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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 17:15

Un extrait de circonstance, en ce jour de Pâques. Il s'agit du récit de la "mort" et de la "résurrection" de Jésus par Han Ryner, dans son Cinquième évangile. Les guillemets employés se justifieront à la lecture du texte... En effet, dans Le Cinquième évangile, tous les miracles trouvent une explication rationnelle !

Cela n'exclut pas la poésie, comme on pourra le constater en lisant le Discours plus haut que la montagne qui se veut un dépassement des Béatitudes. C'est là que Ryner fait atteindre à Jésus les hauteurs de son individualisme stoïcien. Mais on remarquera que Jésus ne gardera de ces pensées qu'une vague impression, celle d'un songe perdu.

Le premier manuscrit du Cinquième évangile fut rédigé durant l'été 1906. Des fragments parurent l'année suivante dans La Phalange de Jean Royère, ce qui entraîna des désabonnements de la part de chrétiens ulcérés ! Ce n'est finalement en 1910 qu'est édité le livre chez Eugène Figuière, par souscription. C'est cependant l'ouvrage de Ryner qui aura, semble-t-il, le plus fort succès. Il sera réédité en 1922 chez Athéna et en 1976 chez Belfond, avec une préface de l'écrivain belge Franz Hellens.


Extrait du Cinquième évangile par Han Ryner

Chapitre XXII

Dès qu'il fut jour, les princes des prêtres, avec les anciens, les scribes et tout le conseil, ayant délibéré ensemble, emmenèrent Jésus lié et le livrèrent à Ponce Pilate, gouverneur.

Et ils commencèrent à l'accuser, affirmant : Nous avons trouvé cet homme qui séduisait la nation, qui défendait de payer l'impôt à César et qui se disait le Christ, c'est-à-dire le roi des Juifs.

Alors Pilate l'interrogea : Es-tu le roi des Juifs ? Et Jésus lui répondit : Je n'ai jamais tué personne et je n'ai jamais marché dans les chemins tortueux de l'injustice. Comment oses-tu me demander si je suis un roi ou un gouverneur ?

Pilate fut semblable à un homme qui n'entend point. Et il dit aux prêtres et au peuple : Je ne trouve aucun crime en cet homme. Ainsi, après l'avoir fait châtier, je le relâcherai.

Il leur dit encore : Vous savez que, chaque année, à la fête de pâque, je vous relâche un prisonnier. Lequel voulez-vous que je vous relâche, Jésus de Nazareth ou Barabbas ?

Ce Barabbas était un prisonnier insigne, un Zélote qui avait été arrêté pour meurtre dans une sédition. Dès que Pilate eut demandé qui ils voulaient délivrer, de Barabbas ou de Jésus, Nathanaël, qui était dans la foule, commença à crier : Délivre-nous Jésus de Nazareth.

Et il criait de toutes ses forces, espérant que les plus proches de lui crieraient comme lui, puis d'autres plus éloignés, puis tous les pauvres et les petits qui avaient acclamé Jésus à l'entrée de Jérusalem ou qui avaient aimé ses paroles dans le Temple.

Et il comptait aussi sur ces hommes qui crient toujours ce que d'autres ont crié avant eux.

Mais Jésus regarda sévèrement Nathanaël, et il lui dit : Qui t'a donné de choisir entre tes frères et que t'a fait ce Barabbas pour que tu le condamnes à mort ?

Il lui dit encore : Rappelle-toi la parole : Ne juge pas et tu ne seras pas jugé. Et Nathanaël, baissant la tête, se mit à pleurer.

Alors Eléazar, avec sa voix forte comme un tonnerre, cria : Remets-nous Barabbas.

Et les Zélotes et les Galiléens qui étaient avec Eléazar, et les prêtres, les scribes et les anciens crièrent : Remets-nous Barabbas.

Et le peuple, qui crie toujours ce qu'on a crié avant lui, répéta, comme un écho qui grossit les voix : Remets-nous Barabbas.

Le gouverneur demanda : Quel mal a fait ce Jésus de Nazaraeth ?

Mais Eléazar, et ses Galiléens, et les Zélotes, et tous ceux du Temple crièrent : Qu'il soit crucifié !

Et le peuple, qui ne sait que répéter les sottises et les cruautés de ceux qui maintiennent la Loi et aussi les sottises et les cruautés de ceux qui annoncent des changements prochains et le jour de la vengeance, répéta : Qu'il soit crucifié !

Alors Pilate, voulant contenter le peuple, leur relâcha Barabbas. Mais il fit encore un effort pour sauver Jésus.

Il le livra aux soldats pour être flagellé. Et il leur ordonna de le revêtir d'un manteau de pourpre, de lui mettre en main un sceptre de roseau et de lui poser sur la tête une couronne d'épines entrelacées.

Quand ils eurent fait ces choses, Pilate sortit de nouveau et dit au peuple : J'ai fait flageller cet homme. Mais sachez bien que je ne trouve en lui aucun sujet de condamnation.

En même temps, Jésus fut amené portant la couronne d'épines, le sceptre de roseau et le manteau d'écarlate. Et sa face était couverte de son sang et des crachats des soldats.

Et Pilate le montra au peuple, disant : Voilà l'homme ! Et ces mots furent une grande lumière inaperçue de tous, excepté de Jésus.

Car, si des aveugles marchent la nuit sur une route, parfois le bâton d'un aveugle frappe un caillou et fait jaillir des étincelles.

Mais ces étincelles n'éclairent personne : elles naissent et meurent devant des yeux que rien n'ouvrira.

Et Jésus dit : Tu l'as dit. Voilà l'homme, tel que le font les gouverneurs et les rois, quand ils veulent le protéger.

Mais personne n'entendit ces paroles. Car le peuple criait déjà : Qu'il soit crucifié !

Or, tandis que le peuple criait ainsi, Procula, femme de Pilate, envoya vers lui un serviteur, qui lui parla à voix basse.

Car Procula, femme de Pilate, était pieuse et craignant Dieu. Et, plus d'une fois, voilée et couverte de vêtements pauvres, elle était allée dans la foule qui écoutait Jésus.

Et plusieurs des paroles de Jésus étaient entrées dans son cœur, et elle aimait Jésus.

Pilate dit donc au peuple : Procula, ma femme, m'envoie dire : « Cet homme est juste et j'ai eu un songe qui m'a fort tourmentée à son sujet.   »

Mais les princes des prêtres crièrent : C'est un enchanteur : il envoie des songes aux femmes. Qu'il soit crucifié !

Et, comme Pilate ne savait pas encore ce qu'il ferait, ils lui dirent : Si tu le délivres, tu n'es pas ami de César ;

Car il se fait roi, il défend de payer l'impôt et il est en toutes choses ennemi de César.

Et ils dirent encore : Nous enverrons des lettres à César touchant cette affaire.

Alors Pilate eut peur de ce qu'ils écriraient à César et il leur livra Jésus pour être crucifié.

 

Ils le conduisirent au lieu nommé Golgotha, c'est-à-dire la place du crâne.

Et, selon la coutume, ils lui présentèrent le vin mêlé de myrrhe, qui enivrant les condamnés les faisait stupides et comme ignorants de la douleur.

Mais Jésus voulut connaître le goût de sa mort et il voulut rester jusqu'à la fin un homme qui pense et qui aime.

C'est pourquoi il repoussa le vin mêlé de myrrhe qui l'aurait fait mourir dans l'ivresse lourde et dans la stupeur.

Et il dit : Ma pensée n'est-elle pas le plus fort de tous les vins ? Et mon amour n'est-il pas devenu plus amer que la myrrhe ?

Ils le crucifièrent donc, et deux larrons avec lui.

Et les soldats lui disaient des outrages, et ceux qui passaient par là l'outrageaient, et les larrons qui étaient crucifiés à sa droite et à sa gauche l'outrageaient aussi.

Et Jésus disait : Que le pardon descende sur eux, car ils ne savent ce qu'ils font.

Plusieurs entendirent cette parole. Mais Jésus vit qu'il n'y avait auprès de lui aucun de ses disciples ni aucune des femmes qui l'aimaient.

Et il fut triste comme au jardin des Oliviers ; et il songea que sa mort serait inutile à tous les hommes.

Or, il reprit bientôt courage. Et il parla de nouveau, mais désormais nul ne put saisir une de ses paroles.

Car ce qui sortait d'entre ses lèvres était semblable à une voix dans le lointain ou à un bruit de source dans les roseaux.

Et il disait : O Père, que tu leur pardonnes ou non, et que tu sois ou non, moi je leur pardonne.

Mon cœur est un vase débordant et ma pitié coule sur leur tête, mais ils ne sentent point sa fraîcheur, et sa douceur ne les pénètre point.

Et jamais, je le crains, ils ne sauront ce qu'ils feront.

O les pauvres êtres ! Leur cœur n'est-il pas semblable à une bête grosse ? Et ce qu'elle porte, s'il venait à la lumière, serait le commencement d'un homme.

Mais l'enfant ne peut pas sortir, et nul médecin n'est là qui sache ce qu'il faut et qui porte dans ses mains les instruments nécessaires.

Et moi non plus je n'ai pas su accoucher leur cœur.

C'est pourquoi leur vie reste douloureuse comme la femelle en travail qui ne parvient point à se délivrer de son fardeau.

Et leur vie est une mort ; et ma mort est une vie.

En ce moment, Jésus ferma les yeux et il ne vit plus ce qui se passait au ciel ou sur la terre.

Et plusieurs demandèrent, pleins d'étonnement : Serait-il mort déjà ? Si on ne leur brise les jambes, il faut trois jours et plus aux crucifiés pour mourir.

Mais peut-être l'Eternel, qu'il appelait son Père, l'a secouru et a enlevé son âme dans les cieux.

Ou plutôt il était un puissant enchanteur ; et il voulait mourir, mais il voulait souffrir peu de temps ; et il a fait le prodige de mourir vingt ou trente fois plus vite qu'on ne meurt du supplice de la croix.

 

Mais ni Jésus ni son Père n'avaient fait de prodige. De sorte que Jésus vivait toujours. Et, regardant en lui-même, il se parlait sans remuer les lèvres.

Et il s'enseignait lui-même, en une grande joie, disant : Dans la plaine où je parlais au peuple, je ne voyais nulle vérité ; et, sur la montagne où je parlais aux disciples, je ne voyais pas encore les vérités les plus hautes.

Mais il a fallu que je sois suspendu comme un fruit entre le ciel et la terre, pour que je connaisse enfin les béatitudes qui ne se mêlent d'aucun souci et d'aucun regret.

Bienheureux les pauvres en esprit, ceux qui ne désirent ni les richesses de ce monde ni les richesses de cieux extérieurs à eux-mêmes ; car ceux-là seuls ne vendent point leur âme et le royaume intérieur leur appartient.

Heureux ceux qui sont dans l'affliction à regarder le dénuement et la servitude de leur âme ; car ceux-là auront toutes les richesses et toute la liberté ; et leur affliction n'est-elle pas le commencement de la consolation ?

Mais malheureux également ceux qui s'affligent ou se réjouissent à cause des biens présents ou à cause d'espérances futures. Car tous ceux qui regardent au-dehors seront déçus.

Et même que leur servirait de gagner le présent ou l'avenir, la terre ou le ciel, puisqu'ils ont perdu leur âme ?

Heureux les débonnaires ; car la terre les persécutera et le ciel les abandonnera. Et alors ils hériteront d'eux-mêmes.

Heureux ceux qui ont faim et soif d'être justes ; car leur faim est un rassasiement et leur soif elle-même les rafraîchit.

Mais malheureux également ceux qui ont faim et soif de la justice des autres hommes ou de la justice de Dieu, car il leur sera donné des pierres au lieu de pain et du vinaigre en place de vin. Et ils vivront dans la faim, dans la soif et dans le désespoir.

Et plusieurs d'entre eux tireront le glaive pour conquérir la justice extérieure. Mais ils deviendront eux-mêmes injustes ; et leur corps ou leur âme périra par le glaive d'autrui ou par leur propre glaive. Et ils mourront en blasphémant.

Heureux les miséricordieux ; car ils n'obtiendront miséricorde ni sur la terre ni dans le ciel. Mais ils sont ceux qui n'ont point besoin de miséricorde ; et, comme la source est plus haute que le fleuve, ils sont au-dessus de la miséricorde.

Heureux ceux qui ont le cœur pur ; car ils n'ont pas besoin de regarder autour d'eux ou de lever les yeux vers le ciel, mais ils ne craignent point de regarder en eux-mêmes.

Heureux ceux qui se procurent la paix, car ils seront appelés enfants d'eux-mêmes.

Mais malheureux ceux qui veulent procurer la paix aux hommes. Car tous les hommes seront leurs ennemis, et ils deviendront les prisonniers de leurs ennemis. Et ils s'attristeront parce que leurs paroles d'amour serviront de cris de ralliement pour les haines et leurs prédications de paix rendront les guerres plus terribles.

Heureux ceux qui sont persécutés parce qu'ils sont justes ; car la terre se lève contre eux et le ciel s'unit à la terre. Mais ils regardent en eux-mêmes, et ils connaissent le seul royaume où puisse régner la justice.

Heureux ceux qui sont pauvres sans se tourmenter de richesses proches ou lointaines, personnelles ou communes ; ceux qui ne veulent pas de consolation extérieure ; ceux qui sont débonnaires, justes, miséricordieux, purs et pacifiques. Car le monde les persécutera et Dieu les abandonnera.

Mais ils ne craindront ni Dieu ni les hommes, et ils s'enfermeront en eux-mêmes comme dans une citadelle imprenable.

Et ils vivront et mourront dans le royaume des richesses que les vers ne gâtent point et que les voleurs ne ravissent point ; dans le royaume de la vraie lumière, de la vraie joie, de la seule bonté, de la seule justice et de la paix unique.

Et ils pardonneront à la terre et au ciel, qui ne savent point ce qu'ils font.

 

La neuvième heure étant venue, Jésus eut une défaillance, et il crut qu'il s'endormait pour toujours, et sa tête tomba sur son épaule.

Et le centenier qui commandait aux soldats fut émerveillé de la beauté nouvelle qui revêtait la face du crucifié. Et il dit à ceux qui étaient là : Pour la première fois, il y a eu du bonheur en ce lieu.

Mais le centenier fut lui-même étonné de sa parole comme s'il avait entendu une parole étrangère. Et il ne la comprit point. Car il était semblable à un homme ivre qui dit la vérité et qui ne sait pas ce qu'il dit.

Comme il était déjà tard et que c'était le jour de la préparation, c'est-à-dire la veille du sabbat,

Joseph d'Arimathie, qui était un ancien très considéré et un ami secret de Jésus, vint avec hardiesse vers Pilate et lui demanda le corps.

Pilate s'étonna qu'il fût déjà mort ; et, ayant fait venir le centenier, il lui demanda s'il était mort.

Le centenier dit : C'était un homme faible comme un enfant ; il était déjà presque mort à la sixième heure, quand nous l'avons crucifié, et il est mort environ la neuvième heure.

Pilate donna donc le corps à Joseph. Et, quand il fut seul, il dit : Si ce juste est encore vivant, je m'en réjouis. Car je l'aurai sauvé sans courir aucun danger.

Joseph, ayant acheté un linceul, vint en hâte avec Nicodème. Ils descendirent Jésus de la croix, l'enveloppèrent dans le linceul et le portèrent près de là dans un sépulcre neuf qui était taillé dans le roc.

Et Marie de Magdala, et Johanna, femme de Chuzas, et Marie, mère de Joses, virent où ils le portaient, et elles s'en allèrent.

Quand Joseph d'Arimathie et Nicodème furent seuls dans le tombeau avec le corps de Jésus, Joseph dit : Je n'ai pu apporter d'aromates. Mais nous reviendrons l'embaumer le lendemain du sabbat, dès le premier matin.

Et Nicodème dit : Moi non plus, je n'ai pas apporté d'aromates. Mais j'ai apporté des remèdes et des cordiaux. Car il faut trois jours et plus pour mourir sur la croix, et il n'y est resté qu'un petit nombre d'heures.

Et Joseph d'Arimathie se mit à trembler. Et il dit : Tais-toi, Nicodème. Ne me donne pas de fausses espérances.

Et, s'approchant du corps, il ajouta : J'ai peur d'espérer.

Mais Nicodème lui dit : Regarde. Sa poitrine vient de se soulever. Regarde. Ses paupières ont frémi comme si ses yeux allaient s'ouvrir.

Et Joseph, mettant une main sur son cœur qui battait trop fort, dit : Souvent ceux qui veillent les morts croient les voir remuer.

Mais Nicodème s'était assis, et il avait pris Jésus sur ses genoux. Et il dit, comme quelqu'un qui voudrait crier de joie mais qui sait qu'il ne faut pas crier : Il est vivant.

Et ils se mirent à le soigner. Et Jésus murmura, comme quand on sort du sommeil : J'étais si heureux : les hommes étaient heureux et leur bonheur était mon œuvre. N'est-ce qu'un rêve ?

Mais Joseph d'Arimathie lui dit : Ne parle pas, Maître ; ne te fatigue pas. Car tu sors péniblement des ombres de la mort.

Et, après lui avoir donné les premiers soins dans le tombeau, quand la nuit fut épaisse, ils le transportèrent jusqu'à la maison de Nicodème.

Le matin du sabbat, Joseph d'Arimathie alla chez les Esséniens qui habitaient au nombre de quatre mille et plus dans le voisinage de la mer Morte.

Et qui aimaient Jésus, parce qu'il disait des préceptes semblables à leurs préceptes et parce que ses paraboles étaient vêtues de blanc comme leurs paraboles.

Et il leur dit tout ce qui s'était passé à Jérusalem, et que Jésus était toujours vivant, et qu'il ne pouvait demeurer à Jérusalem, de crainte qu'il tombât entre les mains de ses ennemis.

Quelques-uns parmi les Esséniens revinrent avec Joseph d'Arimathie. Et, dans la nuit qui finit le sabbat, ils transportèrent Jésus au milieu de leurs frères.

Mais Jésus voulut qu'on apprît à ses disciples qu'il avait échappé à la mort.

De sorte que deux Esséniens vinrent au sépulcre et rejetèrent la pierre que Joseph d'Arimathie et Nicodème avaient mise pour fermer l'entrée du sépulcre et pour empêcher que quelqu'un vît que le sépulcre était vide.

Et ils restèrent assis dans le sépulcre pour voir ce qui arriverait et pour dire aux premiers qui viendraient les paroles que Jésus leur avait demandé de dire

.

Or, le sabbat étant fini et le matin étant arrivé, Marie de Magdala, Johanna, femme de Chuzas, et Marie, mère de Joses, vinrent au sépulcre apportant des aromates et des parfums.

Et elles trouvèrent que la pierre de l'entrée du sépulcre avait été ôtée.

Et elles entrèrent en s'étonnant et le cœur plein de crainte.

Et elles ne trouvèrent point le corps de Jésus dans le sépulcre ; mais deux hommes y étaient avec des vêtements blancs comme la neige.

De sorte qu'elles étaient de plus en plus effrayées et elles baissaient le visage vers la terre. Mais ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est parmi les vivants ?

Il est sorti du tombeau. Et il a dit : « Que ceux qui m'aiment reviennent en Galilée. Et là, ils me verront.

Car je ne puis rentrer à Jérusalem, où mes ennemis se saisiraient encore de moi.   »

Et, étant revenues du sépulcre, elles racontèrent aux onze toutes ces choses.

Mais ce qu'elles disaient leur semblait une rêverie, et ils ne les crurent point.

Toutefois Pierre se leva et courut au sépulcre ; et, s'étant baissé pour regarder, il ne vit que le linceul qui était à terre ; puis il s'en alla, admirant en lui-même ce qui était arrivé.

Et il dit aux autres : Je savais bien que son Père viendrait à son aide et qu'il sortirait du tombeau. Car il est le Christ et, pour nous donner un signe, il a voulu, avant de triompher des hommes, triompher de la mort.

Et il veut que ses ennemis le croient enfermé dans le sépulcre, afin qu'il les surprenne dans leur confiance et dans leur orgueil,

Et afin qu'il les fasse tomber de plus haut dans la honte et dans la mort.

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Published by C. Arnoult - dans De HR (romans)
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