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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 19:41

J'ai pas mal délaissé ce blog ces temps-ci (mais je n'ai pas complètement chômé pour autant, on devrait s'en rendre compte bientôt).

Bien sûr, le monde ne s'est pas arrêté de tourner entre temps, et si je vais éviter de parler des horreurs que l'actualité charrie sans cesse, à commencer par ces monstrueuses cacades estivalement propulsées d'entre les plus hautes demi-sphères de l'Etat, je me dois de signaler quelques petites consolations imprimées qui m'ont bien aidé à vivre ces derniers temps.

J'honore d'abord des amis proches, mais il y aura un autre billet pour rattraper le retard.

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CJLJ'avais déjà évoqué la naissance, à l'iniative de l'ami Goulven Le Brech, de l'association des amis de Jules Lequier, ce philosophe méconnu, ami de Renouvier — lequel se considéra d'ailleurs comme son disciple.

Depuis est paru un Cahier Jules Lequier, publication annuelle de belle facture, avec notamment dans cette première livraison, une petite synthèse de Donald Wayne Viney qui constitue une belle introduction à la pensée de Lequier.

SOMMAIRE :

Editorial : Les amis de Jules Lequier
« Eléments sur la vie et la pensée philosophique de Jules Lequyer », Donald Wayne Viney

Baptiste Jacob (1858-1909)
« L’engagement de Baptiste Jacob », Goulven Le Brech
Correspondance Jacob-Renouvier (1890-1892)
« Jules Lequier », Baptiste Jacob (1905)

Gérard Pyguillem (1920-2001)
« In memoriam, Gérard Pyguillem », Michel Valensi
« Jules Lequier », Gérard Pyguillem

Actualités de Jules Lequier

Publication de l’association, 104 p., 200 ex numérotés.
Prix : 12 euros
ISBN : 978-2-9536099-0-5

Et on peut commander ici : http://juleslequier.wordpress.com/

Goulven a présenté ce premier cahier sur France Culture dans l'émission "A plus d'un titre" (la même qui avait accueilli Bernard Pautrat à l'occasion de la réédition en janvier dernier du Petit manuel individualiste). On peut écouter cette émission sur youtube.

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LG14Après Motus, beau recueil de nouvelles de Frédéric Saenen, Le Grognard poursuit la publication de numéros thématiques avec une assez copieuse livraison consacrée au philosophe Clément Rosset, coordonnée de belle manière par Stéphane Prat — dont on apprécie sur le net l'esquive du Manchot Epaulard. Voici l'avant-propos à ce Grognard n°14 :

A un philosophe artiste, un Grognard artiste !

Nous sommes partis de l’idée que la philosophie seule ne serait à même de révéler le suc ontologique de la philosophie de Clément Rosset, de la même manière que selon lui le génie philosophique ne saurait à lui seul donner raison au réel. Si la philosophie devait être de ce recueil, il convenait de l’aiguillonner et de mettre à l’épreuve ses limites, — concernant le réel en général et la philosophie de Rosset en particulier —, par des contributions fort diverses, et aussi de non-philosophes, au sens professionnel ou classique du terme, qui ont croisé ses chemins « idiots », par le livre, bien sûr, mais également dans la vie, ou encore par « les hasards féconds » de l’écriture.

Il nous a aussi semblé respecter l’aspect essentiellement critique de son ontologie « idiote » en offrant échos, aussi nettement que possible, aux réserves et objections plus ou moins spontanées dont elle fait l’objet. Voilà bien là encore un constat rossetien assez récurent que de souligner combien la critique (pour peu que cette critique ne fasse pas semblant de critiquer) rend souvent beaucoup plus fidèlement la teneur des cogitations qu’elle passe au grill de sa contradiction argumentée, que ne le font leurs zélateurs, détournant parfois leurs réponses de leurs questions initiales, ou imaginant à leur philosophe favori des réponses à des questions qu’il ne se pose pas.

S’il faut à la critique une bonne dose d’admiration et un certain apprentissage partagé dans Le Choix des mots, — susceptibles de donner leur ton à nos passages terrestres, quand bien même s’étiolent-ils autour de l’idée fixe que tous les chemins s’équivalent sur le point essentiel qu’ils ne mènent réellement nulle part, — il ne s’agit pas ici de diffuser la parole de Clément Rosset comme la bonne parole, ni d’en jeter ce qui disconvient à un idéal de positivité absolue ou de paix de l’âme, et de n’en garder que ce qui les contenterait. La pensée comme l’appétit de vivre évoluent à l’évidence, selon Rosset, dans des eaux beaucoup plus troubles et cruelles.

Et au final, le propos de nos propos aura été de présenter l’ontologie du réel de Clément Rosset telle qu’elle se présente réellement. Ainsi les fragments et autres « épreuves de réel » ou « présents » qu’on trouvera dans ce volume, avaient-ils quelque chance de sonner comme des contre-points libres aux emprunts que nous faisons allègrement à ses écrits.

Nous remercions vivement Clément Rosset pour le hors-d’œuvre qu’il nous a permis d’extraire de deux de ses livres, et pour les réponses fort simples qu’il a apportées à nos questions si alambiquées. C’est par ce « courrier au lecteur », l’homme qui en savait en trop, que s’ouvre ce recueil.

Stéphane Prat

TABLE DES MATIERES

Avant-Propos - Stéphane Prat
L'homme qui en savait trop - Clément Rosset - Stéphane Prat

1. Hors-d'oeuvres
Tout n'est pas entièrement ténèbres - Clément Rosset
Raconte moi un camembert - Clément Rosset

2. Raccourcis pour le sud de nulle part
Notes d'un incapable - Stéphane Prat
L'idiotie d'Alberto Caeiro - Éric Bonnargent
Le naufrageur naufragé ou la joie nihiliste - Koffi Cadjehoun
Quel drôle d'animal que le réel ! - Nicolas Delon

3. Epreuves de réel, présents
Le cactus à tarentules - Stéphane Prat
Journal sans titre - Emmanuel Thomazo
Coquecigrues Grimaces Caresses - Henri Droguet
Mystères, charabias et bégaiements - Jean-François Mariotti

Du côté des livres - Koffi Cadjehoun, Pascal Pratz, Jacques Lucchesi, Stéphane Beau

92 pages, dix euros, à commander ici.

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Remarque buissonnière : le titre, Ethique à Quauhnahuac, quelque peu énigmatique au premier abord, est une référence au roman de Malcolm Lowry Au-dessous du volcan, dont il est question dans « Tout n'est pas entièrement ténèbres », l'un des "hors-d'œuvres" offerts par Rosset — il s'agit d'un fragment de Le réel, traité de l'idiotie. Quauhnahuac est le nom d'origine de la ville mexicaine de Cuernavaca, dans laquelle le héros du roman de Lowry poursuit ses divagations éthyliques. M'étant pris au printemps d'une tocade pour la poésie (magnifique) des anciens Nahuas (les Aztèques, pour faire vite), j'ai eu la curiosité d'aller voir ce que signifie "Quauhnahuac" : en nahuatl, ça veut dire "près des arbres", ou "le lieu des arbres". Par ailleurs, l'idée de "vérité" est généralement traduit en nahuatl par le mot "neltiliztli", qui a le même radical "nel" que "nelhuatl", qui veut dire "racine" (au sens le plus concret, botanique, du terme). Selon Miguel Léon-Portilla (La pensée aztèque, Seuil, 1985, p. 65), pour les anciens Nahuas, la vérité c'est la qualité de ce qui est ferme, bien fondé, bien enraciné. Résumons : un ivrogne et le réel version Rosset, des arbres, leurs racines et la vérité version nahuatl. Je ne pousse pas plus loin mais je crois que ça peut déclencher de jolies rêveries...

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LG15-copie-1Et comme j'ai décidément pris un gros retard, et que les Grognard se suivent et ne se ressemblent pas, voici déjà le n° 15, un numéro généraliste, plus court (une cinquantaine de pages). J'ai bien aimé en particulier la nouvelle de Nasser, « L'Homme de la rue », ainsi que les trois contributions poétiques de "L'atelier des muses".La belle illustration de couverture est d'Anne-Sophie Atek, dont on peut admirer pas mal d'oeuvres ici.

Au sommaire :

Octave Mirbeau : Ravachol
Pierre Michel : Octave Mirbeau et Ravachol
Claude Pérès : La Réalité est une source de jouissance
Rodrigue Véron : Entre cynisme et naïveté (nouvelle)
Olivier Verdun : Le Bon Dieu sans confession
Nasser : L'Homme de la rue (nouvelle)
Christophe Esnault, Jean-Baptiste Pedini, Alain Helissen : L'atelier des muses (poèmes)
Goulven Le Brech, Stéphane Beau, Pascale Arguedas : Du côté des livres

Toujours dix ronds (mais seulement trente pour un abonnement de quatre numéros).

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commentaires

stephane 14/09/2010 21:15



Merci !



Stéphane Prat 14/09/2010 15:40



Belle remarque buissonnière! Belle invitation. Et la remarque n'est sans doute pas inutile. On a plaisanté, ici ou là, que c'était une drôle de façon d'orthographier Cognac...



C. Arnoult 14/09/2010 20:02



Il doit décidément y avoir quelque chose comme une fatalité : les conquérants espagnols n'avaient rien compris non plus et, en prononçant à leur manière le toponyme nahuatl, ont transformé le
lieu boisé (Quauhnahuac) en corne de vache (Cuernavaca)...



Que trouver ici ?

Des textes et documents de, sur et autour de Han Ryner (pseudonyme de Henri Ner), écrivain et philosophe individualiste, pacifiste et libertaire. Plus de détails ici.

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A signaler

⇓ A télécharger :
# une table des Cahiers des Amis de Han Ryner.
# les brochures du Blog Han Ryner.
# un roman "tragique et fangeux comme la vie" : Le Soupçon.

ƒ A écouter :
l'enregistrement d'une conférence de Han Ryner.

 Bientôt dans votre bibliothèque ?

De Han Ryner :

L'Homme-Fourmi
La Fille manquée
http://www.theolib.com/images/lulu/sphinx.jpgLe Sphinx rouge
Les Paraboles cyniques
L'Individualisme dans l'Antiquité
Comment te bats-tu ?
1905-pmi-2010Petit manuel individualiste
Le Cinquième évangile
Couverture de la réédition du Le Père Diogène
Pour les germanistes... Nelti

Sur Han Ryner :

Le colloque de Marseille

Autour de HR :

4è plat de couverture du n°3 d'Amer, revue finissanteUn conte d'HR
dans Amer, revue finissante
Couverture du Ryner et Jossot
dans Le Grognard...
Couverture des Un livre de Louis Prat
Couverture d'une anthologie de poèmes d'Emile BoissierDes poèmes d'Emile Boissier
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