture et études acrate ; Elda Munch Comini, Rosario, Santa fé, Argentine ; Laura Fernandez, argentine; Rafael Cuesta; Collectif Libertaire-Guayaquil, Equateur ; Violeta Franco, feministe antimilitariste ; Marai Luisa Rojas Bolanos, femme, mère et grand’mère. Médecin, professeur de la Faculté de Médecine de la UADY Mérida, Yucatan, Mexique ; Fanfare « grito libertario » ; Ernesto Soltero Resistance civile, Caracas, Venezuela.


J'ai reçu hier cette déclaration par l'intermédiaire du Libertaire. Il s'agit apparemment de la traduction du texte posté jeudi sur a-infos : http://www.ainfos.ca/ca/ainfos09689.html, à ceci près que la liste des signataires semble avoir évolué. Dans le texte, il est question du "plan Colombie" — si vous ignorez de quoi il s'agit, allez donc faire un tour sur le site du Monde Diplomatique à cette adresse : http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/ameriquelatine/plancolombie-intro. Je crois me souvenir qu'un bouquin sur le sujet avait été édité par No Pasaran, mais il n'a pas l'air d'être encore disponible. Je possède aussi une petite brochure "fanzinée" (Plan Colombia — Un Vietnam sud-américain ?, le passant LE PASSEUR, s.d. [vers 2001], 41p.), compilant des textes parus sur le réseau Indymédia. Tant qu'on y est, et si vous comprenez l'espagnol, il peut être instructif de consulter la section colombienne dudit réseau : http://colombia.indymedia.org/. Malgré ce que je disais en introduction, ce serait injurier les Colombiens de croire qu'ils se répartissent tous en abrutis narco-staliniens, brutes narco-fascistes et enfoirés narco-impérialistes. Pour un point de vue plus spécifiquement libertaire, le site du journal vénézuelien El Libertario : http://www.nodo50.org/ellibertario/.

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 11:35

La gorge déchirée d'angine et la cervelle dans un étau, je me traîne péniblement vers l'inintelligence artificielle, et après les quelques dizaines de redémarrages habituels, je m'agrippe au Filet et mouline du chalut.

undefined Bonne pêche ! Sur l'incontournable Alamblog, le Préfet Maritime annonce ici la parution d'un numéro de la revue Brèves (Anthologie permanente de la nouvelle) consacrée aux "Retourneurs d'idées". Qui donc "retourne des idées" ? Pêle-mêle : Georges Darien, Isabelle Eberhardt, Louise Michel, Félix Fénéon, Victor Barrucand, Jean Réflec, Jules Vallès, Alphonse Allais et Flor O’Squarr. Tout ça vous a un parfum libertaire bien agréable...

Et pour cause ! L'introduction et le choix des textes sont de Caroline Granier, auteure d'un formidable boulot sur les écrivains anarchistes en France à la fin du XIXe, "briseurs de formules autant que d'images" (suivant un mot de G. Darien). Le résultat : une thèse, fort agréable à lire, que vous pouvez consulter sur RA Forum à partir de cette page. Han Ryner y est étudié au moins pour La Fille manquée, Le Cinquième évangile et Les Pacifiques.

Mais revenons à cette mini-anthologie de la nouvelle libertaire. Je suis d'autant plus heureux qu'une initiative de ce genre ait pu trouver réalisation qu'un fantasme identique me trottait par les méninges ces derniers temps. Cela suite au dépiautage de revues disponibles sur Gallica (je pense particulièrement à L'Art Social) et à la lecture d'un article de Vittorio Frigerio qui s'est penché sur un corpus de 113 textes de 79 auteurs différents. Frigerio a tenté de classer ces nouvelles par genres ou thèmes, et voici ce qu'il obtient :

  • La "tranche de vie" : 25 nouvelles
  • L'"Allégorie" ou la "Parabole" : 20 nouvelles dont 7 se rattache au sous-genre des "contes de Noël"
  • La situation de la femme (l'ouvrière, la prostituée) : 16 nouvelles
  • L'illustration de la révolte et de la violence : 11 nouvelles
  • Les parodies humoristiques : 7 nouvelles
  • La représentation de la société post-révolutionnaire : 7 nouvelles.

(V. Frigerio : "Eléments pour une rhétorique de la nouvelle anarchiste", in Rhétorique des discours politiques, sous la dir. de P. Marillaud et R. Gauthier, Toulouse, CALS/CST, 2005.)

Cela recopié simplement pour donner une idée de la diversité — et peut-être de l'inattendu ! — du champ de la nouvelle anar.

Allez, tiens, je vais être sincère, et si gravement ingénu que je vais dévoiler mon songe dans sa plénitude. Ce que je souhaiterais, ce serait l'édition d'un gros volume (genre Omnibus) ou alors une parution suivie en fascicules d'une Grande Anthologie de la Nouvelle Anarchiste des origines à nos jours. Travail à la fois colossal, compte-tenu du nombre de collections de périodiques — des revues XIXe aux fanzines anarchoqueerpunks des dernières années — à dépouiller sur les étagères des CIRA et autres centres de docs anars, et incertain : il est bien évident que tous les textes ne sont pas de la qualité de ceux que C. Granier a pu sélectionner. Mais, diantre foutre !, tant qu'on laisse un texte dans l'oubli, il ne risque pas de plaire ou de déplaire à quiconque. Et en ce qui me concerne — mais je suis un rustre — il me semble qu'il n'y a rien d'indigne à déguster vin raffiné un jour, gouleyer gros rouge qui tache au lendemain. Deux plaisirs différents, soit, mais si l'un et l'autre sont mon plaisir et ne font de mal à personne ?...

Tout cela pour dire que j'espère que ces "Retourneurs d'idées" en format court seront bientôt suivis par d'autres... Peut-être même avec quelque élucubration d'un certain Prince des Conteurs, dont Jean Aicard préfaça le premier roman et qualifia ainsi son auteur :

[...] vous êtes l'un l'un des plus inquiétants retourneurs d'idées et de mots que je connaisse. [J. Aicard, préface à Chair vaincue, par Henri Ner (1889)]

[Post-Scriptum du 9 février : ma lutte contre l'infection microbienne m'a fait négliger de préciser qu'une seconde partie de la livraison de Brèves est consacré à un autre libertaire, Jacques Vallet, et à sa revue Le Fou parle (1977-1984). Un long entretien avec Vallet est lisible ici sur le site des éditions Hermaphrodites.]

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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 12:21

undefinedhttp://gustave.jossot.free.fr/

... c'est l'adresse d'un site tout récemment mis en ligne, riche et bien beau, et consacré au caricaturiste Jossot.

Anarchiste, puis converti à l'Islam, initié au soufisme, avant de finir athée, Jossot est un drôle de personnage. Encore un inclassable, donc un type éminemment intéressant !

Et qui eut des contacts avec Han Ryner, comme on pourra le lire ici.

Je pense que j'aurai l'occasion d'en parler plus longuement sur ce blog, mais je ne voulais pas laisser tarder cette annonce. L'animateur de ce site, Henri Viltard, a consacré une thèse à Jossot, dont il a tiré un livre, qu'il cherche à faire publier... avis aux éditeurs !

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30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 20:00

Le numéro 4 du Grognard est paru ! Comment ? Vous ne connaissez pas Le Grognard ?

« Loin des modes et des avants gardes, des esprits de chapelle et du parisianisme, tous les trimestres, Le Grognard vous propose une sélection de textes originaux et de trésors oubliés.
Résolument inactuel, Le Grognard affiche ouvertement sa nostalgie pour les revues mythiques du 19e siècle : La Plume, La Revue Blanche, Le Mercure de France… mais aussi pour certaines revues anarchistes fortement teintées d'idéologie individualiste telles que L'En dehors, L'Unique, L'Ordre Naturel, La Mêlée
Sur le fond ? Le Grognard n'a pas de limites. Les seules exigences qu'il s'impose sont : curiosité, ouverture d'esprit, respect des différences et refus des discours verbeux et autres jargons branchés. Au programme de chaque numéro : des articles de fond, des extraits de livres juste parus ou à paraître, des entretiens, des poèmes, des chroniques, des critiques de livres... »

Avec un tel programme, impossible de ne pas signaler cette revue sur le blog Han Ryner !

grognard4.jpg Au sommaire, donc :

- Goulven le Brech : Entretien sur Jules Lequier
- Jules Lequier : La Feuille de charmille
- Paul-Henry Vincent : Sagesse des fous
- Erik Petiteau : Erotisme urbain
- Mitch Abidor : American rebels : Lysander Spooner
- Vanessa Trendel : A Venir
- Stéphane Beau : Contingences 7 & 8
- Serge Muscat : L’Homme satisfait et l'homme qui cherche
- Pascale Arguedas : Graine de chant
- Alain Boyer : Alliances
- Gustave Mandamour : Lettre à Aglaé Vadet
- Pascale Arguedas, Stéphane Beau, Michel Vanoosthuyse : Du côté des livres.

Site : http://pagesperso-orange.fr/legrognard/


Au moment où l'on se foutait encore sur la gueule dans l'une de ces zones urbaines misérables qui existeront tant que la richesse se concentrera dans d'autres quartiers - et que le désir de richesse existera -, je recevais la dernière livraison de Réfractions, consacrée aux « Politiques de la peur ». Au sommaire du n°19  de cette remarquable revue de "recherches et expressions anarchistes" :

refrac19.jpgPrésentation
Dossier
La « société du risque » : une peur qui rassure ? Jean-Pierre Garnier
La France et ses peurs légitimes, Ronald Creagh
Angoisse, peurs et liberté, Alain Thévenet
Les chemins de la peur, Eduardo Colombo
Détermination contre terreur au Mexique, Annick Stevens
Les âmes qu’on malmène, Heloisa Castellanos
Joaquin Penina, le fusillé de Rosario, Eduardo Colombo
Transversales
Actualité d’Arthur Lehning, Thom Holterman
Anarchisme, nationalisme et nouveaux États,
Uri Gordon
Disperser le pouvoir, un espoir en Amérique latine, entretien avec Raúl Zibechi
Commentaires
Logiques totalitaires, Pierre Sommermeyer
Islam, histoire, monadologie, Edouard Jourdain
L’anarchisme et le droit ouvrier, Daniel Colson
Les livres, les revues, etc.

Site : http://refractions.plusloin.org/

J'en profite pour signaler le numéro précédent, consacré à l'"Ecologie, graines d'anarchie", avec pas mal de perspectives constructives.

Réfractions avait consacré son cinquième numéro à "Violence, contre-violence, non-violence anarchistes", ce qui aurait intéressé Han Ryner au plus haut point. Les textes de ce numéro sont en ligne à l'adresse suivante : http://refractions.plusloin.org/spip.php?rubrique30.


Il y a déjà quelques temps que traîne dans un coin de mon disque dur un billet sur le numéro de juin 2007 de Belphégor, revue électronique dont le responsable n'est autre que Vittorio Frigerio qui consacra récemment un article à Han Ryner (cf. ici). Voici donc ma bafouille.

belphegor-0607.gif Revue en ligne créée en 2001, Belphégor est consacrée à "l'étude des littératures populaires et de la culture médiatique". Cela peut donc aller des feuilletons du XIXe siècle aux jeux vidéos d'aujourd'hui, en passant par le polar, la SF, la presse à l'eau de rose, le cinéma, les séries télévisées et la culture du web... Les contributions sont de niveau universitaire, ce qui peut parfois poser quelques problèmes aux non-spécialistes. Les articles que j'ai parcourus ne sont cependant pas trop jargonnants. Pour le profane, il y a un autre écueil à la compréhension, mais j'en parlerai plus loin.

Le numéro de juin 2007 s'intéresse à "L'Anarchisme et la littérature de masse". La relation est à double sens : quel anarchisme dans la littérature populaire ? et quelle littérature populaire chez les anars ?

Deux études, l'une sur la série des Fantomas - série anarchisante selon certains critiques, l'autre sur la figure de l'anarchiste dans la fiction cinématographique française, relèvent du premier point de vue.

Le second est riche de cinq contributions.

Si les familiers de la culture libertaire ne seront pas surpris de lire ici un article sur l'oeuvre de B. Traven, ils seront peut-être davantage intrigués par une synthèse sur l'oeuvre littéraire de Ricardo Flores Magón. Le révolutionnaire mexicain moustachu (pléonasme ?!) est en effet l'auteur de plusieurs contes et de quelques pièces de théâtre.

Quant à Carlo Tresca, j'ignorais jusqu'à son nom. Révolutionnaire non encarté mais proche des IWW, ami d'A. Berkman et d'E. Goldman, Tresca est apparemment assez connu outre-Atlantique, notamment pour avoir été assassiné en 1943 (meurtre jamais élucidé). C'est son autobiographie qui est disséquée ici.

Belphégor est une revue internationale, mais aussi multilingue, et c'est là l'écueil que je signalai plus haut. Ainsi suis-je assez frustré de ne pouvoir lire aisément une étude sur "l'anticipation et la poésie utopique" chez les libertaires espagnols du XIXe, sujet fort alléchant, mais texte en italien... Le multilinguisme a donc ses inconvénients, mais à bien y réfléchir - en toute ingénuité -, pour une revue internationale, ce n'est pas un mauvais choix : préfère-t-on vraiment, dans le domaine littéraire, une uniformité de contributions en "globish" ?

L'anglais n'est d'ailleurs évidemment pas banni, en témoigne un intéressant article sur la BD anarchiste (incluant la caricature).

Je ne me suis intéressé ici qu'au dossier ;  il y a d'autres contributions sur des sujets variés, mais vous les découvrirez vous-mêmes.

Site : http://etc.dal.ca/belphegor/

Un nouveau numéro a été récemment mis en ligne, une édition spéciale reprenant un Que sais-je ? de Lise Queffélec-Dumasy sur Le Roman-feuilleton français au XIXe siècle, étude depuis longtemps épuisée. Cette première réédition électronique devrait être suivie d'autres numérisations d'ouvrages épuisés. A suivre donc...

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Que trouver ici ?

Des textes et documents de, sur et autour de Han Ryner (pseudonyme de Henri Ner), écrivain et philosophe individualiste, pacifiste et libertaire. Plus de détails ici.

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A signaler

⇓ A télécharger :
# une table des Cahiers des Amis de Han Ryner.
# les brochures du Blog Han Ryner.
# un roman "tragique et fangeux comme la vie" : Le Soupçon.

ƒ A écouter :
l'enregistrement d'une conférence de Han Ryner.

 Bientôt dans votre bibliothèque ?

De Han Ryner :

L'Homme-Fourmi
La Fille manquée
http://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpgLe Sphinx rouge
Les Paraboles cyniques
L'Individualisme dans l'Antiquité
Comment te bats-tu ?
1905-pmi-2010Petit manuel individualiste
Le Cinquième évangile
Couverture de la réédition du Le Père Diogène
Pour les germanistes... Nelti

Sur Han Ryner :

Le colloque de Marseille

Autour de HR :

4è plat de couverture du n°3 d'Amer, revue finissanteUn conte d'HR
dans Amer, revue finissante
Couverture du Ryner et Jossot
dans Le Grognard...
Couverture des Un livre de Louis Prat
Couverture d'une anthologie de poèmes d'Emile BoissierDes poèmes d'Emile Boissier
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